mercredi 26 septembre 2007

Nous n'avions pas de chien!!!

L'animal en avril passé:


Durant ces 6 mois, notre chien, T.Costaud était un mâle. Enfin, on croyait.

Eh bien, voici le dernier courriel de Lowell:

" I discovered just yesterday that our dog is a female. I had always assumed it was a male! But since yesterday there have been three other dogs on her, so she is clearly in heat. Just hope there is no pregnancy. . ."

Ce peut-il? Ce chien... enfin, cette chienne aurait environ 8 mois, pourrait-elle déjà porter des bébés chiens?

C'est que je ne connais franchement rien aux chiens...

Notre chien en septembre de cette année:


Ce soir, la Laure n'en croyait rien du tout, mais elle riait comme une bonne!!! T. Costaud, une fille!!!!

dimanche 23 septembre 2007

Bivalves et bicyclette

En arrivant à Charlesbourg le 11 septembre, Laure dormait, donc elle n’a vu la maison qu'à son réveil - après 30 heures de voyage, on comprend. Ce n'est qu'au sortir du lit qu’elle a pu faire le tour de son nouvel environnement.

Première phrase, en regardant dehors :

« Maman, la neige est partie! »

« Bien sûr, Laure, mais elle va bientôt revenir ». Pas du tout déçue, juste désorientée.

« Maman, ici personne ne peut piquer nos fleurs, leurs parents leur disent de ne pas le faire. »

Et moi, en regardant cette jolie maison de banlieue:

« Fanie, que c’est propre! On peut même coucher par terre! Ce que c’est beau ». J’avais perdu mon vocabulaire, que le stupide mot « beau » qui sortait de la bouche.

Sentiment de sécurité, si doux, si rassurant. Mon magnifique vélo, toujours à sa place. Le 4 roues à Laure, tout rose, propret, pas brisé, ce qu’elle va être contente de faire du vélo!



Rien n'a bougé.

Les fleurs de ma mère posées sagement sur la table, les objets africains, tous plus évocateurs: les tapis mauritaniens, les 15 masques du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal, de la Guinée, du Mali, les bancs africains que j’ai peinturluré, heureusement arrivés avec moi et les bagages - 260 livres en 5 colis.

Souvenirs de voyage – car maintenant, je peux parler de voyage, même si au fond, je sais très bien que c’était un milieu de vie, mais je n’en suis pas encore là. Merci la vie! Je suis revenue avec Laure, avec tous nos morceaux. J’ai eu si peur de rester coincée à Kintampo, quand je voyais qu’il n’y avait pas de place pour le vol de retour.

Et pourtant, une petite voix me dit que cette expérience changera le cours de ma vie, qu’elle était (trop) riche en émotions, en différence, en adaptation.

C’est qu’alors il ne peut en ressortir que du positif, j’en suis persuadée. En tout cas, je sens une force plus puissante que moi-même qui me pousse à agir, à vivre à 100% tout ce que je peux faire ici, dans cette ville si féerique qu’est la ville de Québec.

Là où je pose mes yeux, il n’y a qu’harmonie, splendeur, douceur.

Et possiblités d'atteindre ce que je veux faire.

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Plus jamais la brousse, plus jamais, jamais, jamais. J'y ai vécu 5 ans, dont 6 mois avec une jeune enfant, voilà, c'est fait. En tout cas, plus jamais sans soutien logistique, sans boulot, sans sécurité.

Ce qui fait que je pourrais peut-être repartir?

Bien sûr que oui. Partir, c’est ma nature.

« Elle est folle cette Caro »

Et la Laure qui ne m’écoute pas. La voilà, à 8 heures du matin qui demande déjà :

« Maman, qu’est-ce qu’on mange ce soir? À Kintampo, c'était LE sujet de toutes les heures...

« Du Roquefort!!!! Et des huîtres, ma chérie ». Ça va faire changement d'avec les os de poulets à grignoter, entre deux soupes aux tomates.

Elle s’en est tapé 14, déposant les gouttes de cirton, n'ayant pas oublié le délice sprême... et elle n’en avait pas assez. J’ai mangé le peu qu'elle ma laissé. Non, elle n'avait pas désappris les bonnes choses du Québec, surtout quand c'est si délicieux!

vendredi 14 septembre 2007

Le retour



Eh bien… Kintampo est réellement finie, pour Laure et moi.

Drôle d’aventure, alors que la poussière du retour retombe tranquillement. Je repense à tout ce que nous avons vécu et je suis très émue.

Émue positivement.

Vivre au rythme d’une petite ville africaine, un peu en symbiose avec Lowell, Laure et quelques enfants qui tourbillonnent autour de nous, cercle fermé, mais si aimant, au final...

Trouver des solutions à de nombreux manques durant 6 mois est une expérience que je n’arrive pas à qualifier encore. C’est trop frais, je sens encore la poussière de la rue de Kintampo.



Une chose de sûre: l’enfant fait toute la différence à tous les niveaux. Ne pas avoir eu Laure aurait diminué mon rapport avec les autres, mais m’aurait peut-être donné le courage de « résister » un peu plus longtemps.

Honnêtement? Oui, je suis heureuse d’avoir quitté. De l’avis de Lowell et moi, il était préférable que nous partions de ce milieu. Il faut le dire : c’est excessivement pauvre. Pauvre à tous les niveaux, sauf celui de la chaleur humaine.

Et encore. Chaleur humaine à travers les filtres de l’immense différence qui existera toujours, entre des Occidentaux scolarisés et de loin plus riches et des Africains très, trop pauvres. Quand on mange des protéines animales qu'une fois par mois, il y a des conséquences désastreuses sur le corps.

Toujouirs désirer la connaissance de l’autre, avoir sa curiosité et espérer partager le quotidien est certainement ce qui motive le plus des étrangers, lorsqu’ils entreprennent la découverte d’un nouveau territoire.

Mais ça ne peut pas durer trop longtemps, surtout avec une petite blanche de 4 ans et demi, qui se prend pour une reine, devant des enfants qui feraient tout pour avoir accès à quelques jouets et rencontrer le Blanc.

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Ne plus avoir d’intimité, être toujours examiné, perdre le goût de se promener, puisque le regard de l’autre – et "ce" regard est multiplié de nombreuses fois – est omniprésent, voire agressant. Ne plus côtoyer les gens qui nous ressemblent, durant des mois, préparer à manger dans la cuisine cuisante durant au moins 4 ou 5 heures par jour, pour être certain que personne ne tombe malade, se laver les mains au minimum 10 fois par jour, s'assurer que le filtre à eau est toujours en fonction, expliquer à Dorkas, l'aide de la maison pourquoi l'eau du robinet est dangereuse, et lui prouver par rouille restée sur le filtre à eau.

Vérifier chaque jour que le cadenas du puits est bien barré. Vivre avec un puits dans son univers m'a fait terriblement peur. Et si le mien était bien cadenassé, celui des autres ne l'était pas - tous les voiisons en ont.



Déparasiter le sable plusieurs fois par mois, s'asperger d'insecticide chaque soir, allumer 10 spirales anti-moustiques dehors, à partir de 17H00. Accepter que la poussière rouge fait partie d'un univers normal, partout dans la maison.

Faire prendre le bain à la Laure dans la bassine le soir, alors qu'elle est carrément crottée et que les moustiques sortent. Comme résultat? Soigner Laure qui souffre de malaria, avec 40 degrés Celsius de température corporelle qu'il n'y a pas d'électricité (malchance de la mauvaise soirée), pas d'eau courante (coupée depuis 3 jours), puis ramasser ce qu'elle n'a pas pu digérer à 2 heures de matin, puis à 4 heures du matin, et toujours soir-là, changer les draps trois fois, implorer "Qui-Que-Soit-Qui-Soit" qui soit capable de lui faire avaler ces pilules anti-palu, qui finalement... fonctionnent.

Merci 1000 fois "Qui-Que-Soit-Qui-Soit".

Espérer un téléphone de la famille, ce même soir-là, parce que tout ça pèse un peu et puis se dire que tout de même, vivre en Afrique est une expérience formidable.

Et finalement, décider que l’expérience a assez duré.

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Ce que je retiens le plus, c’est bien sûr l'Afrique dans son quotidien, mais comme ça fait 15 ans que je vois tout ça de près, c'est autre chose qui me motive aujourd'hui, c'est ce qui existait déjà, soit le goût de l’écriture, mais plus encore, l’espérance que je continuerai à faire de la photo. Certainement pas comme professionnelle, mais comme une preneuse d'image de la vie, avec ce geste qui montre la beauté, la couleur, la forme, l’esthétisme de l'univers.

Le regard des enfants me portera durant de nombreuses années. Leur lumière, leur beauté, leur désir de se voir invité à jouer avec Laure, avec les jouets et dans le parc. Leur désir de vie m’a vraiment marqué.



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L’Afrique possède ses beautés particulières qu’il ne faut jamais occulter. J'y crois profondément, mais GOD que c’est pauvre! Et pas juste pauvre du point de vue économique. La pauvreté réelle touche à toutes les sphères de la vie, quand elle est si forte. Je n'ai jamais été capable de l'oublier.

Je lui souhaite un avenir plus doux que ce que j’ai pu observer. Avec ou sans moi.

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Et pour faire dans "le positif", comme on dit si bien, un dernier pied-de-nez de la part de Laure en Afrique. "C'est sa nature", dira-t-elle... ce sera une grande coquine!

lundi 10 septembre 2007

On s'en va d'Afrique dans quelques heures...

Laure et moi partons à 19H d'Accra, pour nous arrêter une heure à Lagos (Nigeria), puis le 11 septembre, nous voyageons toute la journée, à Frankfurt, puis à Montréal, pour une destination finale à Québec.

J'espère que les aéroports et les avions seront à moitié vides...

Voici une photo de la famille, la veille du départ de Kintampo.

Au plaisir de vous retrouver dans la fraîcheur!!!