dimanche 23 septembre 2007

Bivalves et bicyclette

En arrivant à Charlesbourg le 11 septembre, Laure dormait, donc elle n’a vu la maison qu'à son réveil - après 30 heures de voyage, on comprend. Ce n'est qu'au sortir du lit qu’elle a pu faire le tour de son nouvel environnement.

Première phrase, en regardant dehors :

« Maman, la neige est partie! »

« Bien sûr, Laure, mais elle va bientôt revenir ». Pas du tout déçue, juste désorientée.

« Maman, ici personne ne peut piquer nos fleurs, leurs parents leur disent de ne pas le faire. »

Et moi, en regardant cette jolie maison de banlieue:

« Fanie, que c’est propre! On peut même coucher par terre! Ce que c’est beau ». J’avais perdu mon vocabulaire, que le stupide mot « beau » qui sortait de la bouche.

Sentiment de sécurité, si doux, si rassurant. Mon magnifique vélo, toujours à sa place. Le 4 roues à Laure, tout rose, propret, pas brisé, ce qu’elle va être contente de faire du vélo!



Rien n'a bougé.

Les fleurs de ma mère posées sagement sur la table, les objets africains, tous plus évocateurs: les tapis mauritaniens, les 15 masques du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal, de la Guinée, du Mali, les bancs africains que j’ai peinturluré, heureusement arrivés avec moi et les bagages - 260 livres en 5 colis.

Souvenirs de voyage – car maintenant, je peux parler de voyage, même si au fond, je sais très bien que c’était un milieu de vie, mais je n’en suis pas encore là. Merci la vie! Je suis revenue avec Laure, avec tous nos morceaux. J’ai eu si peur de rester coincée à Kintampo, quand je voyais qu’il n’y avait pas de place pour le vol de retour.

Et pourtant, une petite voix me dit que cette expérience changera le cours de ma vie, qu’elle était (trop) riche en émotions, en différence, en adaptation.

C’est qu’alors il ne peut en ressortir que du positif, j’en suis persuadée. En tout cas, je sens une force plus puissante que moi-même qui me pousse à agir, à vivre à 100% tout ce que je peux faire ici, dans cette ville si féerique qu’est la ville de Québec.

Là où je pose mes yeux, il n’y a qu’harmonie, splendeur, douceur.

Et possiblités d'atteindre ce que je veux faire.

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Plus jamais la brousse, plus jamais, jamais, jamais. J'y ai vécu 5 ans, dont 6 mois avec une jeune enfant, voilà, c'est fait. En tout cas, plus jamais sans soutien logistique, sans boulot, sans sécurité.

Ce qui fait que je pourrais peut-être repartir?

Bien sûr que oui. Partir, c’est ma nature.

« Elle est folle cette Caro »

Et la Laure qui ne m’écoute pas. La voilà, à 8 heures du matin qui demande déjà :

« Maman, qu’est-ce qu’on mange ce soir? À Kintampo, c'était LE sujet de toutes les heures...

« Du Roquefort!!!! Et des huîtres, ma chérie ». Ça va faire changement d'avec les os de poulets à grignoter, entre deux soupes aux tomates.

Elle s’en est tapé 14, déposant les gouttes de cirton, n'ayant pas oublié le délice sprême... et elle n’en avait pas assez. J’ai mangé le peu qu'elle ma laissé. Non, elle n'avait pas désappris les bonnes choses du Québec, surtout quand c'est si délicieux!

3 commentaires:

Anonyme a dit...

Profitez de votre quiétude! C'est bon de vous savoir tout près.

Mal-au-lit

Zablog a dit...

La neige est partie, les fleurs pas piquées, qu'est-ce qu'on mange ce soir ? Cré pépette !!! Non mais y'a tu de quoi de plus ingénu qu'une pépette en quête de savoir !
C'était bon de vous voir. Tout bon.

Anonyme a dit...

Je vous souhaite encore tout plein de ces moments de confort québécois... et des moments de neige toute blanche aussi, qui viendront bien assez vite.
Votre retour nous a aussi permis de faire brièvement connaissance et , crois-moi Caroline, vous avez fait sensation à la maison! Les plus grands se sont montrés particulièrement curieux de ton histoire africaine. À une prochaine, j'espère!

Nathalie