dimanche 24 juin 2007

Grandiose nature

Kintampo: vert 12 mois par an. Avec une période de sécheresse entre novembre et mai, mais qui ne ressemble en rien ce que j'ai pu connaître dans la savane arbustive du Nord du Sénégal, qui connaissait alors une réelle sécheresse: un arbre aux 50 mètres, et une population très clairsemée. Actuellement, nous sommes en début de la saison pluvieuse, et je peux vous passer le mot que j'en suis très satisfaite - excellent climat, que je n'ai jamais connu en Afrique de l'Ouest. Le soir, on a même un peu froid.

En fait, Kintampo a la chance d'être située sur un mini plateau, rendant le climat beaucoup plus clément qu'ailleurs au pays. Par exemple, à peine 30 Km plus au Nord, on se retrouve avec un climat te type véritablement savane, alors qu'ici, on peut qualifier la zone de forêt sèche, même si officiellement elle est du type savane guinéenne.

Accra est insupportable, en comparaison: chaleur lourde, qu'on connaît rarement par ici.

Voici quelques photos prises, au fil de nos déplacements.


Même les nervures de cette feuille sont à faire rêver.


Tout est trop: trop grand, trop vert, trop beau. Aux chutes de Fuller, à Kintampo.


Paysage de route.


Immense fougère.


Épiphyte ayant poussé sur un autre arbre, qui lui, a été asphyxié, et est mort. Seul reste le parasite, plus puissant.

vendredi 22 juin 2007

Le voilà, le regard de la gredine



Mademoiselle aime ses amis à la passion. C'est peu dire. Un jour sans eux est comme une journée en Afrique sans soleil. Si le soleil est bien ce qui manque le moins à Kintampo, les amis sont eux aussi bien présents. Une fois qu'ils se sont mutuellement choisis, la Laure est d'une fidélité sans faille. En espérant qu'elle saura gérer son trop plein d'énergie quasi amoureuse, pour ne pas les étouffer, pauvres victimes!!!!!

Ce qui est étonnant, c'est qu'elle se souvient encore de tous ceux qu'elle a côtoyés au Canada et à Accra, l'an passé, ou voilà deux ans, m'en parlant à tous les jours: la Roxanne (ça vient d'elle "Madame Coquette"?), avec qui elle semblait avoir le plus grand plaisir à jouer, le Julios, la Anaïs et sa soeur, le Vincent - il va encore me passer ses jouets, maman? - et surtout, son amoureux de la garderie: Alexis aux yeux bleus, et fantastiquement rigolo. Ainsi, lorsque Laure s'habille de sa plus jolie robe bleue, c'est qu'elle va se marier avec Alexis. "Il va me trouver belle, maman?"

La mémoire... Incroyable. Laure et moi, on fait encore, avec les mains, des "top-là!" à la manière d'Alexis, en étirant le bras, une fois les gestes de félicitations terminés.

La mémoire du coeur serait-elle plus forte que la mémoire olfactive, celle des sens qui est reconnue comme étant la plus puissante?

Question de nez

Dans toute société, il existe des interdits. L'un d'entre eux, au Ghana, concerne le nez. Et ça me dérange passablement.

Il est absolument interdit de renifler, de sentir, de porter à son nez toute nourriture, ou liquide, ou autre - sentir sa main, ou sentir une bizarre d'odeur à l'extérieure - devant un Ghanéen. C'est impossible à faire, et on sent tout de suite une vive réaction des personnes présentes, si jamais il arrive de manquer à cette obligation sociale.

Ça me fait penser au jour où j'ai vu, à la faculté de foresterie, à l'Université Laval, pour la première fois, un jeune Africain, se promenant en plein milieu de la cafétéria, et tenant innocemment la main d'un autre jeune Africain. La réaction de mes amis Québécois - surtout mâles, vous devinez - n'a pas tardée. Grand malaise à la table. C'est venu les chercher au fond de tout leur être et naturellement, ils ont tourné la tête de l'autre côté du spectacle, en espérant que les amis Africains ne viennent pas leur faire un brin de causette, en passant.

Imaginez, un futur ingénieur forestier québécois, discourant dans un lieu rempli à craquer, avec deux autres hommes de couleur, qui se tiennent gentiment par la main... Pourtant, il le savent, c'est connu: spontanément, les Africains se donnent la main ou se tiennent pas l'épaule. La proximité du corps ne pose aucun problème, au contraire, elle démontre une amitié sincère. Malgré tout, le malaise de mes "chums de classe" était plus grand que la connaisance consciente.

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Malheureusement pour moi, sentir fait pourtant partie de mes habitudes bien ancrées, et en fait, c'est même un véritable plaisir que d'utiliser constamment mon sens olfactif, sans trop me cacher. Par exemple, humer un excellent vin, devant un expert en la matière, chose plutôt rare à Kintampo, heureusement, au final... même, sentir une fleur, quelle délice... Et la Laure, qui comprend, mais qui aime faire la coquine, et qui renifle à tout vent, tout ce qui passe... Elle le sait: pas devant un Ganéen, devant papa ou maman, mais jamais en publique. La gredine, elle le fait quand même, le sourire aux lèvres.

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Tient, l'autre jour, à la maison, notre aide-maison, Dorkas est venue me présenter un bol de maïs, qui était au frigo depuis moins de 24 heures, me demandant s'il fallait le jeter.

- L'as-tu senti?

Erreur fatale...

- Bien sûr que non, Madame - elle insiste pour me nommer Madame...

- Pardon Dorkas, j'avais oublié... C'est toujours bon, je vais l'utiliser ce soir.

Ce que je veux savoir, maintenant, c'est "Pourquoi, au Ghana, on ne peut pas sentir publiquement?" parce qu'au Sénégal, ce n'était pas du tout la cas. J'ai vu des tas de gens sentir, le nez puissamment sonore, soit des pastèques, des légumes, de la viande, sans que ça ne dérange quiconque. Ce n'est donc pas une caractéristique ouest-africaine, mais bien ghanéenne.

Je cherche encore, et espère trouver.

mercredi 20 juin 2007

Certains visages parlent plus que d'autres



Fatima est particulièrement éveillée, et à travers son regard, on voit bien l'intelligence d'une grande fille rapide, fine, et certainement un peu maline. Derrière elle, une pauvre femme, qui n'avait pas du tout l'air en forme. Je ne connais pas son histoire. Je revois Fatima à tous les jours, elle vient me saluer simplement.



Devant la maison, c'est le terrain de jeu préféré de Laure. Elle a droit de jouer sur cette butte de sable, parce que le soleil y plombe toute la journée, et les microbes et parasites et autres bestioles ne peuvent pas y survivre. À la maison, Lowell a nettoyé une partie du sable, créant un semblant de carré de sable, et les amis s'y salissent autant qu'ils peuvent, remplissant les bols, touillant leur soupe aux cailloux, fabriquant des oeufs, construisant leur route, où circulent les petites autos achetées chez Emmaus à Québec et surtout, confectionnant déjà leur château en Espagne.



Cette petite fille me fait littéralement craquer. C'était évident: elle ferait un portrait fantastique.



Elle voulait absolument poser, devant moi - comme TOUS les enfants, très difficile de prendre une photo par ici, parce que les enfants se postent devant l'appareil, parce qu'ils savent qu'ils peuvent voir le résultat illico. Mais ils lèvent les bras, devant l'appareil, et quelques fois, je rate la photo de paysage... Donc, cette petite avait un air "pas content", mais en fait, elle était très fière.



Mes voisines directes. Celle de droite est bien évidemment la coiffeuse du coin, me proposant même de me faire de jolies tresses. J'ai déjà essayé quand j'étais au Mali, à Djenné, en 1992, et j'ai accepté que ce n'est pas mon style -- je n'ai pas une tête pour ça, mais alors, pas du tout lol!!! Celle de droite est la soeur d'Émilia. Elle aussi a eu un enfant très jeune - nommée "Sister", et âgée de 3 ans.

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En prenant des photos des gens ici, je découvre que certains arrivent à "attraper" la lumière mieux que d'autres. Et ce n'est pas une question de beauté ni d'âge, puisqu'ils sont tous beaux par ici. Quelque fois, on voit tout de suite que le visage pourra donner un résultat prenant, et d'autre fois, c'est une surprise, lorsque je regarde le résultat sur l'ordinateur.Certaines personnes âgées pourraient faire de très beaux portraits - elles ont une de ces têtes, très typées - mais ça me gène beaucoup, alors, je ne le fais pas.

Et puis, si on voit plus d'enfants que d'adultes, c'est que les petits sont attirés par nous et que dès qu'ils nous voient, ils courent vers nous - la couleur de notre peau les rend très curieux et ils veulent voir de plus près, nous toucher. Par exemple, dès que j'ouvre la porte de la clôture, j'ai devant moi une dizaine d'enfants. Ils surviennent quand ce n'est pas les heures d'école, ou que ce n'est pas le mercredi - jour du marché, comme aujourd'hui - ou que ce n'est pas une fête - nombreuses, au Ghana - ou qu'il ne pleut pas trop... parce qu'alors, on ferme l'école, ou... Au final, les enfants ne vont pas souvent à l'école.

Les enfants, en Afrique de l'Ouest, sont certainement ce qui me marque le plus, au quotidien. Au Ghana, ils sont très gentils, et assez respecteux, si je compare avec ceux du Sénégal, qui étaient un peu plus agressifs.

mardi 19 juin 2007

Quand les images sont plus intéressantes...

... que les écrits, pourquoi divaguer avec les lettres impalpables, les mots creux, puis les histoires narcissiques qui n'existeront plus, d'ici quelques minutes, sauf au fond d'une mémoire altérée?

Pour l'instant, les écrits m'ennuient - mais ça ne devrait pas durer - et les autres sont beaucoup plus passionnants à raconter, surtout lorsqu’ils sont nimbés par cette lumière particulière. Celle de 17H30, qui survient au couchant, et que les ombres s'éternisent sur le sol et sur les murs, alors qu'on peut même la voir à travers les nervures des feuilles, et encore mieux, quand l'orage s'annonce puissant. Alors plus rien n'existe d'autre et elle est l'événement le plus grandiose à regarder.

Je ne vois, je ne sens et ne pense qu’à elle. Les histoires arrivent d'elles-mêmes. Je n'ai qu'à sortir de chez moi, laisser ma brebis Laure courir en toute liberté, et attendre que ça arrive. C'est alors que je fais « click »!

(et si vous cliquez sur les images, la qualité de la photo est bien meilleure!)


- Toujours, les amis de Laure


- La pluie arrive, et vite!


- Jeune fille au vélo

dimanche 17 juin 2007

Fille d'Akause

Elle me fait craquer! La lumière qui entre dans ses yeux est magnifique.

jeudi 14 juin 2007

Je ne m'en plaindrai pas

Qui aurait cru qu'un jour, au Ghana, on aurait froid à ce point?



-- Lowell et Jeremy, un ami de nationalité américaine, qui vit à Kintampo pour deux ans. Photo prise à l'heure de l'apéro, vers 8H pm.

mercredi 13 juin 2007

Elles étaient dix












Dix femmes, somptueuses. Fortes têtes, fortes jambes et surtout, fort travaillantes.

Des voisines.

Nous les avons invitées à décortiquer les semences de mangues. Beaucoup de semences. Plus d'une tonne. Afin d’en faire sortir les amandes, qui pourront – peut-être – donner l’huile que nous espérons vendre.

Elles sont toutes venues, à l’aube, chez nous, sourire aux lèvres, prêtes à travailler comme mes arrières grands-parents, bûcherons de leur métier. Honnêtes, énergiques, joyeuses.

Bien sûr, avec leurs enfants. Pour une dizaine de jours.

En fait, pour commencer, on avait espéré faire décortiquer les mangues par un seul homme, avec un instrument inventé, façon ingénierie occidentale. Quelques détails techniques n'ont pu nous permettre de l'utiliser.

Et pourtant, honte à moi. J’aurais dû me souvenir qu'en 1994, à Keur Momar Sarr, au Nord du Sénégal, pour un projet environnemental, nous (dont Lowell et moi!) faisions déjà décortiquer des mangues, et savions très bien que ce travail ne devait passer que par les mains de femmes, de loin plus patientes et plus expertes en la matière que les hommes.

Elles prennent simplement la semence, et d’un coup de pierre, sur un objet dur – une autre pierre, un bout de bois – arrivent à faire sortir l'amande, en moins de temps qu’il n’en prend pour dire « Ciao » (voir 6ème photo)!

Pour le midi, elles ont demandé à être ravitaillées. Important détail, quand on sait qu’elles n’ont pas le temps de mettre la main à la pâte elles-mêmes et qu’elles terminent vers 17H, cassant inlassablement le résidu de la mangue.

Pas de problème, Dorkas (celle qui puise l'eau du puits) et moi avons préparé ce qu’elles ont demandé : du riz, façon Kintampo, et m'ont elles-dit, ont bien aimé. Chaque jour, elles ont placoté, cassé les coques, transporté les gros sacs, rigolé, réalisé quelques pirouettes et mangé comme à leur habitude.

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Aujourd’hui, on les a payées. Quand elles ont reçu leur dû, elles sont venues me remercier. Pourquoi, me suis-je dit? Elles ont pourtant travaillé honnêtement. Mais lorsqu’elles ont dansé à leur manière, avec cette énergie et ce bagou, en ma compagnie, en plein milieu de la rue, pour le simple plaisir du geste, j’avoue avoir aussi reçu mon compte, et me suis dit que ces derniers jours vécu, tout de même, sans plus d’intimité que ça, avaient franchement valus la peine.

Destin délibérément choisi, peut-être controversé, mais Ô combien passionnant et jamais ennuyant.

Merci la vie!

mardi 12 juin 2007

Ah... et puis, une autre belle photo, pour me remonter le moral

En plus, la connection est rapide, aujourd'hui (enfin, tout est relatif par ici, surtout la rapidité).

Sont beaux, quand même non?



(cliquez dessus, on les voit beaucoup mieux, c'est assez précis)

Belle enfant

Malgré tout, la beauté est partout, partout où je pose mes yeux.


Fini l'école

C’est décidé : Laure ne va plus à l’école.

Voilà deux semaines, j’ai surpris deux professeurs, vers midi, dormant sur leur banc, alors qu’une trentaine d’enfants, de 1 à 5 ans circulaient librement dans le jardin. Avec la porte extérieure grande ouverte. J’ai été réveiller l’une d’elle, demandant ce qui se passait. Elle m’a dit, les yeux à peine ouverts, que ça n’arrivait jamais.

J’ai laissé passer. J’ai vraiment besoin de ces deux heures, trois fois par semaine, pour venir ici, à ce « Computer Internet Service » et écrire un peu, recevoir des nouvelles des miens, relaxer.

Puis, voilà 10 jours, je suis allé chercher Laure, comme d’habitude, vers midi, et je vois la professeur de Laure, Agnes taper avec un bâton tout mince, sur un petit de 4 ans qui n’écoutait pas, alors qu’un autre encore plus petit, se tenait à genoux devant elle.

Apprentissage par l’humiliation.

Je le savais, je le savais, je le savais, depuis des lustres. La réalité qui rattrape l'imagination.

De le voir, devant moi, et de comprendre que pour tous, cette façon est normale, j’ai pas pu. Le cœur m’a levé. J’ai été voir Agnes, qui était toute souriante devanta moi - alors qu'elle avait encore la baguette à la main - et lui ai dit, sans réfléchir :

- C’est fini, je n’amène plus Laure dans votre école. Je n’accepte pas que vous frappiez de jeunes enfants, même si tout le monde le fait.

- Mais elle, on ne la frappe pas!

Mais elle, justement, elle revient de l’école, et à la maison, elle frappe les grands et les petits, avec un petit bâton.

Apprentissage par l’exemple réussi.

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Laure avait pourtant fait de grands efforts, pour s’intégrer dans cette école. Elle chantait à tous les jours

« Je suis capable d’aller à l’école, je ne frappe plus personne » (épouvantable, direz-vous…).

Elle avait trouvé deux petites amies, Charlotte et Barbra. Mais elle ne respectait pas ses professeurs, ne voulant pas rester assise, courant partout, et suivait surtout l’une d’entre elles, Sofya, qui était tout de même plus douce.

Disons que la leçon est dure au « cœur de l’Indienne » qui voudrait crier et chiâler et battre l’une d’elles – pas mieux, la mère - mais je suis maintenant soulagée de savoir qu’elle n’ira plus là-bas.

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À Accra, comme dans toute bonne capitale, on trouve de très bonnes garderies et écoles. Alors, je garde confiance que d’ici peu, on trouvera un environnement propice à son développement social. L’an passé, à Accra, dans une magnifique garderie nommée Bizzy Beez School – fort chère – elle avait suivi un excellent apprentissage, durant 8 mois, où les professeurs respectaient l’enfant, dans son intégrité. Pour l’instant, ce développement social ce fera à la maison, avec les amis du quartier, ceux qu’elle a choisis, et que je peux contrôler durant les heures d’après-midi. Heureusement, ils jouent bien ensemble et sont heureux, durant ces quelques heures.
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L’ancienne éducatrice de Laure, Diane, m’a donné, avant de partir, un bouquin d’apprentissage que les garderies du Québec utilisent : « Jouer, c’est magique », apprentissage par le jeu, et je vais m’en servir, pour apprendre moi-même certains rudiments préscolaires.

De toute façon, à quoi ça sert d’apprendre à écrire, à lire et à compter, si c’est fait sous le coup de la peine, de la rage et de la violence? Surtout à quatre ans et demi.

vendredi 8 juin 2007

Vivre avec les voisins à Kintampo

Ils sont très proches. Physiquement.


(photo prise sur le pas de ma porte, avant de faire construire la clôture)

Chaque matin, à l’aube, alors que les coqs chantent déjà depuis 3 heures du matin, je les entends se lever, faire leur toilette dans leur douche extérieure, celle qui est juste à côté de mon jardin.


(Ceci est une douche rencontrée un peu partout autour de chez nous)

J'héberge les coqs et les poules des voisins, qui sont maintenant mes amis. Ils viennent manger le riz de mon chien. Je ne leur en veux pas trop, car je les sais très actifs sur la pelouse : ils apprécient le goût des petits serpents et des scorpions. Sachant ce service rendu, je me fous un peu de la grippe aviaire.



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Je connais certains de leurs secrets, après seulement 3 mois de vie ici. Emilia, 19 ans – première photo – celle qui ne voulait pas de son enfant, a finalement décidé de le garder. Comme prévu, elle s’est bien fait taper par sa mère – fort charmante au demeurant - lorsqu’elle lui a enfin dévoilé son secret. De ma cuisine, entendant les cris, j’ai compris que tout le voisinage avait reçu le même message: le petit vivra. Émilia aura son enfant dans 7 mois.

Le père? Bonne question.

Puis, voilà 2 semaines, durant une nuit, d’autres cris m'ont réveillée, mais ils provenaient d’une direction différente. Je crois comprendre que c’est en face de chez nous. Ce doit être des femmes qui se crêpent le chignon, que je me dis. Mais, le lendemain, je vois, ma meilleure voisin, Akause, munie d’un bandage blanc sur son oeil. Elle est en train de touiller sa soupe, et me regardant, demande à son jeune voisin Émos de traduire.

- Ça s’est mal passé.
- ... c’était donc ça, les cris?
- Elle a passé la nuit à l’hôpital. On lui a fait des points de suture.
- Qu'est-ce qui s'est passé?

Quelle question.

- Son mari. Il s’est fâché. Sa femme s’est déplacée hier, et il ne le savait pas. Il a bu, un peu, il est arrivé tard.
- Avec quoi?
- La lampe torche.

Je ne devrais pas, mais j’ai eu mal. Toutes ces femmes qui se font battre. Et ces enfants. Je la regarde avec pitié, sans jugement, juste de la peine.. Devant tous ses voisins, qui viennent la consoler, discuter, trouver une solution.

- Ce n’est pas la première fois. Elle voudrait divorcer, mais elle a de jeunes enfants, alors, ce n’est pas possible. On a demandé au grand frère de parler au mari, on verra si ça peut aider.

...

- Je viendrai la voir, à tous les jours, juste la saluer.

La conversation avec Akause ne pourra jamais être très élaborée, pas plus je ne parle pas la langue nationale, pas mieux elle ne peux causer en anglais. Mais je viendrai la saluer, avec le traditionnel: « I am greeting you », surtout que c’est à 15 pas de ma porte. Ce soir, je lui ferai goûter quelques légumes frais – les tomates sont rares en cette saison - et des pommes de terre. Plus tard, elle me dira qu’elle n’avait jamais goûté à ce tubercule.


(Akause, deux semaines après l'événement:)

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C’est ainsi que je sors de notre forteresse...




(de nouveau, voisine Akause et autres, préparant le souper. Elle a reçu un de mes bancs, en cadeau)

... je peux observer tous mes voisins préparer à manger, couper leurs légumes, préparer le fou-fou, puis le manger rapidement. Au Ghana, on mange sans trop prendre son temps. On avale. Puis, plus tard, je les vois laver leurs enfants, chaque soir, alors que je me promène avec Laure. Je les examine presque, du coin de l’oeil, vaquer à leurs occupations quotidiennes. Ce qui n’est pas sans me déplaire. J’aime le quotidien des gens ordinaires, avec ces gestes répétés, qui sont, à mon avis, les plus nobles, même si par ici, le mot ordinaire est épouvantablement et vertigineusement sans aucun lien avec ce que j’ai connu les 30 premières années de ma vie, et ce que vivent ma fratrie, et ma mère, et mes tantes et mes cousins, et mes voisins d’antant.

Quoique au final, tout se ressemble.

Mais ici, c'est les deux pieds, toujours, dans la boue, la merde de poulet, de mouton, de chèvre. Sans exception.

Ainsi va la vie à Kintampo


(chèvres devant une église, devant ma maison)

Pourquoi Accra?

En fait, je suis venue à Accra pour renouveler notre visa, simplement. Et oui, bien sûr, pour acheter du beurre, du saucisson, du roquefort, du jambon..., et je me débrouillerai pour que le beurre ne fonde pas! Je repars dimanche matin pour Kintampo.

Je profite de mes soirées pour manger des fruits de mer, dans les restaurants... miam!

Lowell et Laure semblent passer du bon temps ensemble, sans la maman pour tout surveiller.

(la ligne Internet d'hier avait coupé...)

jeudi 7 juin 2007

Dix heures de route

Je suis partie a Accra, hier soir. Seule. Dans un autobus climatise. Dix-sept degres Celsius.

Drole de changement. Apres trois mois de brousse, ca fait l'effet d'une douche tres froide.

Le chauffeur aime la musique, surtout lorsqu'elle fait sauter les tympans. Toute une nuit, ca rend un peu debile. Surtout avec une vessie pleine. Et aucune toilette a l'horizon, et beaucoup de monde autour pour tout voir.

Suis arrivee avec tous mes morceaux, vers 5 heures du matin.

Je vous reviens. J'ecris presentement sur un clavier canadien... anglais!

mercredi 30 mai 2007

Singes et cie

Juste quelques images, pour aujourd’hui. Clichés pris lors d'une jolie balade dans un sanctuaire de singes, situé à 1 heure et demi de Kintampo. Le sanctuaire est aussi traversé par un village.

Pour informations : http://www.tours.ghanatour.org/regions_detail.asp?regionID=2














jeudi 24 mai 2007

Message by Lowell: A usual day in Kintampo





Pictures

1) Scorpion in the barrel of water (the one we use to bath).
2) Experiment in group
3) Suicided scorpion


Today is Friday, May 18. Our daughter Laure spent the morning in a daycare center run by the Catholic Church. This has been a trying experience for her, since she is the only white child in the center and has difficulty in receiving so much curious attention. But this is gradually getting better, and she now has a few friends among the other children. (At the house, she has a selected group of about five Ghanaian children who come over to play).

This has been another day without electricity. The schedule lately has been 12 hours without electricity every second day, and there are rumors that the water level in Lake Volta, which powers the hydro-electric dam which gives electricity to Ghana and three neighboring countries, is so low that the dam may be completely shut down by the end of this month, with just two turbines used to give some power. (But yesterday I ran into the Paramount Chief of the Eastern Kintampo region, and he assured me that the dam would not be shut down. And, if that did happen, a source of power for the town of Kintampo would be created somehow).

Caroline spent the morning at the internet room at the Health Research Center in town. We have access to their good internet site thanks to the fact that I worked with the director and his staff to finalize a two-year study to determine the nutritional impact of Moringa leaf powder as a food supplement among infants of post-weaning age. This study will, once funding is secured, be done in collaboration with GIANT (the Global Initiative for the Advancement of Nutritional Therapy): an American private organization chaired by the former American ambassador to the U.N., Mr. Andrew Young. (GIANT is actively approaching foundations to find funding for this study). At the internet office, Caroline met a young American woman doing a few months of health-related research at the center. We discovered that there are two other foreign women (two from England) also living in Kintampo to work with the center. Until we discovered this, we had thought that we, along with one Peace Corps volunteer, were the only “ogbonis” living in Kintampo.

Yesterday we did an interesting experiment. I remembered once reading that if a scorpion is placed in a site surrounded by a circle of fire, it will commit suicide by stinging itself. We had one live scorpion we had put into a jar in the house (Caroline had found it a few days ago swimming in the barrel of water we keep in the bathroom. How it got there is a mystery!). So, I created a circle of burning charcoal, with a diameter of one and a half feet, and we dumped the scorpion in the middle. It ran to the edge of the circle until the heat drove it back. Then, as anticipated, it stung itself and rapidly died. (Scorpions, snakes, and malaria-bearing mosquitoes are the biggest dangers to life in Kintampo. On the bright side, there are also some interesting and non-threatening wildlife. One day, when driving to a nearby village, we saw a chameleon walking off the dirt road. I stopped the vehicle and took Laure and Caroline out to study it. Although wild, this chameleon was very mild. We were able to pick it up and pet it, then watch it slowly walk off the road, gradually changing its color to match its surroundings).

Tonight we hope to have electricity again. Laure looks forward to seeing her videos*.

Lowell

* by Caro: no, we did not have electricity...

mercredi 23 mai 2007

Le Moringa, ses feuillles, notre travail et nos espoirs

La plantation au Nord du Sénégal



La production de poudre de feuille - étape de l'ensachage, avec Fama, une bonne amie.



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Au sujet des deux photos du billet précédent:

La première photo, où on voit la vache morte, a été prise en 2003. Derrière, c'est la savane arborée, à sa limite - qui devient arbustive. Faut pas oublier qu'on est à 100 Km de la Mauritanie, territoire hautement désertique. Les arbres sont des épineux, dont certains sont des acacias. Les chèvres adorent manger leurs gousses.

Sur la seconde photo, on voit Laure, toujours en 2003, à quelques mois de vie (5 mois, je crois), lors de sa première visite en brousse - j'habitais Dakar, mais je venais au Nord à toutes les 2 semaines. Derrière, on apperçoit la plantation de Moringa oleifera. Avec l'équipe terrain sénégalaise, on avait planté un million d'arbres sur une superficie d'un hectare (comme des oignons), afin de produire une importante masse foliaire, pour la faire sécher, et la transformer en poudre. C'est cette poudre qui est très-très nutritive - vitamines, protéines végétales, oligoéléments, et qui sert à réhabiliter les enfants souffrant de malnutrition. Ce projet avait duré 4 ans.

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On tente de faire la même chose, ici, à Kintampo. Produire de manière intensive de la poudre de feuilles de Moringa oleifera, pour vérifier de manière scientifique les effets positifs sur les enfants qui souffrent de malnutrition - ce qui n'a jamais été fait à ce jour. Lowell a rédigé le projet, et la Medical Research Center of Kintampo a aussi écrit sa partie. De nombreuses personnes et organisations toutes reliées au Moringa travaillent avec nous. Nous sommes toujours en attente du financement d'une organisation américaine.

Lowell a déjà commencé à semer du Moringa, sur un territoire de 7 hectares, à 20 Km de Kintampo - mais pas de manière aussi intensive qu'on le fesait à Keur Momar Sarr (Sénégal).

La première difficulté rencontrée, vous le savez déjà, mais c'est tellement permanent que j'ai besoin de le répéter: tout est extrêmement lent, et il faut une patience d'Africain, pour arriver à regarder le temps passer sans pour autant sauter au plafond, ou s'arracher les dents et les ongles, alors qu'on voudrait tellement que les événements se produisent. Et la pluie qui est là, et les arbres qui pourraient pousser, si on avait semé, et surtout, si on avait eu la terre disponible, chose très difficile à trouver pour des questions financières, administratives et culturelles.

Détermination. Espérance. Que dire d'autre publiquement sans trop manquer de pudeur? Beaucoup d’amour, et heureusement, ça ne manque pas du tout.

vendredi 18 mai 2007

Les villes, les villages


Trois jours après avoir acheté ma première vache. Mauvais achat... Au Nord du Sénégal, territoire nomade. Ndimb Peuhl (région de Louga).




Laure et Nogueye, en 2003, en zone nomade, au Nord du Sénégal


Il existe 5 grandeurs d’agglomérations en Afrique de l’Ouest. Selon mon expérience, bien sûr. C'est simplifié.

1) La capitale. Des millions de personnes. Presque tout les produits et services nécessaires y sont, sauf pour les pays les plus difficiles – je pense à la Guinée Conakry, Guinée Bissau – ou aux pays en guerre. La majorité des expatriés y vivent. Les routes sont assez bonnes. Mais je ne connais pas de capitale Africaine où la circulation routière n'y est pas anarchique. Les "taxi-man" sont de terribles, terribles cow-boy.

2) La grande ville. Population de plusieurs centaines de mille. Beaucoup de services, encore quelques produits d’exportation disponibles (genre du beurre!), mais pas d’administration, ni d’ambassades – donc, pas de visas. Quelques expatriés, faciles à reconnaître. Bon réseau routier.

3) La petite ville. Quelques milliers de personnes y vivent. Un peu de services, mais manque beaucoup de choses – alimentation, services hospitaliers déficients. Pour obtenir de quoi, il faut être très patient. Un jour, y’a des tomates, le lendemain, c’est fini. On arrive à se débrouiller – eau courante, électricité. Par contre, ça arrête souvent. Kintampo en fait partie. Keur Momar Sarr aussi (Sénégal, où j’ai vécu 4 ans), même si je le vois situé entre les deux (3 et 4). Par exemple, l’électricité et l’eau courante n’y sont que depuis 1998. En 1994, il n’y avait que trois téléphones, aujourd’hui, avec les téléphones portables, il doit y en avoir des milliers. Ouf. C'est ici que le réseau routier commence à être vraiment pénible.

À Kintampo, à ce jour, on croit être 9 expatriés. Un prêtre catholique polonais, un autre prêtre catholique de la Philippine, un Américain corps de la paix – volontaire pour deux ans, et hier, on a découvert que deux Anglaises et une Américaine - rencontrée ce matin - vivent à Kintampo!

4) Le village. Quelques centaines de personnes y vivent. Le village est presque toujours divisé par familles. Presque pas de services, pas d’eau courante, pas d’électricité. Mais un réseau familial très fort – et contrairement à ce que l’on croit, peu d’aide communautaire. Tout se passe à travers la famille. Sauf quand c’est un ami « intime ». Maisons sur la dure. Souvent paille, ou en banco – mélange de terre, d’argile, de retailles de récoltes et de bouses de vache.

Les deux pieds dans la… Hygiène quasi inexistante, par exemple, peu de toilettes saines. Tout autour, de l’agriculture extensive – rendement faible. Pas de charrue ou rarement. Le labour se fait avec un instrument à la main. Je n’ai jamais habité un petit village de ce type, sauf quelques nuits pour des petits contrats. Mais j'en ai vu des centaines, à travers les divers déplacements personnels et professionnels. À noter: on y est toujours bien reçu.

5) L’installation nomade. La plupart du temps, des habitations en paille – protégées de la pluie avec des sachets de plastique - qui se démontent facilement. Quelques familles (ou une seule famille) y vivent durant les mois où l’herbe est encore verte autour – période des pluies. Ils font des trous partout, pour récolter l’eau de pluie, afin d’abreuver leurs animaux – c’est assez dangereux, il y a des puits à ciel ouvert de manière anarchique. Les nomades sont avant tout de grands éleveurs d’animaux – vaches, moutons, chèvres. Quand la période sèche arrive, la famille migre, afin de trouver de l’herbe plus verte pour les animaux – qui sont toute leur richesse... Aucun service.

J’aime beaucoup ces endroits, surtout en zone sahélienne. Bizarrement, c’est assez propre. Par contre, autour, ce n’est pas le cas – les animaux salissent beaucoup. Mais là où la famille habite, il y a si peu de matériel que tout paraît très pur. Et l’espace, quand on en fait le tour du regard, est fantastique. On voit l’horizon à perte de vue, quand c’est aussi plat qu’au Nord du Sénégal.

C’est avec les nomades que j’ai compris, du moins en partie, l’esprit du mot liberté.

mercredi 16 mai 2007



Nouveau tripe chutes, avec papa. On voit bien la personnalité fonçeuse de Laure...

To mother and father in law

This post is for Lowell’s parents. To tell them that I think about the life they had, in Africa, between 1960 and 1970, in Nigeria, with 3 young boys (from 6 to 10, when they came first), coming directly from Minnesota - from Fargo!!! - and staying 10 years in a town named Ibadan, North Nigeria… Knowing what life it is now, and certainly what it was before (I mean, more difficult), with no electricity, may be no running water, no experience of Africa… what brave people they were!!!!

After a few years, Lowell's mother gave birth in Nigeria, to her last baby: a girl. Living with scorpions, snakes, and other wonderful things I see myself here, in my garden, and thinking they could stay 3 years in Africa, without coming back to the States... I juste can say: WAOW! With three terrible boys and a baby new born, how did you manage all that, and still enjoying life, like you always did!

They have all my admiration.

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Sorry for this poor English.

mardi 15 mai 2007

Beaucoup de plaisir

Résultat hilarant. Les enfants jouant avec les grosses craies. Puis, Causa (l'enfant du centre) a eu la bonne idée de se peinturuler le visage avec une craie verte. Les autres ont suivis, et les fous rires ont bien sûr suivis.

Par contre, pas trop d’effets sur la face de la Laure!

Petites nouvelles en bref

* pas si nouvelles que ça, en fait, puisque ça fait une semaine que ma connexion Internet bloquait - sauf le courriels, va savoir pourquoi. Tout est réglé pour l'instant. J'avais écrit ce billet la semaine passée.

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Lowell reviendra ce soir d’un périple de 5 jours à Accra, où il a été interviewé par la télévision nationale au sujet de son travail sur le Moringa et la malnutrition. Ce matin, à 7H, il passait au réseau « Métro Ghana ». Malheureusement, pour faire changement, pas de courant à Kintampo. J’espère qu’il a pu voir, pour nous raconter l’événement.

Ce qui est bon avec ce voyage à Accra, c’est que petit mari va nous revenir le véhicule BONDÉ de nouvelles denrées fantastiques, comme du beurre, du chocolat, du bacon, des oranges, du Roquefort (à manger tout de suite, le mois passé j’ai perdu mon bon Roquefort papillon…), de l’huile de tournesol, des cœurs d’artichaut, des crevettes (en conserve), des antibiotiques pour enfant.

Durant ce temps, Laure a eu la bonne idée de se taper une diarrhée, va savoir d’où ça vient, mais après deux jours d’école, je crois deviner que ce n’est pas à la maison que ça s’est passée. Et bien sûr, elle me l’a refilée. Heureusement, une pas trop forte, sans crampes au ventre, ni fièvre. Notre aide à la maison (son nom : Dorkas) a acheté une poule, l’a tuée, l’a plumée, l’a évidée, et moi, je l’ai fait cuire dans un gros chaudron rempli d’eau (un bon presto Lagostina, acheté en solde, quand Mon-oncle-Eaton rue Sainte-Catherine a fermé ses portes en 1999), durant 3 heures avec du riz, des oignons, de l’ail, de petits légumes (pas trop), du gros sel de Guérande (vive la Bretagne!).

Laure a adoré, en a même repris, moi aussi, pardieu, et nous voilà peut-être guéries. Avec deux Imodiums pour ma part, et une demie pour la petite – même si c’est pas du tout recommandé pour les 4 ans et demi… Et de l’eau, de l’eau, de l’eau et encore de l’eau.

Puis, dodo à 7H30 du soir.

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Rumeur à Accra : le barrage qui fournit en énergie le pays devrait cesser toute activité d’ici une semaine. Dixit Lowell. On croise les doigts que ce soit une grande farce.

mardi 8 mai 2007

Intermezzo Rach 3

Rien de plus beau, de plus grand que le Concerto no 3 en ré mineur – bien sûr, mineur, c’est plus souffrant - de piano de Rachmaninov. Nommé simplement « Le Rach 3 ». Très connu. Ce premier allegro ma non troppo m’épuise de plaisir. Le temps s’arrête, dès les premières notes.



Rien au monde n’égale cette petite mélodie, en tout cas pour l’instant. Je me sens pris dans un flot irréel d’émotions, et encore plus quand c’est interprété par André Laplante, lors d’un concours en Russie en 1978 – deuxième prix ex aequo avec un Français. Prouesse technique.

L’être qui a composé cette musique devait comprendre ce que je vis. À son sujet, Wikipédia dit : « Composé dans le cadre paisible de la propriété de campagne de sa famille… ». Étonnant. Encore : «Rachmaninov a écrit cette pièce dans le but de montrer ses propres talents de compositeur mais également de pianiste » Il n’est certainement pas le seul qui veut prouver de quoi. Pourtant, je le sens, même en 1909, il savait qu’un jour, quatre-vingt-dix-huit ans plus tard, une petite Québécoise serait cloîtrée dans un village africain nommé Kintampo, et qu’elle aurait besoin de cette énergie, de ce génie, de ce point d’orgue sans fin, répété plusieurs fois, lui permettant de savourer la liberté promise, la vraie, celle où plus rien ne subsiste, que l’air ambiant, que le clavier, la bougie devant – pas de courant à Kintampo, ce soir - et certainement devant un bon Bordeaux. Température ambiante, 34 degrés Celsius.

L’homme qui interprète au piano est un surdoué de l’émotion, c’est inconcevable de croire que certains sont mieux nantis que d’autres, question talent. Quelle tricherie de la vie, non?

Le piano a fait partie de ma vie à partir de 4 ans (mes deux sœurs aînées ayant déjà commencé leur pratique) jusqu’à mes 18 ans, année où j’ai arrêté les cours privés. À la fin des années ’60, ma mère avait déniché un piano tout en hauteur pour 50$, exploit il va sans dire.

Je vous le dis tout de suite : je n’avais aucun talent. Mais alors, aucun. En tout cas, pas pour le piano. Je dois aussi préciser que mon professeur de piano était aveugle. Incroyable non? Berthe faisait partie de la famille, puisque toute la fratrie a passé de nombreuses heures à lui montrer, chaque semaine, le résultat de son labeur quotidien, sous ses doigts tous maigres remplis de bijoux en or, à défaut d'yeux. Si elle ne m’a pas inculqué l’amour de la pratique du piano, elle m’a par contre beaucoup appris sur les habitudes des « personnes souffrant d’un handicap visuel ». De sa montre qui s’ouvrait, sur laquelle on pouvait lire l’heure en braille avec le doigt, jusqu’à son téléphone adapté à ses besoins – à l ‘époque, Bell lui permettait de demander gratuitement n’importe quel numéro de téléphone. Bref, une personnalité hors du commun, avec ses petites manies – « C’est l’heure de mon verre de cognac, mon médecin me le recommande, pour ma pression. » C’est ça, chère, dis plutôt que tu aimes ça ;). Je te salue, d’ici bas, grande dame, alors que tu prends ton pied, en haut, toi qui a su, tout de même et malgré tout – j’insiste, j’ai détesté mes pratiques et leçons de piano – me faire apprendre certaines musiques des plus sublimes, que je peux toujours pratiquer, dont un certain Chopin, ou un mélodieux Mendelssohn «Venetian Boat Song». Presque aussi musical que ce Rach 3.

Dieu de dieu. Qu’elle est magnifique mélodie. Et je remercie mille fois mon ancien patron du centre de recherche en foresterie à Québec, de me l’avoir offert en cadeau, avant de partir de mon job, en 1998, pour revenir au Sénégal, et vivre avec mon amoureux. Ce même mélomane, lui-même ingénieur forestier et de plus, excellent chanteur d’opéra. Jamais je n’aurais pu trouver meilleur superviseur.

À chaque écoute de ce Rach 3, l’effet reste le même : les quelques premières notes me font littéralement flancher. Le cœur n’a qu’un désir : devenir meilleur. Une des rares mélodies qui ne me fatigue pas. Douceur de tous les temps. Piano magique, touches légères, rapides comme le vent, qui nous emportent cers une Europe mythique, celle qu’on voudrait si libre et constructrice, puis puissantes et rudes comme les vagues de Forillon en Gaspésie, au printemps, durant une tempête.

Et ça s’arrête net. Sec. Comme ici. Dernier mouvement : « Alla breve ».

lundi 7 mai 2007

Les amis de Laure Marianne



Les voilà ses vrais amis, tous présents. Ceux que Laure a choisis, dès les premiers jours - bon choix d'ailleurs.

À partir de gauche, on voit la Laure, puis l'intelligente Akose (6 ans), la douce Hariet (6 ans), devant, le turbulent mais adorable Gilbra (5 ans) - incontestablement, le plus grand mangeur de mangues que j'ai jamais rencontré - et derrière, de dos, Yasteeven (6 ou 7 ans), le plus sage. Complètement à droite, le petit frère à Hariet (Kevin, toujours en train de rire).

Ils viennent à la maison à tous les jours. La plupart du temps, ils jouent dehors, avec quelques jouets, que je dépose sur des tapis de plastique. Ils dansent, se balancent sur la balançoire construite par Lowell. Quelques fois, ils jouent à l'intérieur, quand ils veulent jouer avec des jouets plus petits - par exemple le '"Camping Car" de Playmobil. Puis, quand il y a du courant, ils ont droit à un vidéo, que chacun choisi à tout de rôle. Avec quelques biscuits, de l'eau froide, tout le monde est heureux!

Never say never again

Je m’étais juré que jamais, jamais, jamais, la Laure n’irait dans une petite école de brousse. Pour plusieurs raisons : malpropreté des lieux – particulièrement les toilettes - dureté des éducatrices, peu ou pas de jouets, classes surchargées et surchauffées, et pour tout meuble, que des petites tables et des chaises, avec un tableau noir remplissant l'espace.

Lowell et moi avons visité l’école par deux fois, et avons convenus que pour 3 ou 4 heures par jour, ça ne pouvait pas être si mauvais que ça. La classe de Laure est heureusement peu chargée – 7 petits de 4 à 6 ans – et la « teacher » semble assez douce.

Laure a insisté, beaucoup même, pour aller à l’école. Ce dernier mois, ce n’était pas possible, puisque nous étions à la période de congé pascal – qui dure plus d’un mois ici. Alors, tous les enfants du coin n’y allaient pas non plus. Mais dès qu’elle a compris qu’ils retournaient à l’école, elle a demandé assez souvent de trouver une école. On lui a bien expliqué qu’il y aurait très peu de jeux, qu’elle allait être assise sur une chaise, qu’elle allait apprendre à écrire (ils apprennent à écrire en anglais à partir de 2 ans et demi, moi qui suis totalement contre), à chanter, et à jouer, un peu. Qu’au début, les enfants allaient être très curieux d’elle – la toucher, la regarder constamment – mais qu’après trois ou quatre jours, elle trouverait de vrais amis de son âge.

Et bien… la voilà inscrite, à 9 heures, voilà quelques minutes. Quand même… je me dis « Oh là là… est-ce qu’on fait les bons choix? ». La question, d’ailleurs, que je me répète de plus en plus souvent… C’est quand même sa troisième petite école en un an. À cette même période, l’an dernier, nous vivions à Accra, et elle était inscrite à « Bizzy Bees School », dans un lieu fantastiquement coloré, rempli de jeux fabriqués en bois, avec une éducation tout en douceur et en musique – ils appliquaient le vrai programme Montessori. À chaque vendredi, ils dansaient plus d’une heure au son des tams-tams « live ». J’étais fière de la voir dans cette école. Et puis, voilà quelques mois, elle avait eu la chance d’être inscrite dans un CPE – luxe suprême, privilège des privilèges! - de la ville de Québec. Et maintenant, la voilà assise sur sa petite chaise en bois, devant son mini bureau, à répéter les A-B-C et les 1-2-3 en anglais.

Recommandations pour ce matin: tu ne bois pas d’eau autre que celle de ta gourde, tu manges seulement ta collation, pas celle des autres, tu ne peux pas partager (alors que je lui répète sans cesse de tout partager « sinon, tu n’auras pas d’amis »), tu mets ton chapeau quand tu vas au soleil. Je te mets de la crème solaire à chaque jour. Tu ne restes pas l’après-midi, parce qu’ils n’offrent que du riz ou de l’igname comme dîner. Pas de fruits, ni légume, ni viande.

En fait, ce qui me donne le tournis, c’est ce magnifique bond réalisé en si peu de temps, quand on réalise les différences entre la Garderie « Les petits mulots » de Charlesbourg avec Diane-la-douce éducatrice, les jeux de toute sorte, la propreté, la nourriture de qualité, et puis, cette école de quartier de Kintampo avec Sofya le professeur et une classe vide de tout objet. C’est vertigineux.

C’est comme quand je reviens au Québec, durant l’hiver, arrivant à l’aéroport, je vois qu’il fait -20 degrés Celsius, alors que quelques heures plus tôt, j’étais dans un village où il faisait 40 degrés Celsius. C’est cet écart de 60 degrés que je revis, ici, dans cette mini école.

Je ne sais pas ce que sera sa réaction, sera-t-elle heureuse dans ce réduit d’école? En fait, connaissant la nature positive, indépendante et entreprenante de la Laure, je suis persuadée que oui. Elle était fière, ce matin, lorsqu’elle s’est vêtue de sa jolie robe africaine, de ses pantalons (contre les piqûres de moustiques et les fourmis), ses bas, ses souliers, son chapeau, et qu’elle a mis sur son dos son sac à dos rempli de ses victuailles, pour filer vers sa nouvelle école. Quand je suis partie, elle m’a à peine regardée, prête à apprendre, à connaître, à vivre en groupe. Elle le sait « Maman, je vais apprendre à lire »! Brave, brave fi-fille.

Dites, pourquoi le mot jamais existe-t-il dans ce cas?

jeudi 3 mai 2007

Conditions de vie des populations




Voici une habitation typique de la région, où vivent plusieurs personnes. On comprend qu’il est plus sain de rester dehors, même en temps de pluie.

Ils en endurent, les gens d'ici, et je me dis fréquemment que les Africains - et ceux vivant dans les pays souffrant d'un manque de développement - sont sûrement les plus courageux de la planète, car ils ne chiâlent vraiment pas souvent, et continuent inlassablement leurs tâches quotidiennes – préparer à manger, cultiver le sol, nettoyer, chercher un boulot de journalier - malgré le lot de difficultés qui apparaissent, pour une Occidentale, complètement insurmontables.

La base est faite en ciment, mais les murs sont fabriqués avec des briques composées d’un mélange de compost – de la paille, des résidus de culture céréalières – de la boue et quelque fois, de la bouse de vaches. Ça possède tout de même un avantage : ça garde plus frais que le simple ciment. Mais… quand il pleut, ça se détruit très rapidement. Alors, quand ils en ont les moyens, les propriétaires vont faire recouvrir les murs avec du ciment, comme on le voit en avant. Le toit est la plupart du temps fait de tôle ondulée.

Tous mes voisins vivent ainsi. Quand je suis invitée, ou quand je vais offrir mes salutations d’usage – par exemple, les parents des amis à Laure – ils ne me font pas rentrer à l’intérieur, mais ils sortent une chaise en plastique. S’ensuit une jasette toujours animée remplie de rires.

À l'intérieur des pièces, presque rien, sauf des matelas, simplement déposés par terre, et qui seront relevés au petit matin – on se lève vers 5H, 5H30 dans la région. Une femme préparera le petit déjeuner, avec des restants de la veille, ou du pain et de la margarine, suivit d’un liquide chaud que je ne connais pas encore. Puis, elle balayera le terrain, avec un petit balai fait de petits brins de pailles, si petit qu’il faut absolument avoir le dos courbé pour ramasser les feuilles tombées la veille, ou les os du repas de la veille jetés sur le sol. La préparation de la nourriture se fait devant la maison, souvent à même le sable, les toilettes sont extérieures (nos bécosses à nous!). Mais les jeunes enfants ne les utilisent pas, ils vont plutôt à l'arrière de l'habitation. S'ensuit, bien sûr, un cortège de petites maladies, surtout dermatologiques. Des furoncles, des pustules, des parasites, la gale, partout. Des petites blessures difficiles à guérir – je suis devenue l’infirmière du quartier pour quelques enfants. Je comprends pourquoi tous les enfants ont le crâne rasé, quand ils vont à l’école.

Difficile de ne pas écrire un billet au sujet de la pauvreté, du manque, de la grande pudeur des gens d’ici. Noblesse. Beauté qui me touche. Enfants courant partout, nous faisant la fête à chaque sortie. Réelle gentillesse de tous, et surtout, curiosité. Presque chaque jour, une personne, souvent une mère avec ses enfants, vient cogner à notre « forteresse » simplement nous voir. Montrer à ses enfants leurs premiers « blanc ». Laure provoque beaucoup de curiosité, et si aujourd’hui, elle ne comprend pas – je dirais même qu’elle a peur des enfants qu’elle ne connaît pas, surtout quand ils sont 60 autour d’elle – un jour, elle vivra mieux la différence.

Bel exemple, en tout cas pour moi, d’humilité, de joie de vivre – même si cette idée a été galvaudée, il reste que c’est tellement vrai. Les tam-tams, chaque soir, la musique, les prières chantées, autant pas les chrétiens que les musulmans, un heureux mélange de respect, de tolérance entre tout le monde, qui vit au grand jour – on voit les gens vivre au quotidien, ils n’ont pas de clôture, c’est intéressant… et très difficile de ne pas photographier, il y a des centaines de magnifiques photos à réaliser, mais… je ne me sens pas le courage de sortir mon appareil, de demander la permission… peut-être d’ici quelques mois, quand ils me connaîtrons mieux.

Donc, dignité. Espoir de jours meilleurs, tout en exécutant les difficiles tâches quotidiennes, souvent dans la boue. Et oui, je compare avec notre vie : je le sais, j’en ai beaucoup. De choses, d’amour, de douceurs, et… d’argent – si on compare, je le répète ;). Ne me manque que le bon boulot qui pourra satisfaire mes désirs de performances. Paradoxes, bien sûr.

Mais surtout attente et impatience de pouvoir enfin m’enthousiasmer devant la joie de Lowell, quand il trouvera ce financement qui pourra faire avancer la cause de la malnutrition en Afrique de l’Ouest.

mardi 1 mai 2007

Un premier scorpion



Mort! Le voisin, Daniel, l'a bien tapé. Quand un scorpion se fait tuer, tout le voisinage est mis au courant.

Laure, assez énervée, et moi, sur le bord de vouloir le disséquer : souvenirs de cours universitaires, en biologie animale. 

Par terre, une petite mangue, à droite, le puits - l'objet de toutes mes peurs - et tout au fond, le mur fortifiant notre maison des regards curieux - les enfants arrivent quand même à observer à travers les bardeaux de bois notre quotidien.

Obsession: la nourriture

Ça fait plus d’un mois que nous sommes arrivés à Kintampo, et je commence déjà à rêver à certaines nourritures qui me manquent. Bien sûr, du fromage, des jambons, crus ou cuits, des salamis, des gâteaux raffinés, certains fruits – des kiwis par exemple - mais surtout... extase suprême: des fruits de mer.

Discutant avec une amie au sujet « d’attaques » de chocolat, je lui décrivais que de mon côté, j’avais une très forte envie de crevettes fraîches- crevettes nordiques - du Québec, celles qui sont en ce moment en vente. Durant cette période-ci – fin avril/début mai – le ventre des crevettes est rempli de leurs minuscules œufs tous croustillants. C’est un pur délice, le goût salé, croquant de ces petits œufs me rend presque malade… Or, c’est la 8ième année que je n’ai pas goûté à ces œufs, parce que je ne suis pas revenue au Québec, durant le printemps, étant soit à Dakar, soit à Accra.

http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=crevette_nu

Nostalgie. Désirs culinaires, qui devront être satisfaits ailleurs.

Ce billet est donc une ode, un chant, une quasi prière, pour la partie la plus importante de ma vie, ici, à Kintampo : préparer à manger, pour bien nourrir Lowell, Laure et moi, sans tomber malade, avec un minimum, qui des fois, devient acceptable.

Voici la liste d’épicerie des éléments que nous trouvons facilement :

Catégorie frais :

Tomates, choux, gombo (ocra) – frits, c’est mangeable, sinon, c’est gluant – aubergines, oignons, ail, mangues, ananas. Des œufs – souvent trop vieux. Quelques fois, bananes et pommes (importées). Du poulet, du bœuf, des fois, du mouton. À acheter de préférence le matin, sinon, ça pourrit rapidement sous le soleil. Par trois fois, notre chien a été l’heureux gagnant de notre souper. Mais quand c’est frais, c’est excellent.

Hier, j’ai trouvé, derrière chez moi, une femme qui fabrique le pain! Du pain frais, un pur luxe! Elle a eu la gentillesse de nous dire que si nous lui en achetions chaque jour, elle nous ferait de quoi de particulier. J’ai hâte de voir ça demain.

Quand nous allons à Techiman, à 1 heure de route, je peux trouver des carottes, des poivrons (piments pour le Qc!), de la ciboulette, des fèves vertes, des choux fleurs, des pommes de terre.

Partout, partout, partout, à tous les coins de rue, quelqu’un vend de l’igname… franchement, je n’aime pas tellement. Une bonne amie m’a trouvé des super recettes, que je vais essayer d’ici peu. Mais j’avoue que cette grosse masse noire ne me tente pas du tout.

Aucun poisson frais, il faudrait faire 100 km au Nord pour en trouver – lac Volta. Alors, on mange des sardines en boîte. Avec de la mayo, des oignons, des aubergines, c’est assez bon.

Catégorie sec :

Beaucoup de riz, de plusieurs catégories. Heureusement, Laure en mange beaucoup. Puis, la semaine passée, j’ai trouvé du blé concassé. J’en ai acheté 1 kg, et j’ai su qu’à 500 mètre de la maison, il y a un moulin à céréales, où pour quelques sous, on peut le faire moudre. J’aimerais maintenant savoir comment faire pour transformer la farine de blé complète en farine blanche, pour faire des pâtes fraîches. Vous savez? Car si je suis super contente d’avoir de la farine complète, je trouve que les pâtes sont meilleures quand on fait moitié-moitié (blanche et complète).
J’ai un bon stock de légumineuses achetés à Accra, on peut trouver à Techiman (des Weetabix, que Laure adore!). Du lait en poudre.

Ce qui me manque, actuellement, c’est de l’huile d’olive. Me reste un peu de beurre. Une boîte de pâte de tomate. Par contre, on trouve de la mayonnaise – mais pas la bonne Hellman’s.

Lowell ira à Accra d’ici une semaine, pour y passer quelques jours, alors, je vais lui faire une très longue liste de ce que je sais maintenant qu’on ne trouvera jamais à Kintampo.

Un mot qu’on se répète souvent, entre expatriés – en tout cas, ceux d’Accra : « Quand on voit de quoi au magasin, et que c’est rare, faut l’acheter tout de suite, et puis, tant qu’à faire, acheter tout le stock, parce que demain, y’en aura plus pour un an ».

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Voilà donc avec quoi je fais à manger. Le midi pose problème. J’ai l’impression de manquer d’imagination – genre choisir entre sandwich aux œufs ou à la sardine. Mais la nourriture, la préparation est actuellement le centre de ma vie. Je passe au moins 4 ou 5 heures par jour dans la cuisine. Le four fait monter la température, et malheureusement, à 36 degrés Celsius, je n'ai pas du tout le goût de préparer de manière élaborée. Mais d'ici un mois, la température va changer, et alors, je vais me mettre à la fabrication de pâtes fraîches.

La voici, d'ailleurs (la cuisine) - la petite chaudière, par terre (mauve et verte), c'est le filtre à eau (fait maison), et la gros bidon, c'est l'eau du puits. Tablettes faites maison, aussi...



« Qu’est-ce qu’on mange, ce soir, Lowell? »

« Qui va acheter la viande, quoi et combien? » quand on sait très bien que ce sera 4 fois sur 5 du boeuf!!!!

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Bonne nouvelle : actuellement (je précise), le frigo fonctionne!