Comme les millions d’autres blogueurs, je me pose la question : pourquoi bloguer? À quoi ça sert, cet espace ouvert, où je raconte les péripéties d’une famille américaine et québécoise en Afrique de l’Ouest? Pourquoi ne pas envoyer des courriels à tous, comme ma bonne amie Renée le fait, lorsqu’elle part en Afrique? Ce serait plus sympa, plus intime, moins impudique?
J’y ai longuement réfléchi. En fait, depuis que j’ai lu un premier blogue, en 1999, celui d’une « Script-O-Mania », qui m’avait vraiment impressionné par la qualité de sa présentation (images, photos, liens, hyperliens, poésie…), je me disais : « Un jour, peut-être, je le ferai ». Mais l’idée de raconter mes histoires, sur la place publique me choquait un peu. S’étaler ainsi, oui, je trouve qu’il faut traverser une certaine étape, pour ne plus le voir comme un manque de pudeur.
Cette année, pour plusieurs raisons, j’ai décidé qu’il serait bon de raconter ce qui se passe ici, à Kintampo.
1) Pour garder en mémoire ce que nous vivons, puisque maintenant je reconnais que c’est particulier - j'ai toujours nié que partir vivre en Afrique, pour une Québécoise "de souche", c'était une expérience extraordinaire. Maintenant, je le vois. De plus, j’imprime le blogue, pour le garder définitivement en mémoire, et au cas où les termites mangeraient le papier, je le mets sur mon disque dur. C’est pourquoi, de temps en temps, vous verrez certaines informations passer que je veux garder, mais qui ne seront pas plus passionnantes que ça -- par exemple, les livre dévorés par les termites…;
2) Bien sûr, pour rester en contact avec les gens que j’aime, et/ou qui veulent avoir de nos nouvelles, y mettre de jolies photos. Le blogue permet d’avoir une présentation agréable, personnalisée.
3) Informer, diffuser des informations sur ce qui se passe en Afrique. En parler avec le plus d'honnêteté possible, sans trop montrer de préjugés (que j'ai quelques fois, je l'admets), mais rester en contact avec le fait que les gens d'ici sont chez eux, avec leurs habitudes. Parler de leurs joies, de leur vécu, de leurs difficultés. Sans préjugé, mais sans flagornerie non plus.
Malheureusement, une partie de ma belle-famille ne parle qu’anglais, et elle n’a pas accès à la lecture de ce site, sauf les frères à Lowell, dont un qui traduit de temps en temps pour ses parents (qui vivent en Arizona) les différentes tranches d’aventure de Kintampo. Je dois ici l’en remercier chaleureusement.
Lowell devrait chaque mois publier un billet en anglais, sur ce qu’il vit ici, à sa manière – et ce ne serait pas mauvais, il possède une plume fantastique.
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Livres dévorés par les termites, durant l’hiver 2006-2007. Moins que je pensais, mais pour plusieurs, des livres que je désirais vraiment garder, pour les consulter de temps en temps.
1. Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles –Melissa Bank
2. Soyez Zen – Charlotte Joko Beck
3. Le gone du Ghaâba – Azouz Begag
4. Quelqu’un d’autre -- Tonino Benacquista
5. Beyala (perdu le titre)
6. Don Quichotte de la Mancha 1 et 2 – Cervantes (trouvé dans une vraie "puce" de Paris (pour Djo ;) ).
7. Le pendule de Foucault – Umberto Eco
8. Je l’aimais -- Anna Gavalda - pas pire, je viens d'acheter son dernier, et je ne l'ai pas encore lu!
9. Mon enfance – Hermann Hesse (récupérable, mais dégueulasse à toucher)
10. Ébène – Ryszard Kapuscinski (ma plus grande perte, j’aurais voulu le relire, sa vision de l’Afrique est juste, fascinante, drôle, précise, intelligente, jamais cynique, seulement réelle).
11. L’homme rapaillé – Gaston Miron – certains poèmes n’ont pas tous été mangés, je le garde donc (quand même, Miron, on jète pas ça…)
12. Des souris et des homme – John Steinbeck
13. L’éveil de votre enfant – Chantal de Truckis - mon livre de chevet, lors de mon accouchement et après...
14. Remèdes à l’amour – Ovide
15. Les cocos – Wolinski
C’est une drôle d’impression que de se voir prendre les livres, pour en lire les titres, et les voir se détacher comme des membres d’une personne. "Ce paragraphe était intéressant… dommage, irrécupérable".
Je me souviens de Kapuscinski, qui, parlant des Africains habitant en ville, écrivait qu’il comprenait pourquoi personne ne restait à l’intérieur, et que tous se rassemblaient à l’extérieur. C’est simple. Les pièces intérieures sont exiguës – le ciment coûte cher – fermées – contre la poussière – et donc, étouffantes. Ils se retrouvent alors à jaser, le soir, dehors, qui de son thé, de sa bière, de son rafraîchissement de la région. Visites agréables, ventilées par l’air du soir. De ce livre, je n’ai pas pu en relire une seule phrase compète. En voici une partie, qui me rappelle des souvenirs du Nord du Sénégal : « Les champs (…) Les terres proches du village sont depuis (…) temps épuisées, stériles (…) Ce n’est plus que du sable (…) de la poussière. On en peut planter qu’à des kilomètres (de la maison?...) l’espoir qu’il pleut, la terre produira (…).
Sensations de déjà-vu, à Keur Momar Sarr, au Nord du Sénégal, durant ces 4 ou 5 ans.
Un jour, Je le retrouverai bien sur mon passage, maintenant en livre de poche, tellement j’avais été impressionnée par cette écriture, ces histoires si vraies, cette réelle relation avec l'Afrique et ses habitants.
Vers minuit, alors que tous dormaient, j'ai fait un beau feu, et ai regardé brûler les restants. Sous les manguiers. Avec à la main, un petit verre de Grand Marnier...
vendredi 20 avril 2007
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5 commentaires:
Bonjour Caroline.
Pourrais tu communiquer avec moi via mon courriel svp...(sdlarose@hotmail.com) C'est au sujet d'un éventuel contact pour toi au niveau professionnel.
Au plaisir,
S
Bonjour Caroline, je te lis depuis quelques temps avec beaucoup d'intérêt mais je ne sais pas comment t'écrire: pas trop ferré!!! J'essaie ceci on verra. Tu sembles bien organisée et heureuselà-bas. J'aime lire ce que tu vis avec ta famille et les gens locaux: c'est super ton blog. À bientôt j'espère. Françoise (les petits mulots)
Tu as réussis, Françoise! Plusieurs personnes ont de la difficulté à émettre un commentaire, mais après quelques tentatives, elles y arrivent. Heureuse de te "voir" ici! (l'organisation n'est pas mon fort, mais par la force des choses, il le faut!!!!).
Sylvie, je tente de te rejoindre via mon mail.
C'est vrai qu'il faut un peu s'exposer au regard des autres pour bloguer, surtout quand on vit à l'étranger, qu'on est confronté à un autre pays, une autre culture, et aussi à soi même.
C'est surtout un moyen fantastique de montrer un quotidien un peu hors du commun à plein plein de monde. Merci pour tes photos et pour ton aventure. :)
Je ne sais pas, Olivier, si ça vaut vraiment la peine. Pas dans le sens que c'est une peine pour moi, mais bien dans celui qui dit que s'exposer ainsi n'apportera pas plus de mal que de biens. Et tous ces millions de blogs, dans le monde, ça me donne presque une nausée. Enfin. Mes questionnements traditionnels ;) . En tout cas, merci pour ton site des expat. J,attends le lien, je le mettrai dès que je le reçois.
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