Discutant avec une amie au sujet « d’attaques » de chocolat, je lui décrivais que de mon côté, j’avais une très forte envie de crevettes fraîches- crevettes nordiques - du Québec, celles qui sont en ce moment en vente. Durant cette période-ci – fin avril/début mai – le ventre des crevettes est rempli de leurs minuscules œufs tous croustillants. C’est un pur délice, le goût salé, croquant de ces petits œufs me rend presque malade… Or, c’est la 8ième année que je n’ai pas goûté à ces œufs, parce que je ne suis pas revenue au Québec, durant le printemps, étant soit à Dakar, soit à Accra.
http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=crevette_nu
Nostalgie. Désirs culinaires, qui devront être satisfaits ailleurs.
Ce billet est donc une ode, un chant, une quasi prière, pour la partie la plus importante de ma vie, ici, à Kintampo : préparer à manger, pour bien nourrir Lowell, Laure et moi, sans tomber malade, avec un minimum, qui des fois, devient acceptable.
Voici la liste d’épicerie des éléments que nous trouvons facilement :
Catégorie frais :
Tomates, choux, gombo (ocra) – frits, c’est mangeable, sinon, c’est gluant – aubergines, oignons, ail, mangues, ananas. Des œufs – souvent trop vieux. Quelques fois, bananes et pommes (importées). Du poulet, du bœuf, des fois, du mouton. À acheter de préférence le matin, sinon, ça pourrit rapidement sous le soleil. Par trois fois, notre chien a été l’heureux gagnant de notre souper. Mais quand c’est frais, c’est excellent.
Hier, j’ai trouvé, derrière chez moi, une femme qui fabrique le pain! Du pain frais, un pur luxe! Elle a eu la gentillesse de nous dire que si nous lui en achetions chaque jour, elle nous ferait de quoi de particulier. J’ai hâte de voir ça demain.
Quand nous allons à Techiman, à 1 heure de route, je peux trouver des carottes, des poivrons (piments pour le Qc!), de la ciboulette, des fèves vertes, des choux fleurs, des pommes de terre.
Partout, partout, partout, à tous les coins de rue, quelqu’un vend de l’igname… franchement, je n’aime pas tellement. Une bonne amie m’a trouvé des super recettes, que je vais essayer d’ici peu. Mais j’avoue que cette grosse masse noire ne me tente pas du tout.
Aucun poisson frais, il faudrait faire 100 km au Nord pour en trouver – lac Volta. Alors, on mange des sardines en boîte. Avec de la mayo, des oignons, des aubergines, c’est assez bon.
Catégorie sec :
Beaucoup de riz, de plusieurs catégories. Heureusement, Laure en mange beaucoup. Puis, la semaine passée, j’ai trouvé du blé concassé. J’en ai acheté 1 kg, et j’ai su qu’à 500 mètre de la maison, il y a un moulin à céréales, où pour quelques sous, on peut le faire moudre. J’aimerais maintenant savoir comment faire pour transformer la farine de blé complète en farine blanche, pour faire des pâtes fraîches. Vous savez? Car si je suis super contente d’avoir de la farine complète, je trouve que les pâtes sont meilleures quand on fait moitié-moitié (blanche et complète).
J’ai un bon stock de légumineuses achetés à Accra, on peut trouver à Techiman (des Weetabix, que Laure adore!). Du lait en poudre.
Ce qui me manque, actuellement, c’est de l’huile d’olive. Me reste un peu de beurre. Une boîte de pâte de tomate. Par contre, on trouve de la mayonnaise – mais pas la bonne Hellman’s.
Lowell ira à Accra d’ici une semaine, pour y passer quelques jours, alors, je vais lui faire une très longue liste de ce que je sais maintenant qu’on ne trouvera jamais à Kintampo.
Un mot qu’on se répète souvent, entre expatriés – en tout cas, ceux d’Accra : « Quand on voit de quoi au magasin, et que c’est rare, faut l’acheter tout de suite, et puis, tant qu’à faire, acheter tout le stock, parce que demain, y’en aura plus pour un an ».
---
Voilà donc avec quoi je fais à manger. Le midi pose problème. J’ai l’impression de manquer d’imagination – genre choisir entre sandwich aux œufs ou à la sardine. Mais la nourriture, la préparation est actuellement le centre de ma vie. Je passe au moins 4 ou 5 heures par jour dans la cuisine. Le four fait monter la température, et malheureusement, à 36 degrés Celsius, je n'ai pas du tout le goût de préparer de manière élaborée. Mais d'ici un mois, la température va changer, et alors, je vais me mettre à la fabrication de pâtes fraîches.
La voici, d'ailleurs (la cuisine) - la petite chaudière, par terre (mauve et verte), c'est le filtre à eau (fait maison), et la gros bidon, c'est l'eau du puits. Tablettes faites maison, aussi...
« Qu’est-ce qu’on mange, ce soir, Lowell? »
« Qui va acheter la viande, quoi et combien? » quand on sait très bien que ce sera 4 fois sur 5 du boeuf!!!!
---
Bonne nouvelle : actuellement (je précise), le frigo fonctionne!

2 commentaires:
S'appliquer pour bien faire. Je te reconnais là, Caro. Et la paye est là, quand on s'attable.
Ce billet me rappelle mes innombrables repas de beans-tortillas-riz à la Finca Huacut dans la cooperative Nuevo Amanecer.
Des rages de fruits/légumes, en fait de tout le reste qui s'emparaient de mon estomac quand je sortais de la communauté.
Quelle richesse d'avoir accès à la diversité et à l'abondance, et encore plus si ça s'accompagne de chaleur autour de la table.
Tu m'as fait revisiter cette communauté via le récit tout-à-fait conforme à mes souvenirs trouvé ici : http://talkingleaves.org/node/69
Merci Zab, pour le récit, je vais aller voir. En fait, me voilà, la fille la plus désorganisée qui soit, la moins disciplinée, obligée de veiller au bon "grain" de la famille, parce qu'une petite incartade peut faire basculer tout le projet.
Oui, c'est une chance, cette abondance, tu le dis bien. La première fois que je passe par une épicerie, au Québec, je verse toujours quelques larmes. xx
Publier un commentaire