vendredi 13 avril 2007

Dernière partie de la saga "frigo", juré!

Oui, se sont bien Laure et Lowell, qui se font asperger de l'eau froide des chutes Fuller! Situées à une demi-heure de la maison, le site est devenu notre rendez-vous quotidien du dimanche. Personne n'y vient d'ailleurs. Des chutes qu'à nous, c'est la totale, le luxe! On apporte nos savons et on s'aspèrge, et on regarde couler l'eau, et on savoure des mangues, et des ananas...

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Irritants quotidiens, mais qui n’en a pas?

En arrivant ici, j’ai commencé à avoir peur de manquer de frigo... Mais je me suis finalement faite à l’idée. « Caro, on peut très bien vivre sans ». Pourtant, voilà deux jours, Lowell en a acheté un nouveau – à 1 heure au sud de Kintampo, soit la ville de Teshiman. Un petit frigo. Cent dollars. Rouillé sur les côtés, mais quand on regarde ce qui nous entoure, il devient assez joli -- puisque j’en désire un si fort, je crois le trouver plus agréable à regarder que ce qu’il est en réalité.

Il a bien fonctionné durant 3 heures.

Je constate que le comportement des réfrigérateurs d’ici est lié au voltage qu’on reçoit. Si le courant est faible, en bas de 180 Volt (qui devrait être à 220 V), ça (le moteur) ne part pas. Alors que le système vidéo fonctionne parfaitement, ainsi que la musique, les lumières (mais pas les ventilateurs qui diminuent en force), et bien, le frigo ne fait même pas l’ombre d’un petit bruit me signalant qu’il pourrait produire un peu de fraîcheur.

Il faudra faire mon deuil d’un frigo fonctionnel, qui ne marche que quelques heures par jour. Devenir organisée au jour le jour. Acheter viande et légumes frais à tous les jours. Choisir le lait en poudre de Hollande – ils sont les spécialistes du lait en poudre en Afrique… En tout cas, pour le moment. Car présentement, la saison sèche se termine lentement. En Afrique de l’Ouest, il n’y a pas 4 saisons comme dans les pays tempérés. Il y en a deux: la sèche, et la pluvieuse. Plus où moins longue d’une part et d’autre, selon la proximité au Sahara. Plus on monte vers le Nord, plus la saison des pluies est courte. Ici, au Ghana, il pleut beaucoup, si je compare avec le Nord du Sénégal. À Keur Momar Sarr, le village où j’ai résidé de 1994 à 1996, et où je suis revenu à temps partiel de 1999 à 2003, il ne pleuvait pas 300 mm par saison des pluies. Ici, elle est d’environ 1100 mm par an. Immense différence!

Vers la fin de la saison sèche, le débit des cours d’eau diminue grandement. Et quand on parle de cours d’eau, on pense à barrage et donc, à hydroélectricité. Actuellement, le niveau des rivières est très bas, et c’est la raison qui fait que la compagnie nationale coupe aux 12 heures – pas juste à Kintampo, mais aussi à Accra. J’espère juste que lorsque le niveau des rivières montera – d’ici un mois ou deux au moment de la saison des pluies – ça reviendra à la “normale”, et qu’alors, on aura de l’eau froide à boire – et je crois deviner que tout le monde du coin possède le même désir!!!

Ne pas pouvoir conserver la nourriture longtemps est aussi frustrant. Alors, il faut absolument acheter la viande du jour – celle de la vache tuée le jour même. Faut voir les étales de coupe de viande – les bouchers d’ici – pour comprendre certaines façons, d’ailleurs les même qu’au Sénégal ou au Mali. Quand le boucher coupe la viande, devant moi, il m’arrive de devoir ôter quelques morceaux d’os qui revolent sur ma robe – os coupé à la machette. L’état des lieux est plus que douteux. Sans vouloir juger quoique ce soit, je ne peux que constater que c’est vraiment crasseux, et même, c’est un faible mot quand on scrute avec attention la table du boucher, les murs, le plancher. Sachant que la vache est toujours tuée le matin même, je ne m’en offusque plus trop.

Mais, et j’insiste sur ce point : la viande d’Afrique de l’Ouest est la meilleure que je n’ai jamais goûtée, même celle d’Alberta, même celle d’Afrique du Sud ne leur arrivent pas à la cheville. Son goût n’a aucun rapport avec celui qu’on trouve au Métro-IGA-Maxi de Charlesbourg. Presque pas de gras, une viande avec très peu d’eau, une chair tendre, qui se croque presque crue, avec dessus, que du sel marin breton… Ces animaux broutent partout sur le territoire, suivis de leur berger, et leur diète est certainement frugale, si on compare à celle de nos vaches. Elles sont évidemment beaucoup plus minces, mais elle sont aussi traitées (vaccinées). Au moins, ici, on le côtoie à tous les jours. Va savoir pourquoi, mais je suis rassurée de voir la vache que je vais peut-être déguster ce soir. Et que dire des moutons…

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Pas de courant durant la journée, soit de 6H à 18H. Le matin, on le sait tout de suite, par l’arrêt des ventilateurs. Chaleur, lourdeur. Qui ne donne pas du tout le goût d’être active. Mais aujourd’hui (mercredi), jour du marché, je suis partie avec Laure, vers 14H00 (le matin, le marché ouvre très lentement), alors que la chaleur est à son top, pour lui trouver une casquette rouge – c’est qu’elle a insisté la coquine, on a oublié la sienne à Québec. Gros défit. Quand on sait qu’on sera suivi par une horde de 10 enfants tout le long et qu’on sera accosté aux 10 minutes (en anglais) « Hé les Blancs, que faites-vous ici? » et scruté de partout à chaque pas. Si j’achète des sandales, on peut se regrouper à 30 autour de nous, pour nous regarder. Je ne le cache pas, pour moi, c’est une difficulté, malgré que ces regards soient sainement curieux, ils sont tout de même… gênants. Heureusement, la maison est située à 10 minutes de marche du marché, ce sera assez rapide.

On l’a trouvé la casquette à Laure! Avec une image de Sponge Bob... OK, on ne fera pas les difficiles, on va la prendre à 1$. J’ai aussi trouvé des chaussettes à 40 sous la paire – je préfère que Laure porte des bas, malgré la chaleur, et ce, même en sandales. J’en avais une dizaine, mais elle se salissent au quart de tour. Surtout qu’aujourd’hui – vendredi, maintenant – notre voisin Paul, 14 ans, a tué un scorpion à côté de chez nous.

On a aussi déniché de la vraie laitue fraîche et des côtelettes de mouton pour le souper – à préparer avec du thym séché, de la moutarde de Dijon, de l’ail, du gros sel gris de Guérande, du poivre et de l’huile d’olive. Grillées. Délicieuses. Avec les choux-fleurs que Lowell achetés avant-hier à Techiman (1 heure de route) suivis des pommes de terre à l’huile d’olive, et, au final, des mangues comme dessert, ce sera le comble!

Justement, chaque soir, Lowell et Laure partent, lampe torche à la main, à un “Mango Hunting”. À la recherche des mangues tombées sous nos 4 manguiers. Ce soir, on a eu du vent, et ils en ont récolté... 40!!!!!! La fraîcheur de ce fruit ferait tomber de jalousie n’importe quel grand cuisinier de Québec... Mais… me manque de la crème fraîche pour parfaire le tout. Non, ce soir, avec la pluie qui a adouci l’atmosphère, je ne me plaindrais pas du tout, pas du tout. Surtout qu’il y a du courant, et un ventilo pour rafraîchir la peau.

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Stupéfaction! Paraîtrait que le bonheur est à Repentigny! Comme j'y suis née, je trouve important de le souligner ici. Faudrait le dire à maman qui y vit toujours :)

http://www.cyberpresse.ca/article/20070413/CPACTUALITES/704130621/1019/CPACTUALITES

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