vendredi 4 juillet 2008

Viva la famiglia!!!

Lowell est bien descendu du ciel sur Québec, en plein milieu des fêtes du 400ème... Fatigué, heureux, rempli de beaux projets.

Bien sûr, on a mangé homards et cie, et ce fut un pur plaisir de le voir déguster lentement le crustacé, sans mot, juste pour oublier le peu de bonne chair qu'il avait eu à Kintampo.

Vive la famille!!!

dimanche 29 juin 2008

Ce soir



Oui, ce soir.

Je me sens nostalgique. Irrationnelle. Quand le cadre s'effondre, qu'il prend presque poussière. Quand le "touche du bois" prend le bord et que les désirs, les émotions deviennent si puissantes qu'elles pourraient être encore plus réelles que la seconde présente?

Alors à go, n'y allons pas de main morte, et soyons entière: l'Afrique me manque, me manque terriblement. Ça fait presque 9 mois que je suis revenue de Kintampo... et Dieu merci! Pourtant, après presque 15 ans d'Afrique... la marque du fer, si elle a marqué, est comme un tattoo, inamovible.

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Et... et... Mais... mais...

Mais... me manque de quoi d'essentiel, de palpable, de nuancé, de pur, de dur, de chaud, de vrai, d'heureux. Me manque la spontanéité, la facilité africaine, et paradoxalement, sa complexité. Me manque le dépaysement, la différence acceptée, puis évidemment le soleil, à ne pas vous mentir.



(cliquez sur celle-là, ça vaut la peine... juste pour la lumière africaine...)

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Pleut toujours dans se bled québécois...

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Me manque l'accès brut à l'humain, surtout à l'enfant. Le prendre dans les bras, simplement parce qu'il est là, et lui jaser ça, voir ses beaux yeux bruns, rire à pleines dents, lui donner à manger: sortir le plat de viande pour 10 petits voisins du coin. Être heureux, simplement, les voir apprécier la bonne chaire, puis, les ramener chez eux en courant, sans peur de voir la mère s'épillarder et crier à la fin du monde parce qu'on pourrait en vouloir au petit..








Là bas, on partage tout: l'orange, l'enfant, le travail...En Occident, on partage beaucoup, mais pas les petits. Ou si peu... Et pour cause... je comprends « le pourquoi de la chose ».

Pourtant, il y eut un temps où j'ai aussi "partagé" mon bébé...



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Et me posant honnêtement la question, mais vraiment, sans pudeur, sans fausse honte, sans barricade: pourquoi l'Afrique me manque-t-elle à ce point? La réponse sans détour?



Parce qu'on danse pour le plaisir de voir l'enfant bouger, être?



Je ne sais pas. C'est intérieur, c'est presque intime. Il y a ce je ne sais quoi d'authentique, de libre, d'immense, que j'ai trouvé dans la savane africaine.

Peaceful.

Et que jamais, au grand jamais je ne pourrai vivre en Occident.

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Sont trop vites pour moi les sacramants d'énervés de toubabs, de roudoudous, de tout ce que vous voudrez.


Partir me manque.

Pourtant, ce soir, j'apprécie franchement mon rosé tout frais. Parce que quand j'étais à Kintampo, c'était un frigo (toujours en panne) qui me manquait.

Ah... deux mondes, deux réalités.

Qui qui vrai?

jeudi 26 juin 2008

Le moringa, ses feuillles, notre travail et nos espoirs

Voici un vidéo, trouvé sur Youtube, où on visualise bien le travail de Lowell, et on peut le voir (from Discovery Chanel). Nous avons travaillé avec tous ces gens, on y voit une plantation au Nord du Sénégal que j'ai mise en place.



Lowell revient du centre du Ghana, après y avoir planté 200 hectares de Moringa...

mardi 24 juin 2008

Lowell revient de Kintampo

Dans 7 jours... Pour Québec, la ville.

Beaucoup d'eau a coulé, depuis.

Le retour sera doux, c'est certain.

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S'envoler, très loin

Aujourd'hui même, un collègue et ami très cher à mon coeur vient de partir brusquement vers l'au-delà: Makhona M'Baye, intellectuel ayant étudié aux États-Unis, Sénégalais pieux, habitant de la banlieue de Dakar, nommée Cambérène - ville particulièrement religieuse-musulmane.

Un homme dans la fleur de l'âge, proche de la cinquantaine.

Il fût mon premier "patron" au Sénégal, dans le village de Keur Momar Sarr, au Nord du pays, où j'ai habité durant plus de 4 ans, entre 1994 et 2005. En 1989, il avait créé une ONG "ASRÉAD" Association sénégalaise de recherche, d'appui et de développement, qui fût le fleuron de nombreuses autres ONG américaines, canadiennes, hollandaises... http://asread.greatestjournal.com/

Makhona a mis en place de nombreux projets de développement qui ont réellement fait la différence dans toute la région de Louga: plantations forestières, maraîchage, agriculture améliorée, alphabétisation fonctionnelle pour plus d'un millier d'adultes, amélioration de la qualité de vie des femmes, sensibilisation environnementale, petites caisses à crédits. Des milliers et des milliers de personnes lui doivent beaucoup.

Je n'en garde qu'un excellent souvenir. Ce fut un homme respecté de toute part. Un vrai noble.

Et je connais les amis et la famille qui le pleurent aujourd'hui. Beaucoup de courage à sa famille et ses 5 jeunes enfants.

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Le voici dans notre plantation de Moringa, à Keur Momar Sarr.

mardi 2 octobre 2007

En attendant...

Au plaisir de se rejaser ça!!!




Caroline xx

mercredi 26 septembre 2007

Nous n'avions pas de chien!!!

L'animal en avril passé:


Durant ces 6 mois, notre chien, T.Costaud était un mâle. Enfin, on croyait.

Eh bien, voici le dernier courriel de Lowell:

" I discovered just yesterday that our dog is a female. I had always assumed it was a male! But since yesterday there have been three other dogs on her, so she is clearly in heat. Just hope there is no pregnancy. . ."

Ce peut-il? Ce chien... enfin, cette chienne aurait environ 8 mois, pourrait-elle déjà porter des bébés chiens?

C'est que je ne connais franchement rien aux chiens...

Notre chien en septembre de cette année:


Ce soir, la Laure n'en croyait rien du tout, mais elle riait comme une bonne!!! T. Costaud, une fille!!!!

dimanche 23 septembre 2007

Bivalves et bicyclette

En arrivant à Charlesbourg le 11 septembre, Laure dormait, donc elle n’a vu la maison qu'à son réveil - après 30 heures de voyage, on comprend. Ce n'est qu'au sortir du lit qu’elle a pu faire le tour de son nouvel environnement.

Première phrase, en regardant dehors :

« Maman, la neige est partie! »

« Bien sûr, Laure, mais elle va bientôt revenir ». Pas du tout déçue, juste désorientée.

« Maman, ici personne ne peut piquer nos fleurs, leurs parents leur disent de ne pas le faire. »

Et moi, en regardant cette jolie maison de banlieue:

« Fanie, que c’est propre! On peut même coucher par terre! Ce que c’est beau ». J’avais perdu mon vocabulaire, que le stupide mot « beau » qui sortait de la bouche.

Sentiment de sécurité, si doux, si rassurant. Mon magnifique vélo, toujours à sa place. Le 4 roues à Laure, tout rose, propret, pas brisé, ce qu’elle va être contente de faire du vélo!



Rien n'a bougé.

Les fleurs de ma mère posées sagement sur la table, les objets africains, tous plus évocateurs: les tapis mauritaniens, les 15 masques du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal, de la Guinée, du Mali, les bancs africains que j’ai peinturluré, heureusement arrivés avec moi et les bagages - 260 livres en 5 colis.

Souvenirs de voyage – car maintenant, je peux parler de voyage, même si au fond, je sais très bien que c’était un milieu de vie, mais je n’en suis pas encore là. Merci la vie! Je suis revenue avec Laure, avec tous nos morceaux. J’ai eu si peur de rester coincée à Kintampo, quand je voyais qu’il n’y avait pas de place pour le vol de retour.

Et pourtant, une petite voix me dit que cette expérience changera le cours de ma vie, qu’elle était (trop) riche en émotions, en différence, en adaptation.

C’est qu’alors il ne peut en ressortir que du positif, j’en suis persuadée. En tout cas, je sens une force plus puissante que moi-même qui me pousse à agir, à vivre à 100% tout ce que je peux faire ici, dans cette ville si féerique qu’est la ville de Québec.

Là où je pose mes yeux, il n’y a qu’harmonie, splendeur, douceur.

Et possiblités d'atteindre ce que je veux faire.

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Plus jamais la brousse, plus jamais, jamais, jamais. J'y ai vécu 5 ans, dont 6 mois avec une jeune enfant, voilà, c'est fait. En tout cas, plus jamais sans soutien logistique, sans boulot, sans sécurité.

Ce qui fait que je pourrais peut-être repartir?

Bien sûr que oui. Partir, c’est ma nature.

« Elle est folle cette Caro »

Et la Laure qui ne m’écoute pas. La voilà, à 8 heures du matin qui demande déjà :

« Maman, qu’est-ce qu’on mange ce soir? À Kintampo, c'était LE sujet de toutes les heures...

« Du Roquefort!!!! Et des huîtres, ma chérie ». Ça va faire changement d'avec les os de poulets à grignoter, entre deux soupes aux tomates.

Elle s’en est tapé 14, déposant les gouttes de cirton, n'ayant pas oublié le délice sprême... et elle n’en avait pas assez. J’ai mangé le peu qu'elle ma laissé. Non, elle n'avait pas désappris les bonnes choses du Québec, surtout quand c'est si délicieux!

vendredi 14 septembre 2007

Le retour



Eh bien… Kintampo est réellement finie, pour Laure et moi.

Drôle d’aventure, alors que la poussière du retour retombe tranquillement. Je repense à tout ce que nous avons vécu et je suis très émue.

Émue positivement.

Vivre au rythme d’une petite ville africaine, un peu en symbiose avec Lowell, Laure et quelques enfants qui tourbillonnent autour de nous, cercle fermé, mais si aimant, au final...

Trouver des solutions à de nombreux manques durant 6 mois est une expérience que je n’arrive pas à qualifier encore. C’est trop frais, je sens encore la poussière de la rue de Kintampo.



Une chose de sûre: l’enfant fait toute la différence à tous les niveaux. Ne pas avoir eu Laure aurait diminué mon rapport avec les autres, mais m’aurait peut-être donné le courage de « résister » un peu plus longtemps.

Honnêtement? Oui, je suis heureuse d’avoir quitté. De l’avis de Lowell et moi, il était préférable que nous partions de ce milieu. Il faut le dire : c’est excessivement pauvre. Pauvre à tous les niveaux, sauf celui de la chaleur humaine.

Et encore. Chaleur humaine à travers les filtres de l’immense différence qui existera toujours, entre des Occidentaux scolarisés et de loin plus riches et des Africains très, trop pauvres. Quand on mange des protéines animales qu'une fois par mois, il y a des conséquences désastreuses sur le corps.

Toujouirs désirer la connaissance de l’autre, avoir sa curiosité et espérer partager le quotidien est certainement ce qui motive le plus des étrangers, lorsqu’ils entreprennent la découverte d’un nouveau territoire.

Mais ça ne peut pas durer trop longtemps, surtout avec une petite blanche de 4 ans et demi, qui se prend pour une reine, devant des enfants qui feraient tout pour avoir accès à quelques jouets et rencontrer le Blanc.

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Ne plus avoir d’intimité, être toujours examiné, perdre le goût de se promener, puisque le regard de l’autre – et "ce" regard est multiplié de nombreuses fois – est omniprésent, voire agressant. Ne plus côtoyer les gens qui nous ressemblent, durant des mois, préparer à manger dans la cuisine cuisante durant au moins 4 ou 5 heures par jour, pour être certain que personne ne tombe malade, se laver les mains au minimum 10 fois par jour, s'assurer que le filtre à eau est toujours en fonction, expliquer à Dorkas, l'aide de la maison pourquoi l'eau du robinet est dangereuse, et lui prouver par rouille restée sur le filtre à eau.

Vérifier chaque jour que le cadenas du puits est bien barré. Vivre avec un puits dans son univers m'a fait terriblement peur. Et si le mien était bien cadenassé, celui des autres ne l'était pas - tous les voiisons en ont.



Déparasiter le sable plusieurs fois par mois, s'asperger d'insecticide chaque soir, allumer 10 spirales anti-moustiques dehors, à partir de 17H00. Accepter que la poussière rouge fait partie d'un univers normal, partout dans la maison.

Faire prendre le bain à la Laure dans la bassine le soir, alors qu'elle est carrément crottée et que les moustiques sortent. Comme résultat? Soigner Laure qui souffre de malaria, avec 40 degrés Celsius de température corporelle qu'il n'y a pas d'électricité (malchance de la mauvaise soirée), pas d'eau courante (coupée depuis 3 jours), puis ramasser ce qu'elle n'a pas pu digérer à 2 heures de matin, puis à 4 heures du matin, et toujours soir-là, changer les draps trois fois, implorer "Qui-Que-Soit-Qui-Soit" qui soit capable de lui faire avaler ces pilules anti-palu, qui finalement... fonctionnent.

Merci 1000 fois "Qui-Que-Soit-Qui-Soit".

Espérer un téléphone de la famille, ce même soir-là, parce que tout ça pèse un peu et puis se dire que tout de même, vivre en Afrique est une expérience formidable.

Et finalement, décider que l’expérience a assez duré.

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Ce que je retiens le plus, c’est bien sûr l'Afrique dans son quotidien, mais comme ça fait 15 ans que je vois tout ça de près, c'est autre chose qui me motive aujourd'hui, c'est ce qui existait déjà, soit le goût de l’écriture, mais plus encore, l’espérance que je continuerai à faire de la photo. Certainement pas comme professionnelle, mais comme une preneuse d'image de la vie, avec ce geste qui montre la beauté, la couleur, la forme, l’esthétisme de l'univers.

Le regard des enfants me portera durant de nombreuses années. Leur lumière, leur beauté, leur désir de se voir invité à jouer avec Laure, avec les jouets et dans le parc. Leur désir de vie m’a vraiment marqué.



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L’Afrique possède ses beautés particulières qu’il ne faut jamais occulter. J'y crois profondément, mais GOD que c’est pauvre! Et pas juste pauvre du point de vue économique. La pauvreté réelle touche à toutes les sphères de la vie, quand elle est si forte. Je n'ai jamais été capable de l'oublier.

Je lui souhaite un avenir plus doux que ce que j’ai pu observer. Avec ou sans moi.

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Et pour faire dans "le positif", comme on dit si bien, un dernier pied-de-nez de la part de Laure en Afrique. "C'est sa nature", dira-t-elle... ce sera une grande coquine!

lundi 10 septembre 2007

On s'en va d'Afrique dans quelques heures...

Laure et moi partons à 19H d'Accra, pour nous arrêter une heure à Lagos (Nigeria), puis le 11 septembre, nous voyageons toute la journée, à Frankfurt, puis à Montréal, pour une destination finale à Québec.

J'espère que les aéroports et les avions seront à moitié vides...

Voici une photo de la famille, la veille du départ de Kintampo.

Au plaisir de vous retrouver dans la fraîcheur!!!

vendredi 31 août 2007

C'est notre dernière journée à Kintampo



Et oui, les amis, Laure et moi, on s'en va du village.

Nous passerons quelques jours sur le côte Ouest du pays, à quelques pas de la plage pour nous réchauffer le zigoto. Après, nous irons quelques autres jours à Accra, et puis, nous atterrirons à Québec le 11 septembre.

Vous devinez pourquoi il restait encore deux places à cette date... D'ailleurs, ce sera intéressant d'être dans un aéroport, à cette date. S'il y a le net à Frankfurt, je vous en jaserai directement.

Bref.

Voilà, l'aventure Kintampo est finie pour les deux filles. Lowell va continuer ses affaires ici et selon la suite des événements, nous nous retrouverons en Afrique, d'ici peu.

Où? Bonne question, mais une chose est sûre: une autre aventure nous y attendra!!!!!

Je vous laisse sur cette image d'enfants, puisqu'ils ont été l'âme de Kintampo, ce sont eux qui m'ont donné le plus de joie, de douceur, de bonheur, de fous rires. Ils vont me manquer terriblement.

D'ailleurs, ils sont encore en train de jouer avec la Laure, dans notre "parc".

Les vrais amis de Laure, ils y sont tous!!!! En 6 mois, ils ont été de fidèles compagnons pour Laure, et moi aussi, bien sûr.


Bien sûr, il y aura un "après Kintampo", je ne quitte pas ce blog, enfin, pas encore!

Au plaisir!

jeudi 30 août 2007

Ces hommes qui marchent des heures et des heures...




... pour retourner à la maison, après un boulot harassant, font preuve d'un immense courage.

En voici un, qui par devant, devait faire plus de 60 ans.

mercredi 29 août 2007

Vous aurez remarqué...

... que ce blog est avant tout une ode à ma fille.

Bien sûr, le contexte est africain. Alors, comme je l'aime de tout mon coeur, je vous le présente, à ma façon, peut-être inventée, sûrement belle.

Bien sûr, il y a la vie, qui continue: la vôtre et la mienne, la nôtre, que je dévoile par petits bouts ici, et vous, qui me donnez la main, à votre façon.

Mais ce blog, que je vais imprimer, a été créé et est écrit comme un album souvenir pour Laure Lou, ma douce, pour qu'elle comprenne, un jour, ce qu'a été Kintampo.

Car à son âge, elle va oublier.

Je mets une photo de Laure, lorsqu'elle avait 1 an, à la Somone, sur la côte du Sénégal, à 2 heures de Dakar. Je crois que c'est une de mes photos favorites, même si l'appareil, à l'époque, n'était pas très bon.

Il y faisait bon.

Dans ce regard, on y voit un certain étonnement puis une authentique détermination "sans peur et sans reproche".

Sur ce point, rien n'a changé!

lundi 27 août 2007

Un boucher à Kintampo et une grand'tante Denise à Saint-Thomas

Normalement, je ne montre pas les côtés trop "différents" de l’Afrique. Ils sont nombreux, trop facile à attraper et ne servent qu'à démolir ce qui n'est déjà pas trop fort. Certains aspects de la très grande pauvreté font plus "photo-chocs" et sont ridiculement voyeurs.

Mais hier, mon boucher favori a bien voulu se faire prendre en photo, alors j’en ai profité.



Acheter de la viande en Afrique de l’Ouest procède de l’aventure et pour ma part, me demande toujours un peu de courage.

Premièrement, quand on arrive, il y a une file d’attente. Puis, le boucher fait toujours passer les adultes devant les enfants, qui peuvent attendre plus d’une heure avant d’être servis. Lorsque arrive mon tour, je dois choisir ce qu’il reste, alors que la tête de vache toute fumante est souvent accorchée sous ma tête. Montrer du doigt, sans toucher. Regarder rapidement pour vérifier que le morceau choisi n’est pas pourri par la chaleur. Puis, suite aux coupes du boucher, recevoir quelques os et certains liquides qui revolent un peu partout.

Sous les sandales, restent incrustées des années de vieilles viande séchées, alors que les tables sont encore suintantes de sang et de gras.




L’homme dépose la viande dans un premier sachet, puis un second. Quelques fois, quand il n’a plus de ces sacs en plastique, il prend une ou deux feuilles de bananier, et emballe le tout.

La chaleur est difficile à supporter. Les mouches et leurs attributs sont présents par centaine. Se donnent à coeur joie sur "leur" terrain.

En rentrant à la maison, la première opération consiste donc à tout faire tremper durant quelques minutes dans de l’eau filtrée, où j’aurai déposé quelques gouttes d’eau de Javel, afin de faire mourir les œufs de mouches qui ont pu y rester collés – ainsi que d'autres corps étrangers que je ne nommerai pas.

Au moment de manger, je la fais très bien cuire. Vous aurez deviné que ça me rend assez malheureuse : j’adore la cuisson « bleue ». D'ailleurs,je ne suis pas la seule: pour Laure, le summum de la gastronomie est une fine tranche de filet congelé, coupée au milimètre près, où on dépose quelques grains de sel gris de Guérande: ça croque sous la dent.

Mais je n’ai qu’à me souvenir du nombre de mouches rencontrées chez le boucher et le goût me passe rapidement.

Pourtant, la viande du boucher disparaît en un rien de temps : vers 3 ou 4 heures de l'après-midi, il n’en reste plus un seul kilogramme à Kintampo et alors, si on a oublié d’en acheter – opération qu’on doit faire plusieurs fois par semaine - on s’en passe.

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Imagination débordante… Drôle de cervelle que j’ai reçue et qui me fait faire des liens singuliers…

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Chaque matin, à la maison, je prends une tapette à mouche, et je pars à la recherche des sales mouches. Je ne comprends pas par où elles ont pu s’infiltrer, puisque je n’arrête pas de crier toute la journée de bien fermer la porte.

Tout en réalisant ma « tuerie » du matin, je me souviens.

- Ça, ma vieille, ce sont des gestes ancestraux.

Je tiens la tapette en l’air, durant quelques secondes en espérant voir voler d’autres mouches: bonheur de les faire disparaître en un seul coup. Heureusement, point d’insectes, sauf les morts, à mes pieds. Un sentiment nouveau naît en moi : la joie ressentie ne vient pas de la mort des insectes, mais bien du fait que j’ai l’impression de reproduire les gestes de mes deux grands-mères valeureuses. Dans leur pays de pauvres comme la galle où, entre 1920 et 1950, les mouches étaient omniprésentes.

Mémoire ancestrale, qui me relie à quelque chose de tangible, même si personne ne se souvient de ces gens, de ces moments, de ces maisons en beau bois laminé, ces planchers recouverts de plastique déchiré, de ces meubles fabriqués de main d'homme - le grand-père - et ces façons si particulières que plus personne ne reproduit. Je revois ma grand'tante Denise, soeur de grand-mère, belle femme heureuse, malgré la vie qui ne lui a pas donné beaucoup de cadeaux, en train de mouliner la viande, pour donner une belle viande hachée toute fraîche.

Ce que j’en ai rêvé de cette petite machine, qu’on accrochait à une bordure de table, et qui en un tour de main, transformait la viande, qui devenaient, sous la cuisson de délicieux hamburgers…

À Kintampo il me faut des heures et des heures pour arriver au même résultat - les hamburgers sont donc une nourriture de grand luxe.

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Ça se passe donc dans une très belle maison en bois, de Saint-Thomas de Joliette, couleur blanc et lilas, chez grand-mère paternelle. Vaste terrain de plusieurs hectares, peut-être quatre ou cinq. Justement, les murs de cette maison étaient recouverts de mouches dégueulasses, mais tellement intéressantes parce que si nombreuses : à l’époque, je pouvais en tuer sûrement plusieurs dizaines d’un seul coup de tapette. C’était mon activité favorite.

À Saint-Thomas, les mouches trouvaient leur justification à venir autour de la maison - et à l'intérieur - puisque juste à côté, l’étable était remplie de belles vaches chiantes, leur donnant un bon motif à faire circuler la merde là où elles s’arrêtaient. Pour s’en débarrasser un peu mieux que par mon aide, grand-mère achetait des rondelles de spirales jaunes remplies de colle, qu’elle clouait au plafond de la cuisine, et qui, lorsqu’on les admiraient en comptant les mouches emprisonnées dans l'horrible colle, ça nous faisait oublier la bonne odeur du plat mijoté, toujours cuisiné par cette magnifique grand'tante Denise – quelle femme c’était !

Cette époque devait être mon apprentissage à la tolérance des mouches, afin d’être capable d’acheter avec bonheur la viande de Kintampo, qui fera notre plat de ce soir.

Doux souvenir d’enfant de 6 ans où déjà, la cuisine était mon endroit favori.

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Heureusement, quand l’idée trop rebutante des mouches sur ma viande est plus forte que l’envie d’en manger, je me rattrape sur les voisins : ils vendent d’excellent poulets « bio », un peu durs sous la dent, mais d'un goût exquis, qui n’a nul autre pareil à celui de Kintampo – oubliez le bon poulet du Québec, jamais vous ne goûterez un meilleur poulet que celui de mes voisins.

J’achète la poule ou le coq – avec 0% de gras, juré! - et une heure plus tard, j’ai un superbe poulet frais, tout propre à faire cuir. Je le badigeonne avec du tamari – il ne m’en reste malheureusement plus… - de l’ail, de l’huile d’olive, des oignons en masse et si j’en ai, du citron… il en ressortira un pur régal tout croustillant et juteux!

Mmmmmm, je commence à vous connaître : vous ne voudrez pas de mon hamburger dégoulinant de ketchup, « Façon Laure Lou », mais vous vous régalerez d’un poulet grillé…

N’est-ce pas? Bah, ne faites-pas cette tête, vous auriez tort de vous priver de tant de belle choses - quand on a si peu... - la viande en Afrique est de loin 10000000 fois meilleure et moins trafiquée que celle en vente chez vos Métro-Richelieu-Steinberg-Provigo-Maxi-Carnaval-Mammouth et cie.

Alors?

vendredi 24 août 2007

Enfin!

Depuis des jours, je tente de me connecter au blog... sans succès. ENFIN, ça fonctionne, mais pour combien de temps????

Aujourd'hui, j'en profite, j'y ai mis plusieurs messages.


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J'annonce aussi, avec fierté - on prend les bonnes choses quand ça arrive! - que mon blog a été choisi "Blog du mois d'août" par ExpatBlog! Merci Julien et ta gang - qui vit à Maurice, pour Sharel ;)

Bain et musique aux chutes de Fuller

Les amies partagent et écoutent attentivement la musique de Souchon, avec un fond de bruit d'eau... enchanteur!



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Comme vous voyez, j'en profite. Quand la connexion est bonne... c'est si rare!

Confection d'un puits





Quand on a 4 ans, quand on a 6 ans, on peut tout faire. N'est-ce pas joli ce petit puits?

Petit détail rigolo: la boîte de conserve, justement utilisée, dans un contexte tout autre à celui où elle a été emboîtée!!!

Autres cavernes et autres histoires






Nous sommes partis le matin, pas trop tard, pas trop tôt, afin de visiter des petites cavernes. Situées à trois quart d’heures de Kintampo, le site nous a été accessible finalement que deux heures après notre départ. Nous nous sommes perdus dans la forêt, ayant bifurqués sur la mauvaise route. Je ne comprends pas encore comment notre véhicule est arrivé à ne pas rester embourbé dans la boue, car nous avons dû y passer par 4 fois – heureuse habileté de Lowell à conduire partout-partout! – de cette voie quasi impraticable, puisque remplie de hautes herbes et de trous créés par les nombreuses pluies de la saison.

Finalement, en revenant sur nos pas, une femme nous a indiqué le bon passage.

Ce qui est étonnant, c’est que dès qu’on sort de Kintampo, on doit descendre d’un plateau, environ quelques centaines de mètres. En étant « en bas », la température augmente, en tout cas, assez pour que mon corps comprenne que Kintampo est située de manière privilégiée, l’élévation apportant une fraîcheur bienfaisante.

La visite est donc un peu épuisante, vue la chaleur. Mais fascinante, vu le contexte.

Ce contexte : de nombreux et hauts rochers pris dans une forêt luxuriante, des bruits d’oiseaux, de chauves-souris, des cavernes cachées, une végétation arborescente impressionnante.

Et pas âme qui vive.

Pourtant, il y a plus de 150 ans, des hommes et des femmes résidaient ici, durant quelques jours, afin de se reposer d’une très longue marche, en attente de continuer leur périple. Ils provenaient du Nord du Ghana, du Burkina Faso et même du Mali, avançant inlassablement, en direction de la mer, afin de faire un voyage encore plus long. Ils quittaient leur famille, leur continent, pour toujours, pour « travailler » dans des pays totalement étrangers à tout ce qu'ils avaient connus.

Ils étaient les futurs esclaves des continents européens et américains.

Visiter un endroit tel que celui-ci donne froid dans le dos. On tente de ne pas avoir l’imagination trop fructueuse.

"Où dormaient-ils, que mangeaient-ils, quelles étaient les conditions sanitaires?"

Les cavernes sont très petites, la dénivellation n’est jamais à 0 degrés, et les sommets sont remplis de chauves-souris. Lowell m’a raconté qu’à travers le Ghana, cet endroit était le plus important lieu de "repos" des prisonniers Africains.

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Heureusement, la réalité est plus douce : il y a une petite de 4 ans et demi qui ne rêve que de grimper aux rochers, aux arbres et à s’accrocher aux lianes, avec papa, avec maman.

Laure sera grimpeuse ou ne sera pas!



samedi 11 août 2007

Le parc de Kintampo

Dans la concession où nous habitons, Lowell et moi avons créé un petit parc pour les enfants. Surtout pour Laure bien sûr, mais un parc-à-soi-tout-seul, ce serait pas mal emmerdant...

On y trouve deux balançoires...

...une classique...



...et une autre en tissu, bien meilleure pour l’effet « je vole ».




Puis une échelle qui monte dans l’arbre...


...et un hamac, acheté rue Sainte-Anne, à Québec.


Il y a bien sûr les 4 manguiers, où on peu grimper pour s’y cacher et y déguster ses fruits remplis de soleil.


Notre dernier acquis : le cabanon en bois pour enfant, avec glissade intégrée, fabriqué de toutes pièces par Lowell. C’est quand même le plus joli cabanon de Kintampo!







Mais le top du top, c'est quand même de jouer dans le sable, non?


Ce qui est crève-coeur, c'est que les enfants peuvent attendre des heures et des heures devant la porte - je n'exagère pas du tout - espérant qu'on va ouvrir et tous les inviter - ils peuvent être une quinzaine, des fois. M'arrive pourtant d'avoir juste le goût de prendre mon café, avec un livre, avec la bonne brise qu'on a de ces temps-ci. Mettre une jolie musique, regarder Laure "lire" un livre. Alors, je n'ouvre pas.



Je ne sais plus quoi faire. Ça me fait vraiment de la peine de les voir (dans le sens "voir pour de vrai") attendre ainsi. Mais bon... que faire? Envahissement qu'on tente d'éviter, de temps en temps. On est heureusement très cachés par la "forteresse", même si avec les ouvertures entre les écorces de bois, les enfants nous voient assez bien.

Reste une chose: Laure est bien entourée. Sans ses amis, Kintampo serait impossible.

vendredi 10 août 2007

Photos souvenirs

Temps tranquille.

Pourquoi ne pas mettre pour mes archives et pour mon plaisir, un peu de saveurs d'ailleurs?

Lowell tout en tendresse devant tant de nouvelle fragilité et de force.


Ma mère, en visite à Dakar, pour le premier mois de vie de Laure Marianne, dite "Laure Lou".


Un grand ami, technicien horticole, collaborateur, connaissant très bien le Moringa. Rencontré à Keur Momar Sarr, lors du travail, dans une ONG sénégalaise. Sa femme magnifique, de Podor, Mlle Ramatoulay, nommée Fama est certainement une des femmes du village que j'ai le plus appréciée. "À la vie, à la mort", comme on dit. Cheikh. Nous étions de retour de Podor, à la frontière de la Mauritanie.


Le portage a été et est (presque) toujours un bonheur. Le "tissu" avait été donné par LouisaC, pour celles qui connaissent :)


Laure et une petite copine, à la plage de Somone, au Sénégal, chez un ami très cher.


Les amis talibés, à Keur Momar Sarr, tous amis avec la Laure. Ce qu'ils ont dû grandir!!!


Toutes du Sénégal, finalement...

Suite plus tard.