Quelques nouvelles pour ceux et celles qui me lisent encore !
Le Congo-Kinshasa va bien, manière de dire qu’on a encore tous nos membres, mais c’est beaucoup plus facile à y être que je ne le croyais. Enfin, je ne suis que dans la capitale, alors c'est assez aisé, mais de mon côté très personnel, aucun choc culturel, les grandes capitales africaines se ressemblent beaucoup: poussière, délabrement des bâtiments, reconstructions, circulation impossible, 8 millions d'habitants, ça en fait bouger du monde dans les rues...
En arrivant à Kinshasa nous avions 5 heures de retard -- nous étions supposés arriver vers 1H du matin -- alors le prof qui nous a accueillis ainsi que son chauffeur ont dormi dans leur véhicule avec tous les moustiques de la ville leur piquant les mollets et de notre côté, nous avons attendu 2 heures à Casablanca « Problème technique » qu’ils disent, mais ils ont tout de même changé l’avion…, puis 3 heures dans l'avion à Douala (un transit) au Cameroun, heureusement, l'avion était au deux-tiers vide, alors, on pouvait s’étendre sur les banquettes et prendre notre mal en patience.
La température à Kinshasa : excellente depuis notre arrivée. Ni trop froide, ni trop chaude. Les gens : tous charmants, souriants, calmes, sauf quelques énergumènes, mais ça, on en trouve partout.
Hier nous avons rencontré quelques relations forestières québécoises et congolaises basées à Kinshasa, des gens avec qui j'ai étudié à l'Université Laval, c'était très sympa et ça va faire d'excellents contacts pour le futur. Aujourd'hui on a fait le tour de deux facultés de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), celles qui devraient être supportées en partie par notre projet de formation universitaire et technique en foresterie.
L'université est un vrai désastre... sauf quelques éléments, on se croirait en pleine guerre tellement tout est saccagé : je n’ai observé que des fenêtres cassées, de le peinture inexistante, même pas écaillée, des escaliers brisés réellement dangereux, j’ai vu une fille tomber de 5 marches, alors, je regardais avec attention où je mettais mes pieds, aucune lumière n’éclaire le passage. Les labos sont de véritables poubelles, la bibliothèque… une horreur, un désastre, que de la poussière, des ordinateurs brisés par centaines traînant dans un sous-sol sans oxygène, gardés par une « coordinatrice des équipements » toute souriante… Et le sol jonché de sacs de plastiques, de détritus... Non, on ne peut pas appeler cet endroit haut-lieu du savoir. On pourra améliorer quelques éléments de l'école d'agriculture - il n'y a pas d'école forestière - mais c'est évident: ce ne sera qu'une toute petite goutte d'eau.
Nous devrions travailler dans une section rénovée récemment, un peu à l’extérieure du campus, dont le financement a été trouvé par un autre de mes professeurs (Belge, justement). Cette section forme des docteurs. Les locaux datent de 4 ans, alors, c’est ce sera beaucoup plus facile d’y aménager des cours fonctionnels. Ils ont même Internet qui fonctionne normalement, des ordinateurs tous neufs, mais ça s'arrête là, en terme de labo, il n'y a presque rien.
Le professeur qui est le responsable du projet est vraiment un hôte de qualité, il nous a reçu sans gêne, avec une réel souci de nous savoir à l'aise. Ayant été mon professeur en maîtrise, je le connais assez bien -- il est Congolais et aussi Canadien, puisqu'il est resté 25 ans au Canada.
Samedi, on part en brousse pour 5 jours! Dans le Bas-Congo, proche de la ville de Matadi ainsi que dans une réserve écologique mondiale protégée par l'Unesco. Ça va être quelque chose parce que je crois que le pays est vraiment détérioré, mais je pars avec des pro du voyage tel que Denis-le-patron qui a vécu 3 ans ici et a voyagé partout dans le monde alors que mon prof est né là-bas et sa famille y vit encore. On va visiter des écoles techniques forestières et voir si on peut y faire des formations et connaître quel type de matériel on pourrait envoyer.
Voilà pour l’instant. Je n’ai aucune photo… j’ai oublié ma carte mémoire dans mon ordinateur au bureau à Québec mais j’ai pu m’en procurer une voilà deux heures… heureusement, j’aurai pleuré toutes les larmes de mon corps si je n’avais pas pu vous montrer un peu du pays, qui, paradoxalement, semble être d’une grande beauté.
À suivre..., comme dirait l'animateur de Par quatre chemins...