dimanche 29 juin 2008

Ce soir



Oui, ce soir.

Je me sens nostalgique. Irrationnelle. Quand le cadre s'effondre, qu'il prend presque poussière. Quand le "touche du bois" prend le bord et que les désirs, les émotions deviennent si puissantes qu'elles pourraient être encore plus réelles que la seconde présente?

Alors à go, n'y allons pas de main morte, et soyons entière: l'Afrique me manque, me manque terriblement. Ça fait presque 9 mois que je suis revenue de Kintampo... et Dieu merci! Pourtant, après presque 15 ans d'Afrique... la marque du fer, si elle a marqué, est comme un tattoo, inamovible.

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Et... et... Mais... mais...

Mais... me manque de quoi d'essentiel, de palpable, de nuancé, de pur, de dur, de chaud, de vrai, d'heureux. Me manque la spontanéité, la facilité africaine, et paradoxalement, sa complexité. Me manque le dépaysement, la différence acceptée, puis évidemment le soleil, à ne pas vous mentir.



(cliquez sur celle-là, ça vaut la peine... juste pour la lumière africaine...)

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Pleut toujours dans se bled québécois...

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Me manque l'accès brut à l'humain, surtout à l'enfant. Le prendre dans les bras, simplement parce qu'il est là, et lui jaser ça, voir ses beaux yeux bruns, rire à pleines dents, lui donner à manger: sortir le plat de viande pour 10 petits voisins du coin. Être heureux, simplement, les voir apprécier la bonne chaire, puis, les ramener chez eux en courant, sans peur de voir la mère s'épillarder et crier à la fin du monde parce qu'on pourrait en vouloir au petit..








Là bas, on partage tout: l'orange, l'enfant, le travail...En Occident, on partage beaucoup, mais pas les petits. Ou si peu... Et pour cause... je comprends « le pourquoi de la chose ».

Pourtant, il y eut un temps où j'ai aussi "partagé" mon bébé...



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Et me posant honnêtement la question, mais vraiment, sans pudeur, sans fausse honte, sans barricade: pourquoi l'Afrique me manque-t-elle à ce point? La réponse sans détour?



Parce qu'on danse pour le plaisir de voir l'enfant bouger, être?



Je ne sais pas. C'est intérieur, c'est presque intime. Il y a ce je ne sais quoi d'authentique, de libre, d'immense, que j'ai trouvé dans la savane africaine.

Peaceful.

Et que jamais, au grand jamais je ne pourrai vivre en Occident.

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Sont trop vites pour moi les sacramants d'énervés de toubabs, de roudoudous, de tout ce que vous voudrez.


Partir me manque.

Pourtant, ce soir, j'apprécie franchement mon rosé tout frais. Parce que quand j'étais à Kintampo, c'était un frigo (toujours en panne) qui me manquait.

Ah... deux mondes, deux réalités.

Qui qui vrai?

jeudi 26 juin 2008

Le moringa, ses feuillles, notre travail et nos espoirs

Voici un vidéo, trouvé sur Youtube, où on visualise bien le travail de Lowell, et on peut le voir (from Discovery Chanel). Nous avons travaillé avec tous ces gens, on y voit une plantation au Nord du Sénégal que j'ai mise en place.



Lowell revient du centre du Ghana, après y avoir planté 200 hectares de Moringa...

mardi 24 juin 2008

Lowell revient de Kintampo

Dans 7 jours... Pour Québec, la ville.

Beaucoup d'eau a coulé, depuis.

Le retour sera doux, c'est certain.

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S'envoler, très loin

Aujourd'hui même, un collègue et ami très cher à mon coeur vient de partir brusquement vers l'au-delà: Makhona M'Baye, intellectuel ayant étudié aux États-Unis, Sénégalais pieux, habitant de la banlieue de Dakar, nommée Cambérène - ville particulièrement religieuse-musulmane.

Un homme dans la fleur de l'âge, proche de la cinquantaine.

Il fût mon premier "patron" au Sénégal, dans le village de Keur Momar Sarr, au Nord du pays, où j'ai habité durant plus de 4 ans, entre 1994 et 2005. En 1989, il avait créé une ONG "ASRÉAD" Association sénégalaise de recherche, d'appui et de développement, qui fût le fleuron de nombreuses autres ONG américaines, canadiennes, hollandaises... http://asread.greatestjournal.com/

Makhona a mis en place de nombreux projets de développement qui ont réellement fait la différence dans toute la région de Louga: plantations forestières, maraîchage, agriculture améliorée, alphabétisation fonctionnelle pour plus d'un millier d'adultes, amélioration de la qualité de vie des femmes, sensibilisation environnementale, petites caisses à crédits. Des milliers et des milliers de personnes lui doivent beaucoup.

Je n'en garde qu'un excellent souvenir. Ce fut un homme respecté de toute part. Un vrai noble.

Et je connais les amis et la famille qui le pleurent aujourd'hui. Beaucoup de courage à sa famille et ses 5 jeunes enfants.

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Le voici dans notre plantation de Moringa, à Keur Momar Sarr.