mardi 17 juillet 2007

L’Afrique parlée - première partie



L’Afrique n’est pas un pays, qu'on se le dise.

Elle est multiple et désire conserver ses différences. Avec 54 pays, presque 800 000 000 habitants, représentant plus de 13% de la population mondiale, elle est bien vivante. Le démantèlement des divisions naturelles de l’époque coloniale y laisse encore des traces créant des dissensions qui ne semblent pas vouloir finir. Malgré tout, chaque pays possède maintenant ses caractéristiques propres et le Sénégal est aussi différent du Zimbabwe ou du Ghana que le Canada l'est de la Norvège ou de l’Angleterre.

Reste que si on peut reconnaître un point semblable entre les peuples vivant sur ce continent, c’est malheureusement la pauvreté. Les Africains la vivent au quotidien, sans l’exposer, par fierté, gardant le port royal, sortant leurs plus beaux atours, fonctionnant pourtant au niveau de la survie, du calcul des petits sous, à l’image de nos grands-parents des années ‘30, pour s’assurer de la subsistance minimale journalière. À vivre avec moins de 3 ou 4 dollars par jour, il est clair que le fond du bol commun est toujours bien nettoyé.

On se demande alors : pourquoi fait-on autant d’enfants? Pour plusieurs raisons, mais la principale concerne l’espérance de vie infantile, qui est très basse. On craint pour la vie de ses enfants, car lors d’une simple diarrhée, on n’arrivera pas à payer les médicaments nécessaires. Alors, on désire fonder une famille nombreuse, « au cas où ». Bien sûr, on le fait aussi par amour des enfants. De la pure joie de les voir, de les porter, de les caresser.

Les grands bonheurs sont si rares!

En moyenne, sauf pour les pays en guerre, avec leurs inévitables réfugiés ainsi que les pays souffrant de famine, l’habitant africain vit quasi normalement. Pauvrement, mais correctement. Il possède un toit qu’il partage avec les membres de sa famille élargie, de quoi manger 1, 2 ou 3 fois par jour, il travaille de ses mains, y arrive difficilement, mais il y arrive. Il vit plus que simplement, si on compare à la vie de l’Occidental, mais il n’angoisse pas constamment au sujet de sa survie. Il travaille, il danse, il rit, il mange, il participe aux rituels de sa société. Puis, il se repose.

Pour plusieurs autres habitants du continent, il en est tout autrement. On oublie les rituels et le reste. Présentement, au Soudan, au Tchad, au Kenya, au Nigeria, une grande partie de la population ne survie plus. On cherche le grain qui pourra nourrir le plus fort afin de le garder vivant.

Nous Occidentaux, devons-nous faire plus, pour participer à leur survie, ou devons-nous oublier, car notre quotidien nous bouscule, nous aussi, et qu’il faut bien vivre, travailler, manger et dormir?

Ce fossé entre les deux solitudes, les deux vraies solitudes est si énorme, si épouvantable, vu de notre divan, de notre plan de travail, et d’ailleurs, même vu d’Afrique, qu’on ne peut plus en entendre parler?

L’Afrique fatigue-t-elle, juste à y penser?

2 commentaires:

camionneuse a dit...

«Je suis "flabagarsté" par ton expérience. Je lis, je lirai. Au plaisir. Caroline. »


Et moi donc!

Sandra Doyon

Anonyme a dit...

En tout cas, l'impuissance ne devrait pas nous envahir, mais elle le fait de façon si intense parfois.