mercredi 23 mai 2007

Le Moringa, ses feuillles, notre travail et nos espoirs

La plantation au Nord du Sénégal



La production de poudre de feuille - étape de l'ensachage, avec Fama, une bonne amie.



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Au sujet des deux photos du billet précédent:

La première photo, où on voit la vache morte, a été prise en 2003. Derrière, c'est la savane arborée, à sa limite - qui devient arbustive. Faut pas oublier qu'on est à 100 Km de la Mauritanie, territoire hautement désertique. Les arbres sont des épineux, dont certains sont des acacias. Les chèvres adorent manger leurs gousses.

Sur la seconde photo, on voit Laure, toujours en 2003, à quelques mois de vie (5 mois, je crois), lors de sa première visite en brousse - j'habitais Dakar, mais je venais au Nord à toutes les 2 semaines. Derrière, on apperçoit la plantation de Moringa oleifera. Avec l'équipe terrain sénégalaise, on avait planté un million d'arbres sur une superficie d'un hectare (comme des oignons), afin de produire une importante masse foliaire, pour la faire sécher, et la transformer en poudre. C'est cette poudre qui est très-très nutritive - vitamines, protéines végétales, oligoéléments, et qui sert à réhabiliter les enfants souffrant de malnutrition. Ce projet avait duré 4 ans.

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On tente de faire la même chose, ici, à Kintampo. Produire de manière intensive de la poudre de feuilles de Moringa oleifera, pour vérifier de manière scientifique les effets positifs sur les enfants qui souffrent de malnutrition - ce qui n'a jamais été fait à ce jour. Lowell a rédigé le projet, et la Medical Research Center of Kintampo a aussi écrit sa partie. De nombreuses personnes et organisations toutes reliées au Moringa travaillent avec nous. Nous sommes toujours en attente du financement d'une organisation américaine.

Lowell a déjà commencé à semer du Moringa, sur un territoire de 7 hectares, à 20 Km de Kintampo - mais pas de manière aussi intensive qu'on le fesait à Keur Momar Sarr (Sénégal).

La première difficulté rencontrée, vous le savez déjà, mais c'est tellement permanent que j'ai besoin de le répéter: tout est extrêmement lent, et il faut une patience d'Africain, pour arriver à regarder le temps passer sans pour autant sauter au plafond, ou s'arracher les dents et les ongles, alors qu'on voudrait tellement que les événements se produisent. Et la pluie qui est là, et les arbres qui pourraient pousser, si on avait semé, et surtout, si on avait eu la terre disponible, chose très difficile à trouver pour des questions financières, administratives et culturelles.

Détermination. Espérance. Que dire d'autre publiquement sans trop manquer de pudeur? Beaucoup d’amour, et heureusement, ça ne manque pas du tout.

vendredi 18 mai 2007

Les villes, les villages


Trois jours après avoir acheté ma première vache. Mauvais achat... Au Nord du Sénégal, territoire nomade. Ndimb Peuhl (région de Louga).




Laure et Nogueye, en 2003, en zone nomade, au Nord du Sénégal


Il existe 5 grandeurs d’agglomérations en Afrique de l’Ouest. Selon mon expérience, bien sûr. C'est simplifié.

1) La capitale. Des millions de personnes. Presque tout les produits et services nécessaires y sont, sauf pour les pays les plus difficiles – je pense à la Guinée Conakry, Guinée Bissau – ou aux pays en guerre. La majorité des expatriés y vivent. Les routes sont assez bonnes. Mais je ne connais pas de capitale Africaine où la circulation routière n'y est pas anarchique. Les "taxi-man" sont de terribles, terribles cow-boy.

2) La grande ville. Population de plusieurs centaines de mille. Beaucoup de services, encore quelques produits d’exportation disponibles (genre du beurre!), mais pas d’administration, ni d’ambassades – donc, pas de visas. Quelques expatriés, faciles à reconnaître. Bon réseau routier.

3) La petite ville. Quelques milliers de personnes y vivent. Un peu de services, mais manque beaucoup de choses – alimentation, services hospitaliers déficients. Pour obtenir de quoi, il faut être très patient. Un jour, y’a des tomates, le lendemain, c’est fini. On arrive à se débrouiller – eau courante, électricité. Par contre, ça arrête souvent. Kintampo en fait partie. Keur Momar Sarr aussi (Sénégal, où j’ai vécu 4 ans), même si je le vois situé entre les deux (3 et 4). Par exemple, l’électricité et l’eau courante n’y sont que depuis 1998. En 1994, il n’y avait que trois téléphones, aujourd’hui, avec les téléphones portables, il doit y en avoir des milliers. Ouf. C'est ici que le réseau routier commence à être vraiment pénible.

À Kintampo, à ce jour, on croit être 9 expatriés. Un prêtre catholique polonais, un autre prêtre catholique de la Philippine, un Américain corps de la paix – volontaire pour deux ans, et hier, on a découvert que deux Anglaises et une Américaine - rencontrée ce matin - vivent à Kintampo!

4) Le village. Quelques centaines de personnes y vivent. Le village est presque toujours divisé par familles. Presque pas de services, pas d’eau courante, pas d’électricité. Mais un réseau familial très fort – et contrairement à ce que l’on croit, peu d’aide communautaire. Tout se passe à travers la famille. Sauf quand c’est un ami « intime ». Maisons sur la dure. Souvent paille, ou en banco – mélange de terre, d’argile, de retailles de récoltes et de bouses de vache.

Les deux pieds dans la… Hygiène quasi inexistante, par exemple, peu de toilettes saines. Tout autour, de l’agriculture extensive – rendement faible. Pas de charrue ou rarement. Le labour se fait avec un instrument à la main. Je n’ai jamais habité un petit village de ce type, sauf quelques nuits pour des petits contrats. Mais j'en ai vu des centaines, à travers les divers déplacements personnels et professionnels. À noter: on y est toujours bien reçu.

5) L’installation nomade. La plupart du temps, des habitations en paille – protégées de la pluie avec des sachets de plastique - qui se démontent facilement. Quelques familles (ou une seule famille) y vivent durant les mois où l’herbe est encore verte autour – période des pluies. Ils font des trous partout, pour récolter l’eau de pluie, afin d’abreuver leurs animaux – c’est assez dangereux, il y a des puits à ciel ouvert de manière anarchique. Les nomades sont avant tout de grands éleveurs d’animaux – vaches, moutons, chèvres. Quand la période sèche arrive, la famille migre, afin de trouver de l’herbe plus verte pour les animaux – qui sont toute leur richesse... Aucun service.

J’aime beaucoup ces endroits, surtout en zone sahélienne. Bizarrement, c’est assez propre. Par contre, autour, ce n’est pas le cas – les animaux salissent beaucoup. Mais là où la famille habite, il y a si peu de matériel que tout paraît très pur. Et l’espace, quand on en fait le tour du regard, est fantastique. On voit l’horizon à perte de vue, quand c’est aussi plat qu’au Nord du Sénégal.

C’est avec les nomades que j’ai compris, du moins en partie, l’esprit du mot liberté.

mercredi 16 mai 2007



Nouveau tripe chutes, avec papa. On voit bien la personnalité fonçeuse de Laure...

To mother and father in law

This post is for Lowell’s parents. To tell them that I think about the life they had, in Africa, between 1960 and 1970, in Nigeria, with 3 young boys (from 6 to 10, when they came first), coming directly from Minnesota - from Fargo!!! - and staying 10 years in a town named Ibadan, North Nigeria… Knowing what life it is now, and certainly what it was before (I mean, more difficult), with no electricity, may be no running water, no experience of Africa… what brave people they were!!!!

After a few years, Lowell's mother gave birth in Nigeria, to her last baby: a girl. Living with scorpions, snakes, and other wonderful things I see myself here, in my garden, and thinking they could stay 3 years in Africa, without coming back to the States... I juste can say: WAOW! With three terrible boys and a baby new born, how did you manage all that, and still enjoying life, like you always did!

They have all my admiration.

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Sorry for this poor English.

mardi 15 mai 2007

Beaucoup de plaisir

Résultat hilarant. Les enfants jouant avec les grosses craies. Puis, Causa (l'enfant du centre) a eu la bonne idée de se peinturuler le visage avec une craie verte. Les autres ont suivis, et les fous rires ont bien sûr suivis.

Par contre, pas trop d’effets sur la face de la Laure!

Petites nouvelles en bref

* pas si nouvelles que ça, en fait, puisque ça fait une semaine que ma connexion Internet bloquait - sauf le courriels, va savoir pourquoi. Tout est réglé pour l'instant. J'avais écrit ce billet la semaine passée.

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Lowell reviendra ce soir d’un périple de 5 jours à Accra, où il a été interviewé par la télévision nationale au sujet de son travail sur le Moringa et la malnutrition. Ce matin, à 7H, il passait au réseau « Métro Ghana ». Malheureusement, pour faire changement, pas de courant à Kintampo. J’espère qu’il a pu voir, pour nous raconter l’événement.

Ce qui est bon avec ce voyage à Accra, c’est que petit mari va nous revenir le véhicule BONDÉ de nouvelles denrées fantastiques, comme du beurre, du chocolat, du bacon, des oranges, du Roquefort (à manger tout de suite, le mois passé j’ai perdu mon bon Roquefort papillon…), de l’huile de tournesol, des cœurs d’artichaut, des crevettes (en conserve), des antibiotiques pour enfant.

Durant ce temps, Laure a eu la bonne idée de se taper une diarrhée, va savoir d’où ça vient, mais après deux jours d’école, je crois deviner que ce n’est pas à la maison que ça s’est passée. Et bien sûr, elle me l’a refilée. Heureusement, une pas trop forte, sans crampes au ventre, ni fièvre. Notre aide à la maison (son nom : Dorkas) a acheté une poule, l’a tuée, l’a plumée, l’a évidée, et moi, je l’ai fait cuire dans un gros chaudron rempli d’eau (un bon presto Lagostina, acheté en solde, quand Mon-oncle-Eaton rue Sainte-Catherine a fermé ses portes en 1999), durant 3 heures avec du riz, des oignons, de l’ail, de petits légumes (pas trop), du gros sel de Guérande (vive la Bretagne!).

Laure a adoré, en a même repris, moi aussi, pardieu, et nous voilà peut-être guéries. Avec deux Imodiums pour ma part, et une demie pour la petite – même si c’est pas du tout recommandé pour les 4 ans et demi… Et de l’eau, de l’eau, de l’eau et encore de l’eau.

Puis, dodo à 7H30 du soir.

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Rumeur à Accra : le barrage qui fournit en énergie le pays devrait cesser toute activité d’ici une semaine. Dixit Lowell. On croise les doigts que ce soit une grande farce.

mardi 8 mai 2007

Intermezzo Rach 3

Rien de plus beau, de plus grand que le Concerto no 3 en ré mineur – bien sûr, mineur, c’est plus souffrant - de piano de Rachmaninov. Nommé simplement « Le Rach 3 ». Très connu. Ce premier allegro ma non troppo m’épuise de plaisir. Le temps s’arrête, dès les premières notes.



Rien au monde n’égale cette petite mélodie, en tout cas pour l’instant. Je me sens pris dans un flot irréel d’émotions, et encore plus quand c’est interprété par André Laplante, lors d’un concours en Russie en 1978 – deuxième prix ex aequo avec un Français. Prouesse technique.

L’être qui a composé cette musique devait comprendre ce que je vis. À son sujet, Wikipédia dit : « Composé dans le cadre paisible de la propriété de campagne de sa famille… ». Étonnant. Encore : «Rachmaninov a écrit cette pièce dans le but de montrer ses propres talents de compositeur mais également de pianiste » Il n’est certainement pas le seul qui veut prouver de quoi. Pourtant, je le sens, même en 1909, il savait qu’un jour, quatre-vingt-dix-huit ans plus tard, une petite Québécoise serait cloîtrée dans un village africain nommé Kintampo, et qu’elle aurait besoin de cette énergie, de ce génie, de ce point d’orgue sans fin, répété plusieurs fois, lui permettant de savourer la liberté promise, la vraie, celle où plus rien ne subsiste, que l’air ambiant, que le clavier, la bougie devant – pas de courant à Kintampo, ce soir - et certainement devant un bon Bordeaux. Température ambiante, 34 degrés Celsius.

L’homme qui interprète au piano est un surdoué de l’émotion, c’est inconcevable de croire que certains sont mieux nantis que d’autres, question talent. Quelle tricherie de la vie, non?

Le piano a fait partie de ma vie à partir de 4 ans (mes deux sœurs aînées ayant déjà commencé leur pratique) jusqu’à mes 18 ans, année où j’ai arrêté les cours privés. À la fin des années ’60, ma mère avait déniché un piano tout en hauteur pour 50$, exploit il va sans dire.

Je vous le dis tout de suite : je n’avais aucun talent. Mais alors, aucun. En tout cas, pas pour le piano. Je dois aussi préciser que mon professeur de piano était aveugle. Incroyable non? Berthe faisait partie de la famille, puisque toute la fratrie a passé de nombreuses heures à lui montrer, chaque semaine, le résultat de son labeur quotidien, sous ses doigts tous maigres remplis de bijoux en or, à défaut d'yeux. Si elle ne m’a pas inculqué l’amour de la pratique du piano, elle m’a par contre beaucoup appris sur les habitudes des « personnes souffrant d’un handicap visuel ». De sa montre qui s’ouvrait, sur laquelle on pouvait lire l’heure en braille avec le doigt, jusqu’à son téléphone adapté à ses besoins – à l ‘époque, Bell lui permettait de demander gratuitement n’importe quel numéro de téléphone. Bref, une personnalité hors du commun, avec ses petites manies – « C’est l’heure de mon verre de cognac, mon médecin me le recommande, pour ma pression. » C’est ça, chère, dis plutôt que tu aimes ça ;). Je te salue, d’ici bas, grande dame, alors que tu prends ton pied, en haut, toi qui a su, tout de même et malgré tout – j’insiste, j’ai détesté mes pratiques et leçons de piano – me faire apprendre certaines musiques des plus sublimes, que je peux toujours pratiquer, dont un certain Chopin, ou un mélodieux Mendelssohn «Venetian Boat Song». Presque aussi musical que ce Rach 3.

Dieu de dieu. Qu’elle est magnifique mélodie. Et je remercie mille fois mon ancien patron du centre de recherche en foresterie à Québec, de me l’avoir offert en cadeau, avant de partir de mon job, en 1998, pour revenir au Sénégal, et vivre avec mon amoureux. Ce même mélomane, lui-même ingénieur forestier et de plus, excellent chanteur d’opéra. Jamais je n’aurais pu trouver meilleur superviseur.

À chaque écoute de ce Rach 3, l’effet reste le même : les quelques premières notes me font littéralement flancher. Le cœur n’a qu’un désir : devenir meilleur. Une des rares mélodies qui ne me fatigue pas. Douceur de tous les temps. Piano magique, touches légères, rapides comme le vent, qui nous emportent cers une Europe mythique, celle qu’on voudrait si libre et constructrice, puis puissantes et rudes comme les vagues de Forillon en Gaspésie, au printemps, durant une tempête.

Et ça s’arrête net. Sec. Comme ici. Dernier mouvement : « Alla breve ».

lundi 7 mai 2007

Les amis de Laure Marianne



Les voilà ses vrais amis, tous présents. Ceux que Laure a choisis, dès les premiers jours - bon choix d'ailleurs.

À partir de gauche, on voit la Laure, puis l'intelligente Akose (6 ans), la douce Hariet (6 ans), devant, le turbulent mais adorable Gilbra (5 ans) - incontestablement, le plus grand mangeur de mangues que j'ai jamais rencontré - et derrière, de dos, Yasteeven (6 ou 7 ans), le plus sage. Complètement à droite, le petit frère à Hariet (Kevin, toujours en train de rire).

Ils viennent à la maison à tous les jours. La plupart du temps, ils jouent dehors, avec quelques jouets, que je dépose sur des tapis de plastique. Ils dansent, se balancent sur la balançoire construite par Lowell. Quelques fois, ils jouent à l'intérieur, quand ils veulent jouer avec des jouets plus petits - par exemple le '"Camping Car" de Playmobil. Puis, quand il y a du courant, ils ont droit à un vidéo, que chacun choisi à tout de rôle. Avec quelques biscuits, de l'eau froide, tout le monde est heureux!

Never say never again

Je m’étais juré que jamais, jamais, jamais, la Laure n’irait dans une petite école de brousse. Pour plusieurs raisons : malpropreté des lieux – particulièrement les toilettes - dureté des éducatrices, peu ou pas de jouets, classes surchargées et surchauffées, et pour tout meuble, que des petites tables et des chaises, avec un tableau noir remplissant l'espace.

Lowell et moi avons visité l’école par deux fois, et avons convenus que pour 3 ou 4 heures par jour, ça ne pouvait pas être si mauvais que ça. La classe de Laure est heureusement peu chargée – 7 petits de 4 à 6 ans – et la « teacher » semble assez douce.

Laure a insisté, beaucoup même, pour aller à l’école. Ce dernier mois, ce n’était pas possible, puisque nous étions à la période de congé pascal – qui dure plus d’un mois ici. Alors, tous les enfants du coin n’y allaient pas non plus. Mais dès qu’elle a compris qu’ils retournaient à l’école, elle a demandé assez souvent de trouver une école. On lui a bien expliqué qu’il y aurait très peu de jeux, qu’elle allait être assise sur une chaise, qu’elle allait apprendre à écrire (ils apprennent à écrire en anglais à partir de 2 ans et demi, moi qui suis totalement contre), à chanter, et à jouer, un peu. Qu’au début, les enfants allaient être très curieux d’elle – la toucher, la regarder constamment – mais qu’après trois ou quatre jours, elle trouverait de vrais amis de son âge.

Et bien… la voilà inscrite, à 9 heures, voilà quelques minutes. Quand même… je me dis « Oh là là… est-ce qu’on fait les bons choix? ». La question, d’ailleurs, que je me répète de plus en plus souvent… C’est quand même sa troisième petite école en un an. À cette même période, l’an dernier, nous vivions à Accra, et elle était inscrite à « Bizzy Bees School », dans un lieu fantastiquement coloré, rempli de jeux fabriqués en bois, avec une éducation tout en douceur et en musique – ils appliquaient le vrai programme Montessori. À chaque vendredi, ils dansaient plus d’une heure au son des tams-tams « live ». J’étais fière de la voir dans cette école. Et puis, voilà quelques mois, elle avait eu la chance d’être inscrite dans un CPE – luxe suprême, privilège des privilèges! - de la ville de Québec. Et maintenant, la voilà assise sur sa petite chaise en bois, devant son mini bureau, à répéter les A-B-C et les 1-2-3 en anglais.

Recommandations pour ce matin: tu ne bois pas d’eau autre que celle de ta gourde, tu manges seulement ta collation, pas celle des autres, tu ne peux pas partager (alors que je lui répète sans cesse de tout partager « sinon, tu n’auras pas d’amis »), tu mets ton chapeau quand tu vas au soleil. Je te mets de la crème solaire à chaque jour. Tu ne restes pas l’après-midi, parce qu’ils n’offrent que du riz ou de l’igname comme dîner. Pas de fruits, ni légume, ni viande.

En fait, ce qui me donne le tournis, c’est ce magnifique bond réalisé en si peu de temps, quand on réalise les différences entre la Garderie « Les petits mulots » de Charlesbourg avec Diane-la-douce éducatrice, les jeux de toute sorte, la propreté, la nourriture de qualité, et puis, cette école de quartier de Kintampo avec Sofya le professeur et une classe vide de tout objet. C’est vertigineux.

C’est comme quand je reviens au Québec, durant l’hiver, arrivant à l’aéroport, je vois qu’il fait -20 degrés Celsius, alors que quelques heures plus tôt, j’étais dans un village où il faisait 40 degrés Celsius. C’est cet écart de 60 degrés que je revis, ici, dans cette mini école.

Je ne sais pas ce que sera sa réaction, sera-t-elle heureuse dans ce réduit d’école? En fait, connaissant la nature positive, indépendante et entreprenante de la Laure, je suis persuadée que oui. Elle était fière, ce matin, lorsqu’elle s’est vêtue de sa jolie robe africaine, de ses pantalons (contre les piqûres de moustiques et les fourmis), ses bas, ses souliers, son chapeau, et qu’elle a mis sur son dos son sac à dos rempli de ses victuailles, pour filer vers sa nouvelle école. Quand je suis partie, elle m’a à peine regardée, prête à apprendre, à connaître, à vivre en groupe. Elle le sait « Maman, je vais apprendre à lire »! Brave, brave fi-fille.

Dites, pourquoi le mot jamais existe-t-il dans ce cas?

jeudi 3 mai 2007

Conditions de vie des populations




Voici une habitation typique de la région, où vivent plusieurs personnes. On comprend qu’il est plus sain de rester dehors, même en temps de pluie.

Ils en endurent, les gens d'ici, et je me dis fréquemment que les Africains - et ceux vivant dans les pays souffrant d'un manque de développement - sont sûrement les plus courageux de la planète, car ils ne chiâlent vraiment pas souvent, et continuent inlassablement leurs tâches quotidiennes – préparer à manger, cultiver le sol, nettoyer, chercher un boulot de journalier - malgré le lot de difficultés qui apparaissent, pour une Occidentale, complètement insurmontables.

La base est faite en ciment, mais les murs sont fabriqués avec des briques composées d’un mélange de compost – de la paille, des résidus de culture céréalières – de la boue et quelque fois, de la bouse de vaches. Ça possède tout de même un avantage : ça garde plus frais que le simple ciment. Mais… quand il pleut, ça se détruit très rapidement. Alors, quand ils en ont les moyens, les propriétaires vont faire recouvrir les murs avec du ciment, comme on le voit en avant. Le toit est la plupart du temps fait de tôle ondulée.

Tous mes voisins vivent ainsi. Quand je suis invitée, ou quand je vais offrir mes salutations d’usage – par exemple, les parents des amis à Laure – ils ne me font pas rentrer à l’intérieur, mais ils sortent une chaise en plastique. S’ensuit une jasette toujours animée remplie de rires.

À l'intérieur des pièces, presque rien, sauf des matelas, simplement déposés par terre, et qui seront relevés au petit matin – on se lève vers 5H, 5H30 dans la région. Une femme préparera le petit déjeuner, avec des restants de la veille, ou du pain et de la margarine, suivit d’un liquide chaud que je ne connais pas encore. Puis, elle balayera le terrain, avec un petit balai fait de petits brins de pailles, si petit qu’il faut absolument avoir le dos courbé pour ramasser les feuilles tombées la veille, ou les os du repas de la veille jetés sur le sol. La préparation de la nourriture se fait devant la maison, souvent à même le sable, les toilettes sont extérieures (nos bécosses à nous!). Mais les jeunes enfants ne les utilisent pas, ils vont plutôt à l'arrière de l'habitation. S'ensuit, bien sûr, un cortège de petites maladies, surtout dermatologiques. Des furoncles, des pustules, des parasites, la gale, partout. Des petites blessures difficiles à guérir – je suis devenue l’infirmière du quartier pour quelques enfants. Je comprends pourquoi tous les enfants ont le crâne rasé, quand ils vont à l’école.

Difficile de ne pas écrire un billet au sujet de la pauvreté, du manque, de la grande pudeur des gens d’ici. Noblesse. Beauté qui me touche. Enfants courant partout, nous faisant la fête à chaque sortie. Réelle gentillesse de tous, et surtout, curiosité. Presque chaque jour, une personne, souvent une mère avec ses enfants, vient cogner à notre « forteresse » simplement nous voir. Montrer à ses enfants leurs premiers « blanc ». Laure provoque beaucoup de curiosité, et si aujourd’hui, elle ne comprend pas – je dirais même qu’elle a peur des enfants qu’elle ne connaît pas, surtout quand ils sont 60 autour d’elle – un jour, elle vivra mieux la différence.

Bel exemple, en tout cas pour moi, d’humilité, de joie de vivre – même si cette idée a été galvaudée, il reste que c’est tellement vrai. Les tam-tams, chaque soir, la musique, les prières chantées, autant pas les chrétiens que les musulmans, un heureux mélange de respect, de tolérance entre tout le monde, qui vit au grand jour – on voit les gens vivre au quotidien, ils n’ont pas de clôture, c’est intéressant… et très difficile de ne pas photographier, il y a des centaines de magnifiques photos à réaliser, mais… je ne me sens pas le courage de sortir mon appareil, de demander la permission… peut-être d’ici quelques mois, quand ils me connaîtrons mieux.

Donc, dignité. Espoir de jours meilleurs, tout en exécutant les difficiles tâches quotidiennes, souvent dans la boue. Et oui, je compare avec notre vie : je le sais, j’en ai beaucoup. De choses, d’amour, de douceurs, et… d’argent – si on compare, je le répète ;). Ne me manque que le bon boulot qui pourra satisfaire mes désirs de performances. Paradoxes, bien sûr.

Mais surtout attente et impatience de pouvoir enfin m’enthousiasmer devant la joie de Lowell, quand il trouvera ce financement qui pourra faire avancer la cause de la malnutrition en Afrique de l’Ouest.

mardi 1 mai 2007

Un premier scorpion



Mort! Le voisin, Daniel, l'a bien tapé. Quand un scorpion se fait tuer, tout le voisinage est mis au courant.

Laure, assez énervée, et moi, sur le bord de vouloir le disséquer : souvenirs de cours universitaires, en biologie animale. 

Par terre, une petite mangue, à droite, le puits - l'objet de toutes mes peurs - et tout au fond, le mur fortifiant notre maison des regards curieux - les enfants arrivent quand même à observer à travers les bardeaux de bois notre quotidien.

Obsession: la nourriture

Ça fait plus d’un mois que nous sommes arrivés à Kintampo, et je commence déjà à rêver à certaines nourritures qui me manquent. Bien sûr, du fromage, des jambons, crus ou cuits, des salamis, des gâteaux raffinés, certains fruits – des kiwis par exemple - mais surtout... extase suprême: des fruits de mer.

Discutant avec une amie au sujet « d’attaques » de chocolat, je lui décrivais que de mon côté, j’avais une très forte envie de crevettes fraîches- crevettes nordiques - du Québec, celles qui sont en ce moment en vente. Durant cette période-ci – fin avril/début mai – le ventre des crevettes est rempli de leurs minuscules œufs tous croustillants. C’est un pur délice, le goût salé, croquant de ces petits œufs me rend presque malade… Or, c’est la 8ième année que je n’ai pas goûté à ces œufs, parce que je ne suis pas revenue au Québec, durant le printemps, étant soit à Dakar, soit à Accra.

http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=crevette_nu

Nostalgie. Désirs culinaires, qui devront être satisfaits ailleurs.

Ce billet est donc une ode, un chant, une quasi prière, pour la partie la plus importante de ma vie, ici, à Kintampo : préparer à manger, pour bien nourrir Lowell, Laure et moi, sans tomber malade, avec un minimum, qui des fois, devient acceptable.

Voici la liste d’épicerie des éléments que nous trouvons facilement :

Catégorie frais :

Tomates, choux, gombo (ocra) – frits, c’est mangeable, sinon, c’est gluant – aubergines, oignons, ail, mangues, ananas. Des œufs – souvent trop vieux. Quelques fois, bananes et pommes (importées). Du poulet, du bœuf, des fois, du mouton. À acheter de préférence le matin, sinon, ça pourrit rapidement sous le soleil. Par trois fois, notre chien a été l’heureux gagnant de notre souper. Mais quand c’est frais, c’est excellent.

Hier, j’ai trouvé, derrière chez moi, une femme qui fabrique le pain! Du pain frais, un pur luxe! Elle a eu la gentillesse de nous dire que si nous lui en achetions chaque jour, elle nous ferait de quoi de particulier. J’ai hâte de voir ça demain.

Quand nous allons à Techiman, à 1 heure de route, je peux trouver des carottes, des poivrons (piments pour le Qc!), de la ciboulette, des fèves vertes, des choux fleurs, des pommes de terre.

Partout, partout, partout, à tous les coins de rue, quelqu’un vend de l’igname… franchement, je n’aime pas tellement. Une bonne amie m’a trouvé des super recettes, que je vais essayer d’ici peu. Mais j’avoue que cette grosse masse noire ne me tente pas du tout.

Aucun poisson frais, il faudrait faire 100 km au Nord pour en trouver – lac Volta. Alors, on mange des sardines en boîte. Avec de la mayo, des oignons, des aubergines, c’est assez bon.

Catégorie sec :

Beaucoup de riz, de plusieurs catégories. Heureusement, Laure en mange beaucoup. Puis, la semaine passée, j’ai trouvé du blé concassé. J’en ai acheté 1 kg, et j’ai su qu’à 500 mètre de la maison, il y a un moulin à céréales, où pour quelques sous, on peut le faire moudre. J’aimerais maintenant savoir comment faire pour transformer la farine de blé complète en farine blanche, pour faire des pâtes fraîches. Vous savez? Car si je suis super contente d’avoir de la farine complète, je trouve que les pâtes sont meilleures quand on fait moitié-moitié (blanche et complète).
J’ai un bon stock de légumineuses achetés à Accra, on peut trouver à Techiman (des Weetabix, que Laure adore!). Du lait en poudre.

Ce qui me manque, actuellement, c’est de l’huile d’olive. Me reste un peu de beurre. Une boîte de pâte de tomate. Par contre, on trouve de la mayonnaise – mais pas la bonne Hellman’s.

Lowell ira à Accra d’ici une semaine, pour y passer quelques jours, alors, je vais lui faire une très longue liste de ce que je sais maintenant qu’on ne trouvera jamais à Kintampo.

Un mot qu’on se répète souvent, entre expatriés – en tout cas, ceux d’Accra : « Quand on voit de quoi au magasin, et que c’est rare, faut l’acheter tout de suite, et puis, tant qu’à faire, acheter tout le stock, parce que demain, y’en aura plus pour un an ».

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Voilà donc avec quoi je fais à manger. Le midi pose problème. J’ai l’impression de manquer d’imagination – genre choisir entre sandwich aux œufs ou à la sardine. Mais la nourriture, la préparation est actuellement le centre de ma vie. Je passe au moins 4 ou 5 heures par jour dans la cuisine. Le four fait monter la température, et malheureusement, à 36 degrés Celsius, je n'ai pas du tout le goût de préparer de manière élaborée. Mais d'ici un mois, la température va changer, et alors, je vais me mettre à la fabrication de pâtes fraîches.

La voici, d'ailleurs (la cuisine) - la petite chaudière, par terre (mauve et verte), c'est le filtre à eau (fait maison), et la gros bidon, c'est l'eau du puits. Tablettes faites maison, aussi...



« Qu’est-ce qu’on mange, ce soir, Lowell? »

« Qui va acheter la viande, quoi et combien? » quand on sait très bien que ce sera 4 fois sur 5 du boeuf!!!!

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Bonne nouvelle : actuellement (je précise), le frigo fonctionne!

vendredi 27 avril 2007

Viande séchée

Lowell travaillant dans son petit bureau, avec, au-dessus de sa tête, l'objet de ses désirs, son plus grand plaisir actuellement: du bill tong. C'est une viande marinée avec du vinaigre, de la coriandre et du sel, séchée sur corde, et ventilée naturellement. Il ad-ore. Et moi aussi!

Recette prise en Afrique du Sud.

Laure et son amour...

Sa première pensée, lorsqu'elle se réveille, et la course pour la caresse du chiot.

... suite

Au départ, il eu l'idée de créer une entreprise d’extraction d’huile fine – de mangues et de Moringa. Plusieurs personnes sont à travailler pour implanter une petite usine de transformation, pas trop loin d'un groupe électrogène, qui donnera du courant sans arrêt. En plus, on va construire une petite maison, juste à côté, d'où on voit les montagnes, pas trop loin. On pourra y habiter d'ici un an, peut-être. Le paysage est très joli.

Toujours pour cette entreprise, Lowell fait planter des Moringa dans un autre village à côté - il a trouvé 7 hectares de terres qu'il a récemment fait labourer. Ne reste qu'à attendre une bonne pluie pour semer les graines de Moringa qu'il a reçu du Sénégal la semaine passée - les arbres y sont de meilleure qualité. Il a aussi fait une publicité tout autour, pour que les enfants ramassent les noyau de mangues, pour obtenir l'huile de mangue.

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En arrivant à Kintampo, Lowell a su qu'il existait un centre de recherche médical, assez important, Ça tombe vraiment bien, car lorsqu'il a bâtit son projet de recherche sur la malnutrition, il savait qu'il aurait besoin d'une institution africaine, pour soutenir l'étude, afin de la présenter à des bailleurs de fonds - car on ne présente pas une étude de ce genre juste avec son nom, quoique si vous faites une recherche sur Google, avec "Fuglie+Moringa", vous allez découvrir qu'il est une des somités dans le domaine du Moringa. On le surnomme même "Mr Moringa"!!!!

Site Web du centre de recherche médical :

http://www.ghana-khrc.org/

Le directeur de ce centre et un chercheur (post doctoral) ont travaillé conjointement avec Lowell afin de donner leur avis sur le projet et le rendre viable - trouver des villages où il y a des dispensaires (petites cliniques) et le rendre vraiment scientifique. Il ne reste qu’à attendre la réponse – positive ou négative – d’un bailleurs de fonds, avec qui on espère recevoir le financement. Nous le saurons d’ici un mois et demi.

Après, si c’est négatif, on cherchera des fonds ailleurs.

En gros, voilà pourquoi nous sommes dans ce petit village africain, Laure Marianne, Lowell moi. L’objectif premier était évidemment de rassembler la famille.

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Objectif 1 atteint. Justement, ce matin, suite à un sursaut de découragement de ma part, Lowell m’a dit «Think positive, Caro».

Parce que toujours pas de courant ce matin, pas de frigo, et j’ai un souper à faire ce soir, on a un invité!!!! Ça me rend contente ça! Je vais faire cuire un bon poulet à ma façon, avec des pommes de terre – une délicatesse par ici – du beurre fondu, du choux fleur… et bien sûr, une salade de fruit avec un seul fruit: des mangues, des mangues, des mangues... J'ai une dernière conserve d'huîtres fumées... je crois bien que je vais l'ouvrir comme entrée...

J'ai aussi sû qu'on allait avoir du courant pour ce soir, yé!

lundi 23 avril 2007

Et maintenant... pourquoi Kintampo?

(écrit très rapidement... sorry, je ne me suis pas relue).

En 1996, quand Lowell travaillait à Dakar, il avait en tête de trouver une plante indigène de l’Afrique de l’Ouest, en tout cas, une connue des populations, qui pourrait, au meilleur de sa capacité – en terme de vitamines, protéines végétales, oligo-éléments – participer à diminuer la malnutrition des jeunes enfants et des mères allaitantes.

En cherchant, il a découvert que l’arbre, Moringa oleifera – voir www.moringanews.org - possédait d’immenses qualités, beaucoup plus que la majorité des autres plantes. En fait, elle se situe à peu près au même niveau que la très connue spiruline, mais cette dernière est difficile et coûteuse à produire en Afrique de l’Ouest. L’arbre pousse à peu près partout dans ces régions, est adaptée aux conditions de sécheresse, pousse très rapidement, et surtout, produit des feuilles d’une grande richesse en terme de vitamine A et de protéines végétales. Il a donc élaboré un projet en Casamance – sud du Sénégal – dans 8 cliniques où de nombreuses femmes viennent chaque jour faire traiter leurs enfants souffrant de malnutrition. L’étude a eu des effets importants, permettant aux enfants de récupérer un poids normal en moins de 2 mois.

Durant ces dernières années, Lowell a continué à étudier, à travailler l’arbre – particulièrement les feuilles, transformées en poudre, mais aussi toutes les autres parties de l’arbre – à l’intérieur de nombreux projets, et il a publié deux livres « The Miracle Tree », avec différents collaborateurs scientifiques de partout dans le monde – voir : http://www.treesforlife.org/project/moringa/bib.fr.asp

Il avait en tête, depuis ces 10 dernières années, de travailler avec moins de contraintes – comme des organismes qui modifiaient trop fréquemment ses propositions – pour pouvoir créer un projet permettant de démontrer scientifiquement que le Moringa a des effets positifs sur les enfants souffrant de malnutrition, et que cet arbre soit enfin reconnu auprès des grandes organisations internationales (comme le PAM – Programme alimentaire mondial).

Et c’est à Kintampo qu’il a trouvé les liens nécessaires pour la réalisation de ce projet.

…suite plus tard.

vendredi 20 avril 2007

La question de tout bon blogueur

Comme les millions d’autres blogueurs, je me pose la question : pourquoi bloguer? À quoi ça sert, cet espace ouvert, où je raconte les péripéties d’une famille américaine et québécoise en Afrique de l’Ouest? Pourquoi ne pas envoyer des courriels à tous, comme ma bonne amie Renée le fait, lorsqu’elle part en Afrique? Ce serait plus sympa, plus intime, moins impudique?

J’y ai longuement réfléchi. En fait, depuis que j’ai lu un premier blogue, en 1999, celui d’une « Script-O-Mania », qui m’avait vraiment impressionné par la qualité de sa présentation (images, photos, liens, hyperliens, poésie…), je me disais : « Un jour, peut-être, je le ferai ». Mais l’idée de raconter mes histoires, sur la place publique me choquait un peu. S’étaler ainsi, oui, je trouve qu’il faut traverser une certaine étape, pour ne plus le voir comme un manque de pudeur.

Cette année, pour plusieurs raisons, j’ai décidé qu’il serait bon de raconter ce qui se passe ici, à Kintampo.

1) Pour garder en mémoire ce que nous vivons, puisque maintenant je reconnais que c’est particulier - j'ai toujours nié que partir vivre en Afrique, pour une Québécoise "de souche", c'était une expérience extraordinaire. Maintenant, je le vois. De plus, j’imprime le blogue, pour le garder définitivement en mémoire, et au cas où les termites mangeraient le papier, je le mets sur mon disque dur. C’est pourquoi, de temps en temps, vous verrez certaines informations passer que je veux garder, mais qui ne seront pas plus passionnantes que ça -- par exemple, les livre dévorés par les termites…;
2) Bien sûr, pour rester en contact avec les gens que j’aime, et/ou qui veulent avoir de nos nouvelles, y mettre de jolies photos. Le blogue permet d’avoir une présentation agréable, personnalisée.
3) Informer, diffuser des informations sur ce qui se passe en Afrique. En parler avec le plus d'honnêteté possible, sans trop montrer de préjugés (que j'ai quelques fois, je l'admets), mais rester en contact avec le fait que les gens d'ici sont chez eux, avec leurs habitudes. Parler de leurs joies, de leur vécu, de leurs difficultés. Sans préjugé, mais sans flagornerie non plus.

Malheureusement, une partie de ma belle-famille ne parle qu’anglais, et elle n’a pas accès à la lecture de ce site, sauf les frères à Lowell, dont un qui traduit de temps en temps pour ses parents (qui vivent en Arizona) les différentes tranches d’aventure de Kintampo. Je dois ici l’en remercier chaleureusement.

Lowell devrait chaque mois publier un billet en anglais, sur ce qu’il vit ici, à sa manière – et ce ne serait pas mauvais, il possède une plume fantastique.

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Livres dévorés par les termites, durant l’hiver 2006-2007. Moins que je pensais, mais pour plusieurs, des livres que je désirais vraiment garder, pour les consulter de temps en temps.

1. Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles –Melissa Bank
2. Soyez Zen – Charlotte Joko Beck
3. Le gone du Ghaâba – Azouz Begag
4. Quelqu’un d’autre -- Tonino Benacquista
5. Beyala (perdu le titre)
6. Don Quichotte de la Mancha 1 et 2 – Cervantes (trouvé dans une vraie "puce" de Paris (pour Djo ;) ).
7. Le pendule de Foucault – Umberto Eco
8. Je l’aimais -- Anna Gavalda - pas pire, je viens d'acheter son dernier, et je ne l'ai pas encore lu!
9. Mon enfance – Hermann Hesse (récupérable, mais dégueulasse à toucher)
10. Ébène – Ryszard Kapuscinski (ma plus grande perte, j’aurais voulu le relire, sa vision de l’Afrique est juste, fascinante, drôle, précise, intelligente, jamais cynique, seulement réelle).
11. L’homme rapaillé – Gaston Miron – certains poèmes n’ont pas tous été mangés, je le garde donc (quand même, Miron, on jète pas ça…)
12. Des souris et des homme – John Steinbeck
13. L’éveil de votre enfant – Chantal de Truckis - mon livre de chevet, lors de mon accouchement et après...
14. Remèdes à l’amour – Ovide
15. Les cocos – Wolinski

C’est une drôle d’impression que de se voir prendre les livres, pour en lire les titres, et les voir se détacher comme des membres d’une personne. "Ce paragraphe était intéressant… dommage, irrécupérable".

Je me souviens de Kapuscinski, qui, parlant des Africains habitant en ville, écrivait qu’il comprenait pourquoi personne ne restait à l’intérieur, et que tous se rassemblaient à l’extérieur. C’est simple. Les pièces intérieures sont exiguës – le ciment coûte cher – fermées – contre la poussière – et donc, étouffantes. Ils se retrouvent alors à jaser, le soir, dehors, qui de son thé, de sa bière, de son rafraîchissement de la région. Visites agréables, ventilées par l’air du soir. De ce livre, je n’ai pas pu en relire une seule phrase compète. En voici une partie, qui me rappelle des souvenirs du Nord du Sénégal : « Les champs (…) Les terres proches du village sont depuis (…) temps épuisées, stériles (…) Ce n’est plus que du sable (…) de la poussière. On en peut planter qu’à des kilomètres (de la maison?...) l’espoir qu’il pleut, la terre produira (…).

Sensations de déjà-vu, à Keur Momar Sarr, au Nord du Sénégal, durant ces 4 ou 5 ans.

Un jour, Je le retrouverai bien sur mon passage, maintenant en livre de poche, tellement j’avais été impressionnée par cette écriture, ces histoires si vraies, cette réelle relation avec l'Afrique et ses habitants.

Vers minuit, alors que tous dormaient, j'ai fait un beau feu, et ai regardé brûler les restants. Sous les manguiers. Avec à la main, un petit verre de Grand Marnier...

vendredi 13 avril 2007

Quelques moments ensoleillés et autres














Ce sont des photos prises quelques jours avant que la "forteresse" de bois ne soit installée... Les enfants du coin savaient que les manguiers ne leur seraient plus disponibles. Ils étaient tous énervés, et bien gentils par ailleurs. Quelques fois, durant la nuit, ou le matin vers 6H, certains des plus "braves" sautent la clôture et viennent prendre des mangues. Mais n'ayez crainte, chaque soir, durant le "hunting mango", on les ramasse en vu de les partager avec tous les enfants et nos voisins. De toute façon, que ferait-on avec 70 mangues tombées par jour!!!!! Bon, et en plus, c’est pas ce qui manque dans le coin, les manguiers… Mais si j’ai bien compris, chaque arbre possède son propriétaire, et ils sont surveillés avec jalousie. Car on les vend sur la place publique, et c’est un revenu qui peut être intéressant.

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Le nouveau chien à Laure. Elle l'adore, c'est certainement son plus beau cadeau jamais reçu. Et il est mignon comme tout!

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Photo spéciale Stéphanie : je te présente notre nouveau cabanon, fort pratique, quoique la pluie y pénètre… rien de neuf à Charlesbourg à ce sujet?

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La photo où Laure pleure, c'est lors de notre visite dans ce petit-petit village (là où Lowell plante du Moringa sur 8 hectares - 783 habitants, qu'ils m'ont dit. Après 2 heures assis, sous l'oeil intrigué de 100 personnes, qui, bizarrement, se rapprochaient de plus en plus de nous à mesure que le temps passait, la Laure n'en pouvait plus. Elle a éclaté.

Dernière partie de la saga "frigo", juré!

Oui, se sont bien Laure et Lowell, qui se font asperger de l'eau froide des chutes Fuller! Situées à une demi-heure de la maison, le site est devenu notre rendez-vous quotidien du dimanche. Personne n'y vient d'ailleurs. Des chutes qu'à nous, c'est la totale, le luxe! On apporte nos savons et on s'aspèrge, et on regarde couler l'eau, et on savoure des mangues, et des ananas...

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Irritants quotidiens, mais qui n’en a pas?

En arrivant ici, j’ai commencé à avoir peur de manquer de frigo... Mais je me suis finalement faite à l’idée. « Caro, on peut très bien vivre sans ». Pourtant, voilà deux jours, Lowell en a acheté un nouveau – à 1 heure au sud de Kintampo, soit la ville de Teshiman. Un petit frigo. Cent dollars. Rouillé sur les côtés, mais quand on regarde ce qui nous entoure, il devient assez joli -- puisque j’en désire un si fort, je crois le trouver plus agréable à regarder que ce qu’il est en réalité.

Il a bien fonctionné durant 3 heures.

Je constate que le comportement des réfrigérateurs d’ici est lié au voltage qu’on reçoit. Si le courant est faible, en bas de 180 Volt (qui devrait être à 220 V), ça (le moteur) ne part pas. Alors que le système vidéo fonctionne parfaitement, ainsi que la musique, les lumières (mais pas les ventilateurs qui diminuent en force), et bien, le frigo ne fait même pas l’ombre d’un petit bruit me signalant qu’il pourrait produire un peu de fraîcheur.

Il faudra faire mon deuil d’un frigo fonctionnel, qui ne marche que quelques heures par jour. Devenir organisée au jour le jour. Acheter viande et légumes frais à tous les jours. Choisir le lait en poudre de Hollande – ils sont les spécialistes du lait en poudre en Afrique… En tout cas, pour le moment. Car présentement, la saison sèche se termine lentement. En Afrique de l’Ouest, il n’y a pas 4 saisons comme dans les pays tempérés. Il y en a deux: la sèche, et la pluvieuse. Plus où moins longue d’une part et d’autre, selon la proximité au Sahara. Plus on monte vers le Nord, plus la saison des pluies est courte. Ici, au Ghana, il pleut beaucoup, si je compare avec le Nord du Sénégal. À Keur Momar Sarr, le village où j’ai résidé de 1994 à 1996, et où je suis revenu à temps partiel de 1999 à 2003, il ne pleuvait pas 300 mm par saison des pluies. Ici, elle est d’environ 1100 mm par an. Immense différence!

Vers la fin de la saison sèche, le débit des cours d’eau diminue grandement. Et quand on parle de cours d’eau, on pense à barrage et donc, à hydroélectricité. Actuellement, le niveau des rivières est très bas, et c’est la raison qui fait que la compagnie nationale coupe aux 12 heures – pas juste à Kintampo, mais aussi à Accra. J’espère juste que lorsque le niveau des rivières montera – d’ici un mois ou deux au moment de la saison des pluies – ça reviendra à la “normale”, et qu’alors, on aura de l’eau froide à boire – et je crois deviner que tout le monde du coin possède le même désir!!!

Ne pas pouvoir conserver la nourriture longtemps est aussi frustrant. Alors, il faut absolument acheter la viande du jour – celle de la vache tuée le jour même. Faut voir les étales de coupe de viande – les bouchers d’ici – pour comprendre certaines façons, d’ailleurs les même qu’au Sénégal ou au Mali. Quand le boucher coupe la viande, devant moi, il m’arrive de devoir ôter quelques morceaux d’os qui revolent sur ma robe – os coupé à la machette. L’état des lieux est plus que douteux. Sans vouloir juger quoique ce soit, je ne peux que constater que c’est vraiment crasseux, et même, c’est un faible mot quand on scrute avec attention la table du boucher, les murs, le plancher. Sachant que la vache est toujours tuée le matin même, je ne m’en offusque plus trop.

Mais, et j’insiste sur ce point : la viande d’Afrique de l’Ouest est la meilleure que je n’ai jamais goûtée, même celle d’Alberta, même celle d’Afrique du Sud ne leur arrivent pas à la cheville. Son goût n’a aucun rapport avec celui qu’on trouve au Métro-IGA-Maxi de Charlesbourg. Presque pas de gras, une viande avec très peu d’eau, une chair tendre, qui se croque presque crue, avec dessus, que du sel marin breton… Ces animaux broutent partout sur le territoire, suivis de leur berger, et leur diète est certainement frugale, si on compare à celle de nos vaches. Elles sont évidemment beaucoup plus minces, mais elle sont aussi traitées (vaccinées). Au moins, ici, on le côtoie à tous les jours. Va savoir pourquoi, mais je suis rassurée de voir la vache que je vais peut-être déguster ce soir. Et que dire des moutons…

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Pas de courant durant la journée, soit de 6H à 18H. Le matin, on le sait tout de suite, par l’arrêt des ventilateurs. Chaleur, lourdeur. Qui ne donne pas du tout le goût d’être active. Mais aujourd’hui (mercredi), jour du marché, je suis partie avec Laure, vers 14H00 (le matin, le marché ouvre très lentement), alors que la chaleur est à son top, pour lui trouver une casquette rouge – c’est qu’elle a insisté la coquine, on a oublié la sienne à Québec. Gros défit. Quand on sait qu’on sera suivi par une horde de 10 enfants tout le long et qu’on sera accosté aux 10 minutes (en anglais) « Hé les Blancs, que faites-vous ici? » et scruté de partout à chaque pas. Si j’achète des sandales, on peut se regrouper à 30 autour de nous, pour nous regarder. Je ne le cache pas, pour moi, c’est une difficulté, malgré que ces regards soient sainement curieux, ils sont tout de même… gênants. Heureusement, la maison est située à 10 minutes de marche du marché, ce sera assez rapide.

On l’a trouvé la casquette à Laure! Avec une image de Sponge Bob... OK, on ne fera pas les difficiles, on va la prendre à 1$. J’ai aussi trouvé des chaussettes à 40 sous la paire – je préfère que Laure porte des bas, malgré la chaleur, et ce, même en sandales. J’en avais une dizaine, mais elle se salissent au quart de tour. Surtout qu’aujourd’hui – vendredi, maintenant – notre voisin Paul, 14 ans, a tué un scorpion à côté de chez nous.

On a aussi déniché de la vraie laitue fraîche et des côtelettes de mouton pour le souper – à préparer avec du thym séché, de la moutarde de Dijon, de l’ail, du gros sel gris de Guérande, du poivre et de l’huile d’olive. Grillées. Délicieuses. Avec les choux-fleurs que Lowell achetés avant-hier à Techiman (1 heure de route) suivis des pommes de terre à l’huile d’olive, et, au final, des mangues comme dessert, ce sera le comble!

Justement, chaque soir, Lowell et Laure partent, lampe torche à la main, à un “Mango Hunting”. À la recherche des mangues tombées sous nos 4 manguiers. Ce soir, on a eu du vent, et ils en ont récolté... 40!!!!!! La fraîcheur de ce fruit ferait tomber de jalousie n’importe quel grand cuisinier de Québec... Mais… me manque de la crème fraîche pour parfaire le tout. Non, ce soir, avec la pluie qui a adouci l’atmosphère, je ne me plaindrais pas du tout, pas du tout. Surtout qu’il y a du courant, et un ventilo pour rafraîchir la peau.

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Stupéfaction! Paraîtrait que le bonheur est à Repentigny! Comme j'y suis née, je trouve important de le souligner ici. Faudrait le dire à maman qui y vit toujours :)

http://www.cyberpresse.ca/article/20070413/CPACTUALITES/704130621/1019/CPACTUALITES

mardi 10 avril 2007



Premier essai de photo. La photo n'est pas excellente, mais on va voir. Ce sont les chutes de Fuller Falls, de Kintampo. On en a deux de chutes, a Kintampo. Celle-ci est magnifique!!!

Et bonne nouvelle, après 30 ans de cigarette, Lowell en est rendu à 1 mois sans. Je susi émue, et touchée et le trouve courageux d'avoir arrêté.

vendredi 6 avril 2007

La vie, au quotidien

Sorry pour le clavier americain, sans accents.

Juste un mot, pour dire que ca va. Rien de parfait, mais petit a petit, notre maison ressemble de plus en plus a un endroit ou il fera bientot bon y vivre.

J'ecris beaucoup de messages pour le blog, via mon propre ordinateur portable. Malheureusement, cet ordinateur ne possede pas d'entree pour une cle USB. Mais la semaine prochaine, je pourrai utiliser directement mon ordinateur pour communiquer avec les miens et ecrire correctement mes histoires. Nous sommes chanceux: Lowell et moi, on travaille avec un centre de recheche medical a Kintampo, tres sophistique pour la place - ils ont un groupe electrogene, les rendant independant du courant de la ville - et un satellite pour une connexion Internet assez rapide - on se croirait dans un autre monde ici!

Si on oublie les problemes de la vie quotidienne - Karen Blixen dans son environnement au Kenya, au debut du siecle, parlerait de "shauries" - alors, je peux dire que la vie est vraiment bonne --

(Bon... je vais copier ce qui est ecrit sur mon portable, j'ai trop le gout de communiquer. Tant pis pour les accents.)

Je pourrais elaborer longuement au sujet de ces difficultes quotidiennes, mais vous allez voir, la joie de vivre prend le dessus. Quand meme, juste une petite enumeration:

- Manque de courant une journe sur deux;

- Pas de frigo - c'est fou ce que ca me manque!

- Difficulte a trouver une nourriture satisfaisante, nourrissante et saine - surtout les legumes, quoique je me debrouille bien, avec ce qu'il y a au marche: tomates, oignons, pomme de terre de temps en temps (ici, on mange surtout de l'igname, une autre tubercule). Sur notre terrain, on a meme 4 manguiers, et c'est LA saison. Laure en a tellement mange qu'elle a eu des bobos sur la face. ELle les mangeais comme les enfants du coin: on croque une petite partie de la peau, on la crache, et on aspire le jus. Ce qui fait que la face touche toujours un partie tres acide. Quand elle a vu ses petits bobos autour de la bouche, elle a accepte de manger les mangues coupees avec une fourchette... En plus, ces manguiers font de magnifiques cadeaux a tous les visiteurs et voisins. Les enfants grimpent jusqu'en haut, brassent les branches, et ca tombe - au moins 50 par jour! On trouve aussi beaucoup de bonne viande de vache, des poulets vivants - qu'on doit tuer, plumer et vider de leurs entrailles, ainsi que des faisans. Du lait en poudre. Du pain blanc - ca doit faire 15 ans que je n'en avait pas autant manger, sauf le pain baguette. En fait, comme j'adore faire a manger, on se debrouille. Une fois par semaine, on mange du mouton, ou de la chevre. Beaucoup de legumnineuses. Ce qui fait que j'ai perdu la graisse accumulee a Quebec, a force de bons fromages, de jambons - ah! un bon jambon de parme... - de lait 3,25%, de yahourt Liberte... Laure qui aime les moules, les huitres... doit arriver a s'habituer a manger autrement. Elle coopere assez bien. Je crois que ce qui lui manque le plus, c'est de l'eau froide et du jus frais.

Autres petits pepins:

- Un plombier qui repare une toilette en la brisant. C'est peu partique. Laure portait des couches pour faire dodo, avant de partir du Quebec. Maintenant, je n'en ai plus, alors, il faut la lever vers minuit, une heure du matin. Mais la toilette coule enormement et comme elle dort presque, je ne peux pas la prendre pour la deposer sur le bol, c'est dangereux de glisser. Alors, on a eu recours au pipi pot, et durant le jour, et bien on essore!

- Il faut l'avouer: les lieux sont souvent insalubres. Il faut toujours nettoyer, car notre terrain est sur le sable, et il pleut souvent. Laure oublie souvent de changer de sandales avant de rentrer. Elle apprend, comme elle dit! Dans notre concession (compound), c
- La maison n'est pas un chateau, mais c'est vivable. On a un beau "set" de salon en rotin, et j'ai ouvert toutes mes boites. J'ai eu quelques bancs decores - pour ceux qui se souviennent! - qui ont ete manges par des termites - et de nombreux livres - dont le livre de Gaston Miron, ses poemes principaux, ainsi que Rouge, de Ruffin (pour Zab ;) ). Plusieurs objets d'art en bois ont aussi subis le meme sort. Mais tous mes dictionnaires, et environ 300 livres que j'aime, des revues, une trentaine de livre de recette sont restes intacts. OUF.

- Tiens, un autre histoire, pas tres drole: la voisine est venue me voir pour me demander un medicament pour faire sortir de son giron son embryon de quelques semaines. "I need medecine" qu'elle m'a dit. Elle a a peine 19 ans, et me repete que sa mere va la tuer... J'ai insiste pour lui dire d'aller voir un docteur, et qu'a ce stade, aucune medecine ne peut faire sortir son petit, au risque qu'elle soit tres malade. Je ne sais pas ce qu'elle va faire.

- Et les moustiques, ma plus grande peur. On s'asperge a tous les jours de vaporisateurs anti-moustiques, a partir de 5 heures, on a des moustiquaires partout, des spirales qui brulent. En esperant que ce soit assez. Ici, la malaria est tres forte, et Lowell l'a eu par deux fois recemment.

En fait, je comprends souvent - mais pas toujours - pourquoi je reviens constamment en Afrique de l'Ouest, depuis 14 ans. BIen sure, l'amoureux qui ne vt bien qu'au rythme africain est la raison principale, - entre 1992 et 1997, c'etait pour ma carriere. Mais il y a plus, il me faut me l'avouer enfin. L'espoir que nos travaux avec le Moringa, pour contrer la malnutrition soient un jour efficaces nous portent de plus en plus.

Il y a surtout que j'aime vraiemnt l'Afrique, ses gens,la facilite, de rencontrer du monde, la gentillesse de ceux que je cotoie, les discussions sur tout et rien. IL me semble que la vraie vie doit ressembler plus a ca qu'a celle ou je stress pour un rien, au Quebec.

Puis, le fait de vivre a l'exterieur, tres souvent.

Vers 16 heures, chaque soir, j'installe deux bassines d'eau, pour baigner Laure. Elle n'accepte pas de se laver dans le bain, qui est trop sombre et salit par la peinture. Elle adore ce temps ou dehors, elle joue dans l'eau, se nettoyant du sable loge un peu partout sur son corps. Elle est horriblement sale, la coquine-grimpeuse-d'arbres. Je l'habille, l'asperge de "Off region sauvage".

Puis, je prepare a manger. Laure ecoute un video, si on a du courant, sinon, on cherche des bougies, nos lampes torches, car le courant coupe maintenant vers 18H. Ca dure 12 heures. On installe une jolie table dehors, avec une nappe, de beaux ustenciles, des jolies coupes de vin. Je me dis qu'il est agreable de croire qu'on mange dans du beu, ca me semble meilleur. Apres, Laure est fatiguee, et je la couche.

Apres, le meilleur moment de la journee: plus persone ne vient nous saluer. A Kintampo,tous viennent nous souhaiter une bonne journee.

"I come to greet you" avec un sourire. Et j'ai peine a penser que je ne peux pas encore leur offrir de l'eau fraiche. Mais ca viendra.

ALors, Lowell et moi, on s'assoie, on discute, et je savoure ces instants ou nous sommes vraiment heureux d'etre ensemble, de rigoler, de se raconter notre journee et nos "shauries", qui ne sont pas si pire que ca, a bien y penser.

Car malgre tout, et peut-etre "a cause de", je suis profondement heureuse a Kintampo. "Tant qu'il y a la sante" comme disent les aines!

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Encore un gros merci chaleureux pour tous ceux qui m'ecrivent des commentaires. Sylvie, dis un beau bonjour a Diane qui me manque, tu devines t un gros "hug" a ta Roxanne - Laure en parle beaucoup. Jacqueline, je pense beaucoup a vous, et a vos deux filles, Catherine et Juliette. ON se revoit dans quelques mois!

Et mes cyber copines de toujours, je vous revoie ailleurs, des que je suis connectee sur mon ordi!

samedi 31 mars 2007

Arrivée à Kintampo en pleine nuit, sans courant, sans rien à manger, après 10 heures de route

Kintampo-la-Jolie

Ainsi Laure a-t-elle nommé le village.

Pourtant, à notre arrivée, elle nous avait très mal accueillies.

Nous sommes partis le matin du 19 mars, à 7H15, pour que Laure et moi puissions prendre l’autobus climatisé en partance vers Kintampo. Lowell devait partir devant nous, avec la voiture chargée de nos biens – une partie - pendant que Laure et moi devions faire le voyage par bus.

Or, l’autobus est arrivé vers 10H45, et est parti vers 11H00… Dure réalité.

Le voyage s’est assez bien déroulé, si on accepte que la radio criarde reste ouverte tout le long du voyage – 10 heures avec 2 arrêts de 15 minutes. Long voyage, mais personne ne se plaint. Le chauffeur nous a assigné nos places, mettant tous les étrangers (couleur pâle) dans le même coin. Sens de l’organisation, sûrement. Laure a pu écouter pour la première fois Peter Pan, et je suis satisfaite d’avoir pu trouver un vidéo (cher) où il n’y a pas d’imbécile amoureux et d’amoureuse transis qui attend son prince charmant.

Nous sommes arrivées à 22H00, et Lowell était de nouveau au rendez-vous. La gare était fort jolie: des lampions partout, pour éclairer les petits commerces vendant du poisson-viande-poulet grillé. Mais surtout, pour éclairer un village qui n’a plus de courant. À l’arrivé à l’hôtel, il n’y a pas plus de courant.

« Les meilleur hôtel du village, Caroline, top luxe! » dit mon mari.

Le groupe électrogène de l’hôtel venait juste de briser. Il n’y avait pas d’eau non plus. Pas plus de chandelles. Des lampes torches? Oui! Et un seau d’eau dans la douche. Ouf, j’en ai besoin. À l’intérieur, un gros verre pour me verser l’eau sur le corps.

En ma lavant, je ne vois pas l’eau. Mais je sens de drôles de choses qui parcourent mon corps. Je saurai le lendemain, avec la lumière du jour, que l’eau était assez sale, avec des « genres cheveux beiges raides » et au fond, du sable. Peut-être autre chose. Je ne l’analyserai pas plus.

Laure s’est finalement endormie, et nous pouvons souper. Les gens de l’hôtel nous attendent depuis quelques heures. Ici, la patience n’est pas une qualité, c’est une habitude. Ils nous disent qu’ils peuvent préparer un bon repas.

- Qu’avez vous?
- Ah, de tout.

Pas de problème. Nous commandons du poulet et des frites. Arrive les plats. Peu de lumière. Lowell regarde son assiette : que des frites. Je vérifie. En effet, que de délicieuses frites. Et moi, un « genre poulet » et des frites.

- Pas de poulet pour moi, dit le pauvre Lowell?
- Désolé, il était trop congelé, répond le cuisinier.

Je mets dans ma bouche l’animal : « Goût poisson » que je dis à mon cher mari. C’était du poisson, en effet. « Une tête » dit Lowell.

- Lowell, tu sais, ça pouvait sûrement être pire, mais c’en est pas trop loin.
- …
- Dire que tu avais peur que je ne veuille pas venir vivre à Kintampo? C’est vrai que c’est très loin du vrai luxe de Charlesbourg.
- …
- Bon OK. J’avale ma tête de poisson.

Mais je suis contente, mais très très contente. Nous sommes enfin à Kintampo, et la température est de loin meilleure que celle d’Accra. Chaude, bien sûr, mais sèche.

Ouf, c’est tout ce que je demandais, pour apprécier la vie ici.

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J'ai oublie ma cle USB (je suis a Teshiman, a 50 km au sud de Kintampo), ou j'avais ecrit un beau message, via mon ordinateur portable (pas de connexion sans fil ici). Donc, avec un clavier americain, et le fait qu'il faut que je me depeche - on repart a Kintampo -, le message sera fort simple.

Ce qui fait que je ne peux raconter que la sante va bien, que la maison est correcte - mais pas terrible, dans le secteur ou nous habitons, il y a peu de courant - ca coupe a tous les 3 jours durant 12 heures), et le climatiseur tout neuf me nargue dans la salon: il sera impossible de le faire fonctionner. Le frigo ne marche pas, pas vraiment d'eau courante - mais on a un puits. On a perdu une bonne partie de nos achats d'Accra, comme la mayo, la creme, et peut-etre le beurre.

Notre stock est enocre dans les boites, puisqu'on n'a pas de rangement. Mais ca viendra a qui sait attendre avec patience ;)

En tout cas, notre TV et le video fonctionnent, et Laure est contente. Elle a 70 amis qui veulent la connaitre. On a du faire installer une cloture - comme une forteresse, j'ai plein de belles photos, mais la connexion est trop lente... Les enfants ne viennent plus nous regarder a travers la fenetre de la toilette, mais ils regardent quand meme a travers les lattes de bois.

Sinon, c'est beaucoup moins chaud qu'Accra, et donc, plus vivable, moins pollue, moins de circulation, et les paysages sont magnifiques.

Question nourriture, ce sera difficile, on n'y trouve pas une seule pomme de terre, mais plein plein d'igname. Quelqu"un a une bonne recette d'igname?

Hier, on a ete au village ou Lowell veut installer sa plantation de Moringa. La, il y avait plus de 100 enfants qui nous devisageaient - sans parler des adultes. Ils nous ont pose plein de questions au sujet des relations hommes-femmes au Quebec, la mariage, la pilule, la polygamie (mais pourquoi est-ce donc interdit au Canada?). J'ai meme vu un jeune enfant de 1 an et demi, jouant avec une lame de rasoir dans la bouche, ca ne semblait pas deranger grand monde.

Bref, que des experiences nouvelles!!!!!

A la semaine prochaine, je l'espere bien.

lundi 19 mars 2007

Arrivée à Accra

Heureusement, à partir de Québec, j’ai pu apporter mes bagages à l’aéroport 4 heures avant mon départ. J’avais 4 bacs de 23 kg, et 2 grosses valises de 32 kg. Le tout rentrait dans ma Toyota Corolla, mais je ne pouvais pas prendre Laure, il manquait de place. Je l’ai donc déposée le matin à la garderie, puis suis venue prendre mes bagages dans l’auto, comme prévu. À l’aéroport, j’avais trop de poids, j’étais vraiment limite, j’ai donc du retirer quelques kilogrammes. J’ai défait tous mes emballages (avec du scotch gris), puis ai refait. Rendu au douanes, ils m’ont de nouveau demandé d’ouvrir un bac,car ils ne pouvaient distinguer, sous rayon X, une sorte de tuyau. C’était 100 pieds de papier aluminium…

Quand même, ça a pris plus d’une heure. Mais un fois les bagages partis, j’ai senti un soulagement : je n’étais plus responsable de l’arrivée de ces 353 livres… Advienne que pourra.

Je suis revenue à la garderie prendre Laure, et les adieux aux éducatrices ont été très émouvants. Diane, l’éducatrice principale à Laure lui avait préparé une série de photos de tous les enfants de sa classe (les trois et quatre ans), avec des dessins que tout le monde avait réalisés, dans une fleur, chacun ayant son pétale à dessiner. Diane avait fait faire le tour de toute la garderie avec les amis de Laure, pour dire adieu à tout le monde, dans toutes les autres classes. Une autre éducatrice, Françoise, sensibilisée à l’Afrique, pour y avoir séjourné deux fois, avait fait faire à ses grandes (5 ans) des dessins pour nous dire au revoir… Une autre éducatrice, est venue m’embrasser, je ne connais même pas son nom… Et Réjeaan nous a dit un beau salut. La petite Éliane m’a demandé de regarder son dessin dans l’avion. Alexis (l’amoureux à Laure) a posé la question : « Vous partez en Afrique? » J’avais la larme à l’œil, sachant que pour la prochaine année, je ne trouverai jamais une garderie, une école ou quoique ce soit d’autre pour Laure d’aussi bien, d’aussi aimant et d’aussi doux. J'aurai voulu les amener à Kintampo, avec moi. Enfin, il y aura autre chose, qu’on se dit.

De retour à la maison, Stéphanie m’attendait, et on est rapidement parti pour l’aéroport, avec un gros sac à dos, une grosse sacoche, un sac à dos pour Laure, une poussette, un siège d'auto (mes bagages à main, quoi...) et la Laure, vraiment excitée de revoir son papa en Afrique. Il a fallu que je retire un objet de mon sac à dos – des crèmes de 125 ml qui ne passaient pas à la sécurité.

Puis, une fois passées aux rayons X, avec la Laure, et rendues à côté de notre porte pour prendre l’avion, un agent de sécurité nous apostrophe :

« Vous partez au Ghana? Attendez ici, deux petites filles veulent vous voir ».

Imaginez ma surprise! J’étais tellement excitée à l’idée que des inconnues savaient qu’on partait en Afrique! Et tout à coup, qui vois-je apparaître à travers la fenêtre, du côté de l’arrivée des passagers? Ma copine, mon amie Isabelle-ZabieFolie, la bien nommée! Avec ses deux petites filles, Anaïs, 4 ans, et Leïla, presque deux ans. Ouf, comment a-t-elle fait? Elle a dû se dépêcher, après son travail situé au carré d’Youville, pour chercher ses filles à Limoilou, et partir à l’aéroport à 20 km de Québec, pour ensuite se tromper d'aérogare (il y en a deux à Québec), et arriver, « pile poil », à 5H05, alors que l’avion était prévu pour 5H20.

On était séparée d’une vitre. Que faire, pour au moins s’embrasser? Le super agent de sécurité nous fait heureusement passer, laissant nos bagages à main derrière, et avec Laure, on a pu se faufiler de l’autre côté des rayons X, pour se donner un dernier au revoir. Anaïs était assez émue, et Laure, très contente de pouvoir voir son amie. J’imagine la déception, si on s’étaient vraiment ratées…

Ce fut un bon voyage, et malgré la longueur, fort agréable. Laure n’a pas dormi entre Montréal et Frankfurt – c’était pourtant le voyage de nuit - elle a écouté Pocahontas sur mon ordinateur, puis on a lu des histoires, et joué à des jeux de cartes. La nourriture, toujours aussi vilaine… Entre Frankfurt et Accra, elle a bien dormi. On a eu droit à un arrêt à Lagos (Nigeria) d’une heure, attente dans l’avion. Puis, nous sommes arrivés à Accra, avec peu de personnes dans l’avion, ils étaient tous descendus à Lagos. Bonne chose en fait, presque pas d'attente à la douane. Encore moins pour les 6 bagages, tous présents, pas ouverts. Et un « helper » pour m'aider à en pousser la moitié. Les douanes des bagages n’ont même pas ouvert un seul bagage!!!! J’étais passablement étonnée. Alors, mon « helper » a reçu un gros pourboir, c’est certain.

Évidemment, lorsque je suis sortie avec Laure et nos monstrueux bagages, des yeux j’ai cherché Lowell. Allait-il être là? Ça dû prendre une bonne et longue minute avant que je ne le trouve, avec la foule.

Il était là.

En fait, Laure l’a vu bien avant moi, et elle est partie en courant lui sauter dans les bras. J’imagine que Lowell s’est tout de suite dit « Ma fille me reconnaît, OUF! ».

Elle est restée scotchée sur lui toute la soirée.

Et moi, très heureuse du « rassemblement familial". Lowell aussi, Laure aussi. À part la chaleur éprouvante, rien ne pouvait nous arriver de mieux.

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Le vendredi soir, nous étions invité chez des amis à Lowell. On nous a offert une salade, fort délicieuse. Laure a eu droit à 2 parts de gâteau au chocolat. Mais le soir même, j’ai eu de crampes au ventre, assez puissantes, pour reconnaître mon ami e.coli. Va savoir d'où ça vient, tout est possible, quand on arrive dans un pays africain, même si ça fait 15 ans qu'on y vit.

Hop, Lowell est parti acheter des antibiotiques à la pharmacie, des petites pilules d’imodium – que j’ai pourtant dans ma propre pharmacie, mais que je veux garder pour la brousse. J’ai passé la nuit, et la journée de samedi au lit. On devait partir le dimanche suivant… Impossible dans ces conditions. Lowell a dû reporter les billets d’autobus. Puis, le samedi soir, la Laure me dit « J’ai mal à l’oreille ». Non!!!! Pas une otite! Hé oui… Re-antibio, durant la nuit, avec une petite qui pleurait comme une pauvre. La potion antibio, pourtant du Québec – qui portait un joli dessin de sympatique singe sur la boîte n’a pas livré ses promesses de bon goût… Mais le lendemain matin, fi-fille allait déjà mieux.

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Cette après-midi, Lowell et moi, on a fait une épicerie pour quelques mois. Le véhicule va être passablement chargé, en plus du camion rempli de nos meubles et valises, qui partira dans deux jours.

Et maintenant, je sirote mon jus d’ananas fraîchement pressé, dans un bar, sur une terrasse, pas loin de chez nous, pour écrire un peu, sur busy.wifi… Et le vent est bon.

Demain, 8H am, Laure et moi, on prend l’autobus, vers Kintampo, nouvelle aventure, 10 heures de voyage.

Paraît que vous avez un peu pelleté au Québec?

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Désolé, pas de photos encore, mais ça viendra. Sinon, je ne pourrai me trouver un café Internet que dans une semaine, je crois. Kiss à tous!

dimanche 11 mars 2007

Ma soeur Stéphanie et moi


Au Laurie Rapahël à Québec, hier soir. Un pur délice! On a rigolé pas mal toute la soirée.

samedi 10 mars 2007

L'aéroport

J'avais un gros problème.

Je pars donc mardi. Heure du décollage: 17H20. Il faut que je sois à l'aéroport de Québec 90 minutes avant le départ. Or, à cette heure, tout le monde travaille, ce qui est normal. Difficile de demander honorablement à une personne de quitter son boulot pour transporter une partie de mes 6 gros bagages - 4 bagages de 23 kg et 2 autres de 32 kg - avec ma fille et la poussette. Ma Toyota Corolla n’est définitivement pas un gros Dodge 4X4.

Je dois donc trouver une solution.

J'ai appelé la compagnie aérienne Air Canada – à Québec, elle s'occupe de la compagnie aérienne Lufthansa, avec qui je fais affaire - et ils m'ont dit que je pouvais venir enregistrer mes bagages 4 heures avant le départ.

OUF! Autre soulagement – que j’accumule, si j’y pense…

Ça veut dire que le matin, Laure ira une dernière fois dans sa merveilleuse garderie avec sa douce éducatrice Diane, et qu’après, je reviendrai à la maison seule, pour mettre mes bagages dans l'auto, puis me rendre à l'aéroport afin de les enregistrer, chose très aisée à faire. Je prendrai le temps de tout bien faire*, sans avoir à courir après une Laure qui veut voir et toucher à tout, et se dégourdir les jambes ailleurs que là où je suis. Puis, je pourrai la reprendre à la garderie, et à cette heure-là, Stéphanie sera libre de venir avec nous!

That was the solution of this problem!

*tout bien faire: si la "stewart" trouve que mon bagage est trop lourd (qui sont tous limite du poids permis), je peux ouvrir mon stock, ôter une ou deux cannes de sirop d'érable sans une Laurinette qui défait les valises pour trouver sa surprise, son nouveau jouet dans le bagage!!!!

mercredi 7 mars 2007

Soulagée, soulagée!!!!

Yé, yé, yé! J'ai finalement reçu les visas par la poste voilà quelques heures!!!!! J'ai versé quelques larmes de soulagement. Un poids de moins sur mes épaules. Sans les visas, c'était certain, selon Air Canada: je n'aurais jamais passé les douanes canadiennes. C'est quand même 1000$ d'économisés, car j'aurais eu à changer ma date de départ.

HA! Ce que j'ai eu la trouille de ma vie, ne pas pouvoir partir mardi... Ça prouve, en tout cas pour moi, que j'ai très hâte de me retrouver en famille...

Maintenant, passons aux choses "sérieuses": je vois qu'ayant terminé de remplir mes valises, le wok et la chinois ne rentrent pas... Et quelques autres bricoles. Que vais-je faire sans ces casseroles à Kintampo lol!!!!! Quand est rendu là, c'est que tout va presque bien!

Me reste maintenant à régler des trucs administratifs. Et demain, c'est l'anniversaire de ma petite soeur Stéphanie!!! Un beau 33 ans que je vais fêter avec un immense plaisir. Et une super surprise pour elle...

lundi 5 mars 2007

Énervée, énervée!!!!

Ah... les mausus de visas. Je commence à être de plus en plus nerveuse, en ce lundi matin. L'ambassade du Ghana à Ottawa ne veut toujours pas m'accorder les visas, et ils ont entre les mains nos passeports, nos carnets de vaccinations...

Aujourd'hui, ils ne travaillent pas sur le visas, ont congé mardi, et, "dit elle", seront encore en "holiday" mercredi - elle ne le sait pas - puis jeudi, elle pourra s'en occuper. Peut-être?

Samedi, Lowell a réussi à leur envoyer le courriel mieux écrit, en anglais - qu'il a scanné dans un cyber café d'un village à côté de Kintampo - mais la même dame de l'ambassade ne s'occupe pas de lire les courriels... Elle attend que son collègue lui en parle.

You hou!!!! Mon billet est pour mardi le 13 mars! Je me demande comment relaxer et prendre ça légèrement... Y'a pire, y'a pire. En fait, si je ne les ai pas à temps, je devrai débourser un 500$ supplémentaire pour changer la date du billet. Fois deux. Ça fait 1000$...

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Ma fille est une rapeuse:




samedi 3 mars 2007

Sorry pour le bug du blog

On a eu des problèmes sur les commentaires. Je pense que maintenant, on peut écrire des messages sous Anonyme (ou sous son nom). J'ai tenté moi-même et j'y suis arrivée. Une copine m'a dit qu'elle n'arrivait pas à écrire, et mon frère a vu ses messages effacés - que j'ai ôté au final, il n'y avait aucun message, ni son nom, ni son message. J'espère que ça ne se répétera pas. Et je suis néophyte dans le domaine, vous m'en excuserez :)

C'est ltempête même dans mon blog!!! Vu de la cuisine:

vendredi 2 mars 2007

Histoire de visas

Ah là là. Je commence à être un tout petit peu nerveuse. Avant-hier, j’ai envoyé par la poste nos deux demandes de visas à l’Ambassade du Ghana à Ottawa. Avec nos deux passeports - chose que je déteste faire -, nos billets aller/retour, nos carnets de vaccins, l’argent et l’enveloppe de retour. La plus rapide possible (express post, avec un retour en une journée).

Hier, l’Ambassade du Ghana à Ottawa me téléphone pour me dire de lui faire parvenir une télécopie (fax) d’une lettre de Lowell disant qu’il accepte que je voyage sans lui pour le Ghana. Heureusement, il l’a déjà rédigée. Une heure plus tard, je vais au bureau de poste pour leur envoyer. Aujourd’hui, ils me rappellent disant que c’est trop mal écrit et que c’est en français… Elle me demande « What can you do? ». Je leur réponds que je lui pose la même question. « What else can I do? Lowell is in bush in Kintampo, center of Ghana! »

Avec un Lowell en pleine brousse, où il ne peut pas appeler au Canada, et ne peut pas plus envoyer tout de suite de courriel et encore moins un fax, que puis-je faire? J’appelle le fameux Lowell moi sur Skype, lui sur son téléphone portable, lui demandant de les appeler. Il n’est pas capable. Pas plus le fax, comme je pensais. Je lui envoie « dret là » un courriel, qu’il pourra lire demain, avec une cc à l’ambassade, pour lui demander de répondre qu’il donne l’autorisation à sa « femme » et sa fille de voyager sans lui au Ghana.

SI, SI, SI au moins l’ambassade avait été claire sur ce point « avant »? Jamais il n’a été mentionné à aucun endroit que ce papier est obligatoire pour un visa! Et là, ça semble compromettre le voyage.

Dire que l’an passé, il existait encore un consulat à Montréal qui a fermé, que ça avait pris une demi-heure pour l’obtenir, et pourtant, je voyageais encore seule. Je ne leur avais pourtant pas présenté ce papier! Alors, si jamais ils ne me l’accordent pas, qu’est-ce que je fais? Je pars quand même pour le Ghana, et je regarde ce qu’ils me disent aux douanes ghanéennes? Deusio, s’ils décident de me le donner, ce sera pour quand? Lundi, la dame de l’ambassade va demander à son boss s’ils acceptent ma lettre. Mais mardi, c’est congé. Alors, si « jamais » le boss dit un beau « yes», la lettre ne partira que jeudi prochain parce qu’ils ne travaillent sur les visa que les mardis, jeudis et vendredis (et encore?) et qu’avec de la chance, je le recevrai vendredi. Ou lundi. Alors que je pars mercredi.

C’est serré. Très serré.

Peace, Caro, paix, zen. Va manger une bonne soupe Thaïlandaise, sur ton nouveau wok…

Journée particulière

Décidément, la Laure ne voulait pas aller à la garderie ce matin! La voyant s'amuser par elle-même avec ses jouets, restant bien sagement assise à dessiner, discuter avec ses poupées, monter des spectacles par elle-même, je me suis dit qu’il serait bon qu’elle ne soit pas trop réglementée aujourd’hui. Elle a bien joué par elle-même, m’a demandé de temps en temps de faire le cheval et autres jeux de 4 ans, puis, on a mangé ensemble, de simples oeufs-pain, raisins, pommes. Un pur délice.

Pour l'après-midi, on est allé faire des emplettes. Un hamac rue Saint-Anne, des casse-tête, jeux de société chez Emmaus, de jolies pierres à Géomania qu’elle a choisies – on devra construire une boîte en carton à Kintampo - un chinois (pour la faire des bonnes sauces) et un vrai de vrai wok chinés dans le vieux, rue Saint-Paul.

Puis, vers 18H00, elle s'est étendue sur le sofa du salon et a fait sa nuit. Drôle d’oiseau, la Laure. Bien hâte de voir à quelle heure elle va se lever demain matin…