vendredi 24 août 2007

Autres cavernes et autres histoires






Nous sommes partis le matin, pas trop tard, pas trop tôt, afin de visiter des petites cavernes. Situées à trois quart d’heures de Kintampo, le site nous a été accessible finalement que deux heures après notre départ. Nous nous sommes perdus dans la forêt, ayant bifurqués sur la mauvaise route. Je ne comprends pas encore comment notre véhicule est arrivé à ne pas rester embourbé dans la boue, car nous avons dû y passer par 4 fois – heureuse habileté de Lowell à conduire partout-partout! – de cette voie quasi impraticable, puisque remplie de hautes herbes et de trous créés par les nombreuses pluies de la saison.

Finalement, en revenant sur nos pas, une femme nous a indiqué le bon passage.

Ce qui est étonnant, c’est que dès qu’on sort de Kintampo, on doit descendre d’un plateau, environ quelques centaines de mètres. En étant « en bas », la température augmente, en tout cas, assez pour que mon corps comprenne que Kintampo est située de manière privilégiée, l’élévation apportant une fraîcheur bienfaisante.

La visite est donc un peu épuisante, vue la chaleur. Mais fascinante, vu le contexte.

Ce contexte : de nombreux et hauts rochers pris dans une forêt luxuriante, des bruits d’oiseaux, de chauves-souris, des cavernes cachées, une végétation arborescente impressionnante.

Et pas âme qui vive.

Pourtant, il y a plus de 150 ans, des hommes et des femmes résidaient ici, durant quelques jours, afin de se reposer d’une très longue marche, en attente de continuer leur périple. Ils provenaient du Nord du Ghana, du Burkina Faso et même du Mali, avançant inlassablement, en direction de la mer, afin de faire un voyage encore plus long. Ils quittaient leur famille, leur continent, pour toujours, pour « travailler » dans des pays totalement étrangers à tout ce qu'ils avaient connus.

Ils étaient les futurs esclaves des continents européens et américains.

Visiter un endroit tel que celui-ci donne froid dans le dos. On tente de ne pas avoir l’imagination trop fructueuse.

"Où dormaient-ils, que mangeaient-ils, quelles étaient les conditions sanitaires?"

Les cavernes sont très petites, la dénivellation n’est jamais à 0 degrés, et les sommets sont remplis de chauves-souris. Lowell m’a raconté qu’à travers le Ghana, cet endroit était le plus important lieu de "repos" des prisonniers Africains.

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Heureusement, la réalité est plus douce : il y a une petite de 4 ans et demi qui ne rêve que de grimper aux rochers, aux arbres et à s’accrocher aux lianes, avec papa, avec maman.

Laure sera grimpeuse ou ne sera pas!



1 commentaire:

Anonyme a dit...

On retrouve quelques traces de cet période affreuse ou la nature à tout effacé?
J'adore particulièrement ta Laure-hurleuse, magnifique!

Mal