mardi 31 juillet 2007

Demain, c'est mercredi!



Partir au marché est une aventure en soi. Les produits les plus incongrus s’y trouvent, des gris-gris minuscules aux plus énormes, des têtes de singe au corps de chien ou rat séché – oui, ça se mange. Mis en vente, simplement sur un bout de tissu, par terre. Des habits européens recyclés, des plastiques pour tous les goûts, des appareils électriques « Made in China », dernière qualité il va sans dire. Des souliers sales et brisés, pour toutes les grandeurs, venant aussi d’Europe - je crois que c’est ce qui me lève le plus le cœur, ces pieds de l'autre monde, avec ce qui vient avec, qui se retrouvent ici, à Kintampo.

De la bière du pays, vendue en calebasse, bien mousseuse, des poissons séchés déposés sagement en pile sur un carton à l’allure carrément crasseuse, de la chair et des os de vache du boucher taillant sa viande avec une machette et dont certains morceaux revolent sur notre jolie robe, en passant…

On essuie, et on continue.

Il y aussi ces objets bizarres aux formes nouvelles dont je ne saurai jamais le nom et encore moins l’utilisation.

Tout ça tout mélangé. Tout bruyant, tout chaud, vous l’aurez deviné.

Les odeurs sont fortes - c'est ce qui me plaît le plus - les couleurs explosives et les gens fort énervés – c’est souvent la seule journée où ils gagneront un peu d’argent, car même dans un gros village, il n’y a qu’un jour de marché par semaine.

Faire attention où poser le pied, tenir la main de Laure quand on traverse un petit chemin – les trous, les taxis, les vélos, les moutons, les chèvres, les poules, les vaches, les chiens (vivants) - demander aux vendeurs et passants de ne pas toucher aux cheveux ou au corps de la petite «obroni » (blanche, en langue d’ici) parce que ça la rend agressive… circuler rapidement, une fois le produit acheté, car un attroupement de 50 personnes autour de nous n’est pas chose rare.

Mantra du mercredi : « La curiosité est fort saine, la curiosité est fort saine, la curiosité est fort saine… ». Pour moi, comme pour les gens d’ici.

Je pars donc avec Laure et quelques amis qui sont ravis de nous accompagner, car ils savent qu’ils auront droit à des beignets aux bananes plantains et une bouteille de Coke à la fin du trajet – pour ceux qui me connaissent, vous serez étonnés que j’en sois au Coke, vu qu’au Québec, je ne jure que par les produits bio.

Enfin, puisqu’il faut s’adapter, on s’adapte.

Pour notre part, le mercredi est journée de fête, car nous avons droit à plusieurs kilogrammes de cochon fraîchement tué la matin. Si je compare avec celui du Québec, le goût de ce porc de la région est très prononcé. L’animal est particulièrement gras. Mais je ne rechignerai pas pour une côtelette de porc bien fraîche, cuite – longuement - avec de l’huile d’olive, du thym, et un soupçon d’ail. Mieux, nous aurons des côtelettes levées – sauce aigre-douce, à l’ail. En espérant qu’il restera quelques pomme de terres au marché demain, car depuis 1 semaine, on n’en trouve plus du tout.

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